Berbères

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Contexte de Berbères

Les Berbères ou Imazighen (en berbère : Imaziɣen, ⵉⵎⴰⵣⵉⵖⵏ en néo-tifinagh ou ⵎⵣⵗⵏ en tifinagh traditionnel) sont un groupe ethnique autochtone d'Afrique du Nord. Connus dans l'Antiquité sous le nom de Libyens, les Berbères ont porté différents noms durant l'histoire, tels que Mazices, Maures, Numides, Gétules, Garamantes et autres. Ils sont répartis dans une zone s'étendant de l'océan Atlantique à l'oasis de Siwa en Égypte, et de la mer Méditerranée au fleuve Niger en Afrique de l'Ouest. Historiquement, ils parlaient des langues berbères, classées dans la branche berbère de la famille afro-asiatique.

La majeure partie des Berbères vit en Afrique du Nord : on les trouve au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, en Égypte, mais aussi aux îles Canaries. De grandes diasporas vivent en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, au Canada et dans d'autres pays d...Lire la suite

Les Berbères ou Imazighen (en berbère : Imaziɣen, ⵉⵎⴰⵣⵉⵖⵏ en néo-tifinagh ou ⵎⵣⵗⵏ en tifinagh traditionnel) sont un groupe ethnique autochtone d'Afrique du Nord. Connus dans l'Antiquité sous le nom de Libyens, les Berbères ont porté différents noms durant l'histoire, tels que Mazices, Maures, Numides, Gétules, Garamantes et autres. Ils sont répartis dans une zone s'étendant de l'océan Atlantique à l'oasis de Siwa en Égypte, et de la mer Méditerranée au fleuve Niger en Afrique de l'Ouest. Historiquement, ils parlaient des langues berbères, classées dans la branche berbère de la famille afro-asiatique.

La majeure partie des Berbères vit en Afrique du Nord : on les trouve au Maroc, en Algérie, en Tunisie, en Libye, au Niger, au Mali, en Mauritanie, au Burkina Faso, en Égypte, mais aussi aux îles Canaries. De grandes diasporas vivent en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie, au Canada et dans d'autres pays d'Europe,.

De nos jours, la majorité des Berbères sont musulmans sunnites, mais on retrouve aussi des Berbères ibadites (dans le Djebel Nefoussa et à Zwara en Libye, à Djerba en Tunisie, dans le Mzab et à Ouargla en Algérie), juifs et chrétiens. L'identité berbère est généralement plus large que la langue et l'ethnicité, et englobe toute l'histoire et la géographie de l'Afrique du Nord. Les Berbères ne sont pas une ethnie entièrement homogène, et ils englobent un éventail de sociétés et d'ascendances. Les forces unificatrices du peuple berbère peuvent être une langue commune, une origine commune et une identification collective au patrimoine, à la culture et à l'histoire berbères.

Il y aurait environ 28 à 38 millions de berbérophones en Afrique du Nord,. Le nombre de Berbères ethniques (y compris non-berbérophones) est beaucoup plus élevé, car beaucoup de Berbères ne parlent plus le berbère, mais l'arabe maghrébin. La population d'Afrique du Nord est majoritairement issue de l'ethnie berbère, bien qu'en raison de l'arabisation, la majorité de la population du Maghreb s'identifie culturellement comme arabe,. La proportion ethnique varie entre les pays, les données et les sources (par exemple en Algérie, selon Encyclopædia Britannica, 25 % de la population serait Berbère contre 21 % selon Looklex Encyclopædia, cette dernière précise que 80 % de la population serait d'origine berbère) et reste difficile à estimer en raison de plusieurs facteurs. La CIA utilise le concept d'arabo-berbère pour quantifier les proportions éthniques des pays de l'Afrique du Nord.

Les Berbères s'appellent eux-mêmes Imazighen (sing. : Amazigh),, qui qualifie les hommes libres ou les hommes nobles.

Ce terme serait lié au nom antique des Mazices, ethnonyme relevé par les auteurs de langue latine, et sa variante Maxyes, terme relevé par Hérodote.

Plus à propos Berbères

Population, Area & Driving side
  • Population 24000000
Historique
  • La région du Maghreb, aurait été habitée par des Berbères depuis au moins 23000 av. J.-C.[1],[2],[3],[4] Des peintures rupestres locales, datées de douze millénaires, ont été découvertes dans la région du Tassili n'Ajjer, dans le sud de l'Algérie. D'autres d'art rupestre ont été observées à Tadrart Acacus dans le désert libyen. Une société néolithique, marquée par la domestication et l'agriculture vivrière, s'est développée dans la région saharienne et méditerranéenne (le Maghreb) de l'Afrique du Nord entre 6000 et 2000 av. J.-C....Lire la suite

    La région du Maghreb, aurait été habitée par des Berbères depuis au moins 23000 av. J.-C.[1],[2],[3],[4] Des peintures rupestres locales, datées de douze millénaires, ont été découvertes dans la région du Tassili n'Ajjer, dans le sud de l'Algérie. D'autres d'art rupestre ont été observées à Tadrart Acacus dans le désert libyen. Une société néolithique, marquée par la domestication et l'agriculture vivrière, s'est développée dans la région saharienne et méditerranéenne (le Maghreb) de l'Afrique du Nord entre 6000 et 2000 av. J.-C. Ce type de vie, richement représenté dans les peintures rupestres du Tassili n'Ajjer du sud-est algérien, a prédominé au Maghreb jusqu'à la période classique. Des scripts préhistoriques en tifinagh ont également été trouvés dans la région d'Oran[5]. Au cours de l'ère pré-romaine, plusieurs Etats indépendants successifs (Massyles et Massæsyles) existaient avant que le roi Massinissa unifie le peuple de Numidie.

    Préhistoire
     
    Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne.
     
    Relief au nom de Sheshonq Ier et de son fils, le grand prêtre d'Amon, Ioupout - XXIIe dynastie égyptienne - Karnak, temple d'Amon-Rê.

    La préhistoire se définissant comme les époques précédant l'invention ou l'usage de l'écriture, de la production de documents écrits transmettant la mémoire aux générations à venir, la préhistoire des peuples berbères à l'ouest de la vallée du Nil se recoupe avec une grande partie de l'histoire de l'Égypte ancienne. Dans les textes égyptiens, ces peuples, libyens, apparaissent sous les noms de Libou, Tehenou, Temehou, Mâchaouach[6].

    Un chef mâchaouach monta sur le trône d'Égypte sous le nom de Sheshonq Ier, fondant la XXIIe dynastie égyptienne. De ce côté, il est donc possible de dire que les Berbères entrent dans l'histoire. Selon l'historien Bernard Lugan, « la génétique montre que l'ancienne Égypte était en partie, et même largement berbère »[7].

    Antiquité
     
    Extension du territoire carthaginois avant la première guerre punique vers 264 av. J.-C.

    Les Libyens (Berbères), formés de plusieurs confédérations telles que les Gétules, les Garamantes[8], les Atlantes, etc., dispersés dans le vaste territoire de la Libye antique (Maghreb actuel) depuis les temps anciens, vont connaître des relations culturelles et politiques avec l'Égypte ancienne, les Phéniciens (de ces échanges naîtra la grande civilisation carthaginoise), la Grèce antique, l'Empire romain, etc. Le monument Madracen, datant de 300 av. J.-C.[9], appartiendrait donc à la grande archéologie méditerranéenne de l'époque hellénistique manifestant un goût archaïsant, mais aussi une très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne[10]. Mais le monument pose un gigantesque problème qui demeure non résolu[11].

    Durant la période de prédominance des Phéniciens en Méditerranée, plusieurs villes portuaires sont érigées dont Carthage.

     
    Buste du roi berbère Massinissa, fondateur du royaume de Numidie (vers 201 av. J.-C.).

    La première guerre punique se déclenche par la suite. Massinissa forme le premier État dont le nom est la Numidie. Plusieurs guerres puniques se déclenchent en Afrique du Nord pendant l'Antiquité. Durant l'ère pré-romaine, plusieurs États indépendants se succédèrent (Massæsyles, Massyles, Maurétanie, etc.). Plusieurs provinces connues sous les noms : la province d’Afrique correspondant au territoire naturel de Carthage et la côte ouest de la Libye (l’Africa Vetus et de l’Africa Nova, sera divisée par Dioclétien en trois : la Tripolitaine, la Byzacène et l'Afrique proconsulaire résiduelle, aussi appelée Zeugitane.), la Numidie, la Maurétanie désigne le territoire des Maures dans l'Antiquité. Il s'étendait sur le nord-ouest et centre de l'actuelle Algérie, et une partie du nord marocain actuel.

    Le roi Massinissa[12] unifie la Numidie[13],[14]. Il fonde la capitale Cirta. Au cours de la deuxième guerre punique, les Massaesyles, commandés par Syphax, sont alliés à Carthage, tandis que les Massyles, commandés par Massinissa, s'allient à Rome, après avoir été spoliés par Syphax. À la fin de la guerre, les Romains attribuent tout le territoire numide à Massinissa. Son nouveau territoire entoure désormais celui de Carthage, sauf du côté de la mer.

     
    L'empire romain au IIIe siècle.

    En 148 av. J.-C., à la mort de Massinissa, Scipion Émilien partage la Numidie entre les trois fils du roi. De même, Rome oblige Micipsa, dernier fils de Massinissa, à partager sa part entre ses deux fils et le fils naturel de son frère, Jugurtha. Ce dernier, voulant restaurer l'unité du royaume, fait assassiner ses cousins, et, en 113 av. J.-C., se rebelle contre Rome à qui il va infliger de sévères défaites au cours d'une guerre longue et difficile qui durera de 111 av. J.-C. à 105 av. J.-C.. Incapables de remporter une victoire militaire, les Romains usent de traîtrise pour le capturer. En 105 av. J.-C., à la faveur d'un guet-apens, Jugurtha est livré par Bocchus, son beau-père et jusque-là son allié, à Sylla qui avait soudoyé l'entourage de ce dernier. La Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

    En 42 de notre ère, les Romains parviennent à devenir maîtres de la totalité du Maghreb. À l'instigation de ces derniers, le territoire est divisé en provinces. Par la suite, les Vandales et les Byzantins envahiront une partie du Maghreb actuel.

    La Numidie
     
    Carte représentant le royaume de Syphax (Massæsyles) et Gaïa (Massyles) en 220 av. J.-C., avant leur unification par Massinissa.
     
    Maurétanie tingitane (à l'ouest), Maurétanie césarienne (au centre-ouest), Numidie (au centre-est), Africa (à l'est) et la Gétulie, provinces romaines au Ier siècle de notre ère.

    Au IIIe siècle av. J.-C., l'Afrique du Nord était divisée en trois royaumes berbères : celui des Maures[15] avec le royaume de Maurétanie qui s'étend de l'Atlantique au fleuve Moulouya, au centre celui des Massæsyles, entre le Mulucha et la rivière Amsaga, sur lequel règne le roi Syphax et enfin, à l'est près de Carthage, le royaume des Massyles, entre la rivière Ampsaga (Oued-el-Kebir) et les territoires de Carthage.

     
    Carte du royaume de Numidie à son extension maximale, vers 150 av. J.-C.

    Les Masaesyles et les Massyles s'affrontèrent, en 203 av. J.-C. à la fin de la deuxième guerre punique, à la suite de laquelle Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon décisive à la victoire de l'Empire romain sur Carthage, Massinissa parvint dès lors à unifier la Numidie qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'est. Il réussit sous sa conduite à préserver l'indépendance de son royaume en jouant habilement de la rivalité régionale qui prévalait à l'époque, tout en lui garantissant une prospérité économique certaine, grâce au remarquable développement de l'agriculture et de l'élevage. Sur le plan de l'organisation politique, Massinissa plaça à la tête de chaque province un gouverneur et à la tête de chaque tribu un « Amokrane » (le chef). Son conseil, formé de dix personnes, le seconda efficacement dans sa politique et son administration générale. Au nombre de ces dix conseillers, il avait trois de ses fils : Micipsa qui le suppléait en plusieurs affaires, Gulussa, chargé de la conduite des armées et Mastanabal chargé du trésor royal. Il mit en circulation une monnaie frappée à son effigie, « avec des traits réguliers, un œil largement ouvert sous un sourcil assez épais, des cheveux abondants et bouclés, une barbe allongée et bien taillée ». Le règne de Massinissa prit fin lorsqu'il mourut en 148 av. J.-C.

     
    Face est du mausolée royal de Maurétanie, surnommé tombeau de la chrétienne, construit probablement entre Bocchus Ier et Juba II, 100 av. J.-C. et 25 av. J.-C. (Tipaza en Algérie)
     
    Site de Sauma, tombeau de Massinissa à Constantine en Algérie, 148 av. J.-C.

    Ainsi après la mort du grand roi fondateur, une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome se produisit et plongea la Numidie dans des troubles politiques. Micipsa, fils de Massinissa succédera au trône de son père. Durant son règne, il fit envoyer le très populaire Jugurtha, petit-fils de Massinissa, comme représentant en Ibérie pour l'éloigner du pouvoir. Micipsa nomme Gulussa vice-roi et ministre de la Guerre et Mastanabal vice-roi et ministre de la Justice. Après le bref règne de Micipsa, ses deux fils Adherbal et Hiempsal finissent par détruire tout le travail d'unification de Massinissa en divisant la Numidie de nouveau en Numidie orientale et occidentale. La crise politique encore larvée à ce stade entre Rome et la Numidie, finit par se déclarer officiellement lorsque Jugurtha, le très populaire petit-fils de Massinissa revint en Numidie et se saisit du pouvoir par la force en 118 av. J.-C., en s'attaquant aux petits-fils de Massinissa (tuant Hiempsal et expulsant Adherbal qui s'enfuit à Rome) pour réunifier la Numidie et la remettre sur le chemin de la stabilité et du développement.

    Guerre de Jugurtha
     
    Monnaie à l'effigie de Jugurtha.

    Rome qui ne voit pas d'un bon œil cette réunification, se met alors à créer des problèmes politiques à Jugurtha, en lui demandant de s'expliquer sur sa prise de pouvoir violente et l'expulsion d'Adherbal qui se réfugia chez eux. Jugurtha aurait répliqué dans son entourage qu'il est une chose qu'il avait apprise des Romains lors de son séjour en Ibérie : « Roma est urbs venalia » (trad. « Rome est une ville à acheter »), faisant ainsi référence à l'étendue de la corruption chez les officiels romains. C'est ainsi que Jugurtha se résout à acheter un répit en offrant de l'argent à des membres de la classe politique romaine pour les corrompre. Rome accepte alors de le laisser régner, mais seulement à condition que la Numidie reste divisée. Elle lui offre la reconnaissance diplomatique sur la Numidie occidentale, à condition de remettre Adherbal sur le trône en Numidie orientale. Jugurtha accepta dans un premier temps l'offre de Rome. Cependant, son intention de restaurer la Numidie unifiée demeura forte, ce qui le conduisit incessamment à envahir en 112 av. J.-C. la Numidie orientale, réunifiant ainsi de nouveau la Numidie. Au passage il fit exécuter plusieurs hommes d'affaires romains opérant en Numidie orientale. Le gouvernement romain, furieux d'un tel développement, est sur le point de lui déclarer la guerre, lorsque Jugurtha réussit une nouvelle fois avec grande habileté à corrompre les responsables en place à Rome. Cela a pour conséquence d'atténuer l'animosité qui s'était emparée de la classe politique romaine à son encontre, et même de lui procurer un traité de paix avantageux.

    Toutefois, ce traité sera aussitôt remis en cause, après les profonds changements que connut la classe dirigeante romaine ; excédé, Jugurtha fit exécuter Adherbal en réponse à cet acte. La classe politique romaine se déchaîne alors et finit par demander l'invasion de la Numidie. Rome envoie alors le consul Metellus en Numidie à la tête de plusieurs légions pour punir Jugurtha et le déposer. Jugurtha parvint avec intelligence à résister durant des années, en combinant des manœuvres militaires face aux Romains et politiques avec son voisin de l'ouest, le roi Bocchus Ier de Maurétanie. L'adjoint du consul Metellus, Gaius Marius, entrevoyant une opportunité, retourne à Rome pour se plaindre de l'inefficacité suspecte de son chef et demande à être élu consul à sa place, ce qu'il obtint. C'est alors que Gaius Marius envoie son questeur, Lucius Cornelius Sulla, en mission en Maurétanie pour négocier l'aide de Bocchus Ier. Bocchus accepte alors de trahir Jugurtha, et aide les Romains à le capturer dans un guet-apens. Jugurtha est alors envoyé à la fameuse prison de Tullianum. Il fut exécuté tout de suite suivant la tradition du triomphe romain en 104 av. J.-C. à la prison de Tullianum. Dès lors, la Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste est laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome.

     
    Statue du roi berbère Juba II - Maison dite du Roi - 25-23 av. J.-C. - Vollubilis (Maroc).
     
    Amphithéâtre d'El Jem comme apothéose de la culture romaine en Tunisie.

    La situation perdure jusqu'à la guerre civile entre Jules César et Pompée. Juba Ier, partisan de Pompée, perd son royaume en 46 av. J.-C. après la défaite de Thapsus contre César. César accorde à Sittius un vaste territoire autour de Cirta (Constantine). La Numidie devient alors la province d’Africa nova, jusqu'à ce qu'Auguste réunisse les deux provinces en un seul ensemble, l'Afrique proconsulaire. Cette dernière est dirigée par un proconsul, qui conduisit un moment l'armée d'Afrique.

    Auguste rend son royaume à Juba II, fils du précédent, après la bataille d'Actium (31 av. J.-C.). En 25 av. J.-C., Juba II reçoit le trône de Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Maurétanie et la province d'Afrique. La partie intégrée à la province d'Afrique en constitue une région et, en théorie, n'a pas d'autonomie administrative, puisqu'elle dépend du proconsul assisté de légats.

    Par la suite, les Romains pénètrent dans le Maghreb actuel vers le début de notre ère. Sous Rome, le territoire fut divisé en provinces :

    Maurétanie césarienne, qui correspond à l'Algérie centrale et occidentale. La capitale était Caesarea (actuelle Cherchell). Maurétanie sétifienne, créée par Dioclétien pour la partie orientale de la Maurétanie césarienne avec Sitifis (actuelle Sétif en Algérie) comme capitale. Maurétanie tingitane, qui correspond à peu près au nord du Maroc actuel. Les villes principales sont Volubilis, Sala, Lixus, Banasa, Ceuta, Melilla et Tingis (actuelle Tanger) qui en était le chef-lieu. Elle fut attachée administrativement à la province d'Espagne (la Bétique). Etc.
     
    Ruines romaines de Timgad (actuelle Wilaya de Batna, Algérie), et vue sur l'Arc de Trajan.

    Lambèse fut la première capitale romaine, par la suite Timgad va être construite au temps de Trajan. L'agriculture se développe grâce à la plantation de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en Algérie. La civilisation berbère est à son apogée, plusieurs grandes villes sont construites au nord et au sud dans le désert. La nationalité romaine est offerte aux Berbères, cela facilite l'intégration de certains nomades au monde romain[16]. Plusieurs mariages mixtes entre Romains et Berbères naturalisés sont célébrés dans les grandes villes. La pratique des cultes berbères est représentée dans les fresques romaines. De même, les jeux romains sont source de distraction et de joie pour la plupart des Berbères. De plus, les bains publics étaient un luxe ouvert à tout le monde. À Timgad, région chaouie, il y avait vingt-sept bains[17]. Il n'y avait pas de remparts autour des villes pour faciliter les relations entre les Berbères et les Romains. Les arts sont développés par les artisans berbères (la céramique, la poterie, etc.). Plusieurs amphithéâtres sont construits. Le théâtre de Timgad pouvait contenir 4 000 personnes de l'Aurès. La population globale de l'Aurès était estimée entre huit et dix-mille habitants, pendant les premières années de l'Empire romain en Afrique du Nord[17].

     
    Mausolée libyco-punique de Dougga, en Tunisie.
     
    Apulée, écrivain romain, auteur de Métamorphoses, est d'origine berbère, de Madauros (actuelle Aurès).

    Les populations se rebellent de nombreuses fois surtout les Zénètes, vers le début du Ier siècle. Les Maghraouas auraient été très nombreux dans les environs d'Icosium (Alger) et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir. Ptolémée de Maurétanie, fera transférer une partie des Maghraoua vers le chlef[18]. Cela provoque une succession d'actions militaires de Rome, soldées parfois par de graves défaites romaines.

    Les alentours de Tlemcen auraient été composés des royaumes gétules dans l'antiquité. Ils auraient vécu dans cette partie du Maghreb[19]. Plusieurs rois gétules purent contrebalancer l'Empire romain. Vers 17, Tacfarinas soulève tous les tribus gétules[20]. Il mourut à Pomaria (Tlemcen actuellement)[21]. Sept ans durant, Tacfarinas résiste aux Romains, malgré Tibère qui transfère une seconde légion pour appuyer la troisième légion Auguste (seule ensuite). Dès 39, Caligula confie la conduite de la région de Numidie à un représentant personnel – « légat de l'empereur » – chargé de commander la troisième légion Auguste. C'est ainsi qu'il met fin à une exception politique : celle d'une armée importante placée sous les ordres d'un proconsul et non d'un légat. Le Sénat perd la dernière légion qui était sous ses ordres.

    Bien que toujours officiellement intégrée à la province d'Afrique proconsulaire, la Numidie en constitue une région à part, placée sous l'autorité de son légat qui dirige la troisième légion Auguste et ne rend de compte qu'à l'empereur. C'est une province de fait, mais non de droit, statut relativement unique dans l'empire. Après 193, sous Septime Sévère, la Numidie est officiellement détachée de la province d'Afrique et constitue une province à part entière, gouvernée par un légat impérial. Sous Dioclétien, elle constitue une simple province dans la réorganisation tétrarchique, puis est brièvement divisée en deux : Numidie militaire et Numidie cirtéenne.

    À l'époque du Bas-Empire romain, les Levathae (ou Laguantans) se révèlent tellement agressifs que les Romains font élever un limes pour les contenir. Après la crise économique que vécut la grande cité romaine de Leptis Magna, la ville connut plusieurs razzias de la part des populations locales.

    De 256 à 640, christianisme, invasion vandale
     
    Saint Augustin d'origine berbère, il est l’un des principaux Pères de l’Église latine et l’un des 33 Docteurs de l'Église.
     
    Portrait du philosophe et théologien saint Augustin.
     
    Les Invasions barbares (100-500).

    De nombreuses tribus berbères se convertissent au judaïsme. Certains auteurs pensent que les Juifs d'Afrique du Nord sont en grande partie des Berbères judaïsés. Le christianisme a pu ensuite se développer sur ce terreau juif.

    Le christianisme apparaît vers l'an 256, et durant le siècle suivant, les populations des villes côtières algériennes, ainsi qu'une minorité de la population dans les campagnes se convertissent à la nouvelle religion.

    En 313, les crises politiques et économiques poussent les populations à une nouvelle révolte qui sera encore une fois Berbère. Mais cette fois la révolte est religieuse et politique. En effet, le donatisme (du nom de l'évêque Donatus Magnus) s'est développé en Algérie, à Baghaï, dans les Aurès et en Tunisie : ses partisans refusent la réintégration dans l'Église des clercs ayant apostasié lors des persécutions du début du siècle[22]. Le donatisme quittera rapidement le champ religieux pour devenir une opposition politique à Rome. En effet, les donatistes récusent la politique religieuse de Constantin Ier, le premier empereur romain chrétien, et, exigeant la séparation de l'État et de la religion, finissent par déclarer l'empereur comme étant le diable en personne. Ils rejettent aussi le rite romain.

     
    Triomphe de Neptune et Amphitrite, mosaïque romaine de Cirta (actuelle Constantine en Algérie), ca. 315-325.

    Dès lors, Constantin envoie ses troupes les réduire au silence, dans ce qui est considéré comme la première persécution de chrétiens par d'autres chrétiens[23]. La répression ne fait qu'accroître le soutien populaire des donatistes ; en 321 les légions romaines se retirent.

    Toutefois vers l'an 340, l'idéologie donatiste donne naissance à une secte populaire, celle des « circoncellions », (ceux qui encerclent les fermes). Les donatistes, à l'instar des autres chrétiens, célébrant les martyrs, les circoncellions, ouvriers agricoles, deviennent des radicaux qui, considérant le martyre comme la plus grande vertu chrétienne, abandonnent toutes les autres valeurs (Humilité, Charité, Agape, etc.). Leur but étant de mourir au combat, les circoncellions, munis de matraques de bois, - ils refusent de porter des armes en fer en vertu du précepte évangélique : « Qui a vécu par l'épée, périra par l'épée » - attaquent les voyageurs, cernent puis rançonnent les exploitations agricoles (d'où leur nom), tuant, violant, volant les stocks, exigeant l'affranchissement des esclaves. Lorsqu'ils n'arrivent pas à se faire tuer, ils se suicident en sautant du haut d'une falaise. Ce dérapage du culte donatiste noircit encore plus leur réputation à Rome.

     
    La cavalerie maure du général Lusius Quietus, sur la colonne Trajane, exposé au Museo della Civiltà Romana, Rome.

    Mouvement social autant que religieux, la secte des circoncellions, violemment réprimée, finit par disparaître vers le IVe siècle.

     
    L'apogée de l'Empire romain d'Orient avec les conquêtes de Justinien.

    En 395 l'Empire romain faisant face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu’exerce Rome sur l’Afrique du Nord, les donatistes, essaient de dominer la scène politique et religieuse. L'empereur les déclare hérétiques en 409 et leur enjoint de restituer toutes les églises en leur possession en Afrique du Nord. Il envoie plusieurs légions qui sont d'une férocité terrible envers les responsables religieux du culte, et parfois même envers la population locale. Saint Augustin, évêque catholique d'Hippone (actuellement Annaba), essaie de calmer la violence de l'administration romaine, en plaidant pour un traitement plus humain des donatistes. Malgré les appels pressants de plusieurs parties, les donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse, seule une minuscule communauté survivant dans la clandestinité jusqu’au VIe siècle[24].

    Quelques années plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Afrique du Nord sous la pression des Vandales et des Alains, autre peuple indo-européen, venus avec eux et originaires des steppes du sud de la Russie. Le 28 août 430, Saint Augustin, l'un des derniers symboles de l'intégration de la population berbère au sein de l'Empire romain, trouve la mort durant le siège d'Hippone par les Vandales[25]. Cependant les Berbères sous le règne de Cabaon réussissent à défaire les Vandales et s'emparer des Aurès puis portèrent un coup dur à une armée vandale à l'époque du roi vandale Thrasamund, qui mourut après avoir occupé le trône pendant vingt-sept ans ; « les Vandales prirent la fuite, et les Maures, s'élançant hors de leur retranchement, en tuèrent un grand nombre, en firent beaucoup prisonniers, et de cette nombreuse armée il ne retourna dans leur pays qu'un fort petit nombre de soldats »[26].

    Les attaques de plus en plus fréquentes des Berbères et l'énergie de l'empereur byzantin Justinien et de son général Bélisaire, provoquent la chute rapide du royaume vandale.

    En 544, les Byzantins exerceront un pouvoir juste dans la province de Constantine et dans l'Ifriqiya. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants les Djerawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awarbas, et les Zénètes[27].

    Moyen Âge Conquête musulmane
     
    Carte représentant les royaumes romano-berbères dans les années 600, de gauche à droite ; le royaume d'Altava, le royaume de l'Ouarsenis, le royaume du Hodna, le royaume de l'Aurès, le royaume de Nemencha, le royaume de Capsus, le royaume de Dorsale et le royaume de Cabaon.

    La première expédition musulmane sur l'Ifriqiya est lancée en 647. En 661, une deuxième offensive se termine par la prise de Bizerte. La troisième, menée en 670 par Oqba Ibn Nafi, est décisive : ce dernier fonde la ville de Kairouan au cours de la même année[28] et cette ville devient la base des expéditions contre le nord et l’ouest du Maghreb. L’invasion complète manque d’échouer avec la mort d’Ibn Nafi en 683[29]. Envoyé en 693 avec une puissante armée arabe, le général ghassanide Hassan Ibn Numan réussit à vaincre l’exarque et à prendre Carthage[30] en 695. Seuls résistent certains Berbères dirigés par la Kahena[30]. Les Byzantins, profitant de leur supériorité navale, débarquent une armée qui s’empare de Carthage en 696 pendant que la Kahena remporte une bataille contre les Arabes en 697[30]. Ces derniers, au prix d’un nouvel effort, finissent cependant par reprendre définitivement Carthage en 698 et par vaincre et tuer la Kahena[29].

    Contrairement aux précédents envahisseurs, les Arabes ne se contentent pas d’occuper la côte et entreprennent de conquérir l’intérieur du pays. Après avoir résisté, les Berbères se convertissent à l'islam[29], ils sont enrôlés dans l'armée Omeyyade pour calmer les révoltes, et c'est alors que le général Tariq ibn Ziyad s'en va à la conquête de la péninsule ibérique, à la tête d'une armée de 12 000 hommes composés essentiellement de Berbères fraîchement convertis. Des centres de formation religieuse s’organisent alors, comme à Kairouan, au sein des nouveaux ribats. On ne saurait toutefois estimer l’ampleur de ce mouvement d’adhésion à l’islam. D’ailleurs, refusant l’assimilation, nombreux sont ceux qui rejettent la religion dominante et adhèrent au kharidjisme, hérésie née en Orient et proclamant l’égalité de tous les musulmans sans distinction d'origine ou de classe[31]. En 740, les Berbères de l'actuel Maroc lancent la grande révolte berbère, échaudés par des prédicateurs Sufrites Kharijites, une secte musulmane qui a embrassé une doctrine représentant l'égalitarisme total en opposition à l'aristocratie des Quraych qui s'était accentuée sous le califat omeyyade, qui tente de leur imposer le statut du dhimmi, qui se traduit notamment par l'imposition de lourdes taxes. Les rebelles ont élu Maysara al-Matghari pour mener leur révolte, et ont réussi à prendre le contrôle de presque tout ce qui est maintenant le Maroc, inspirant à de nouvelles rébellions au Maghreb et à al-Andalus. Lors de la bataille de Bagdoura, les rebelles berbères ont annihilé une armée particulièrement forte envoyée par le calife omeyyade de Syrie. Les Omeyyade n’ont pu échapper à la catastrophe qu’à la suite des dissensions internes qui ont scindé en deux les armées berbères. Ces dernières furent battues séparément non loin de Kairouan dans les localités d’al-Qarn et d’al-Asnam en 742[32]. Le Maroc et l'ouest Algérien est au main des armées berbères, et les omeyyades en sont expulsés, mais l'est de l'Ifriqiya (actuelle Tunisie) reste une province omeyyade jusqu’en 750, quand la lutte entre Omeyyades et Abbassides voit ces derniers l’emporter[31]. De 767 à 776, les kharidjites berbères sous le commandement d’Abou Qurra s’emparent de tout le territoire, mais ils se retirent finalement dans leur royaume de Tlemcen, après avoir tué Omar ibn Hafs, surnommé Hezarmerd, dirigeant de la Tunisie à cette époque[33].

     
    Les Fatimides au Maghreb de 909 à 973.

    En 800, le calife abbasside Haroun ar-Rachid délègue son pouvoir en Ifriqiya à l’émir Ibrahim ibn Al-Aghlab[34] et lui donne le droit de transmettre ses fonctions par voie héréditaire[35]. Al-Aghlab établit la dynastie des Aghlabides, qui règne durant un siècle sur le Maghreb central et oriental. Le territoire bénéficie d’une indépendance formelle tout en reconnaissant la souveraineté abbasside[35]. La Tunisie devient un foyer culturel important avec le rayonnement de Kairouan et de sa Grande mosquée, un centre intellectuel de haute renommée[36]. À la fin du règne de Ziadet Allah Ier (817-838), Tunis devient la capitale de l’émirat jusqu’en 909[37].

    Appuyée par les tribus Kutama qui forment une armée fanatisée, l’action du prosélyte ismaélien Abu Abd Allah ach-Chi'i entraîne la disparition de l’émirat en une quinzaine d’années (893-909). En décembre 909, Ubayd Allah al-Mahdi se proclame calife et fonde la dynastie des Fatimides, qui déclare usurpateurs les califes omeyyades et abbassides ralliés au sunnisme. L’État fatimide s’impose progressivement sur toute l’Afrique du Nord en contrôlant les routes caravanières et le commerce avec l’Afrique subsaharienne. En 945, Abu Yazid, de la grande tribu des Banou Ifren, organise sans succès une grande révolte berbère pour chasser les Fatimides. Le troisième calife, Ismâ`îl al-Mansûr, transfère alors la capitale à Kairouan et s’empare de la Sicile[38] en 948. Lorsque la dynastie fatimide déplace sa base vers l’est en 972, trois ans après la conquête finale de la région, et sans abandonner pour autant sa suzeraineté sur l’Ifriqiya, le calife Al-Muizz li-Dîn Allah confie à Bologhine ibn Ziri — fondateur de la dynastie des Zirides — le soin de gouverner la province en son nom. Les Zirides prennent peu à peu leur indépendance vis-à-vis du calife fatimide[38], ce qui culmine avec la rupture avec ce suzerain devenu lointain et inaugure l’ère de l’émancipation berbère[39]. L’envoi depuis l’Égypte de tribus arabes nomades sur l’Ifriqiya marque la réplique des Fatimides à cette trahison[39]. Les Hilaliens suivis des Banu Sulaym — dont le nombre total est estimé à 50 000 guerriers et 200 000 bédouins[39] — se mettent en route après que de véritables titres de propriété leur ont été distribués au nom du calife fatimide. Kairouan résiste pendant cinq ans avant d’être occupée et pillée. Le souverain se réfugie alors à Mahdia en 1057 tandis que les nomades continuent de se répandre en direction de l’Algérie, la vallée de la Medjerda restant la seule route fréquentée par les marchands[39]. Ayant échoué dans sa tentative pour s’établir dans la Sicile reprise par les Normands, la dynastie ziride s’efforce sans succès pendant 90 ans de récupérer une partie de son territoire pour organiser des expéditions de piraterie et s’enrichir grâce au commerce maritime.

    Les historiens arabes sont unanimes à considérer cette migration comme l’événement le plus décisif du Moyen Âge maghrébin, caractérisé par une progression diffuse de familles entières qui a rompu l’équilibre traditionnel entre nomades et sédentaires berbères[39]. Les conséquences sociales et ethniques marquent ainsi définitivement l’histoire du Maghreb avec un métissage de la population. Depuis la seconde moitié du VIIe siècle, la langue arabe demeurait l’apanage des élites citadines et des gens de cour. Avec l'Hilaliens, les dialectes berbères sont plus ou moins influencés par l’arabisation, à commencer par ceux de l’Ifriqiya orientale[39].

    Dynasties et grandes formations berbères

    Selon Ibn Khaldoun, les Berbères se divisent en deux branches, les deux sont issues de leur ancêtre Mazighe. Les deux branches Botr et Branès se seraient elles-mêmes subdivisées en tribus et auraient Medracen comme ancêtre ; chaque région du Maghreb étant constituée de plusieurs tribus. Les grandes tribus ou peuples berbères sont Sanhadja, Houaras, Zénètes, Masmoudas, Koutama, Awarba, Berghouata, Zouaouas, etc. Chaque tribu est décomposée en des sous-tribus, ayant une indépendance territoriale et décisionnelle[40],[41]

    Plusieurs dynasties berbères ont émergé pendant le Moyen Âge au Maghreb, au Soudan, en Al-Andalus, en Italie, au Mali, au Niger, au Sénégal, en Égypte, au Portugal, etc. Ibn Khaldoun fait un tableau résumant celles au Maghreb dont les dynasties berbères Zirides, Ifren, Maghraouas, Almoravide, Hammadides, Almohade, Mérinide, Abdalwadides, Wattassides, Meknassa, Hafsides, etc[42]. De plus, plusieurs chefs arabes et perses avaient des épouses berbères comme Idris, Ibn Rustom, etc. Ce qui donnera par la suite les dynasties Idrissides, Rostémides, etc.

    Les Almohades ont contribué à l'unification religieuse du Maghreb, les élites berbérophones ayant longtemps encouragé son arabisation pour des raisons religieuses[43]. En revanche, lors de la dynastie des Zianides de Tlemcen, l'identité et la langue berbère étaient le centre d'intérêt du roi Yaghmoracen Ibn Zyan[44].

    L'empire Almoravide en 1120. 

    L'empire Almoravide en 1120.

    L'empire Almohade en 1200. 

    L'empire Almohade en 1200.

    L'empire Mérinide en 1347-1348. 

    L'empire Mérinide en 1347-1348.

    Carte des États méditerranéens au XIVe siècle parmi lesquels l'État à partir de la gauche Mérinides, Zianides et Hafsides. 

    Carte des États méditerranéens au XIVe siècle parmi lesquels l'État à partir de la gauche Mérinides, Zianides et Hafsides.

    Les conflits berbères

    Pendant l'Antiquité, les Berbères se disputaient le pouvoir. Massinissa et Syphax s'affrontèrent lors de la deuxième guerre punique. Le premier avait la Numidie occidentale et le deuxième la Numidie orientale. Massinissa gagne la bataille, mais le fils de Syphax, Vermina, reprend la guerre contre Massinissa. Massinissa était allié des Romains et Vermina était avec les Carthaginois. Vermina demande la rémission à Rome. À la fin, Massinissa réussit à unifier la Numidie. Après Micipsa, une lutte interne entre les petits-fils de Massinisa se déclenche pour la succession. Jugurtha tue Adherbal pour la prise du pouvoir de la Numidie. Jugurtha rompt avec les Romains. Mais Bocchus, beau-père de Jugurtha, capture et livre Jugurtha aux Romains.

     
    Carte d'extension minimale de diverses tribus Zénètes entre le xe siècle et xie siècle, dont une partie est des Ifrenides.

    Au Moyen Âge, l'une des plus puissantes tribus berbères était celle des Banou Ifren[45] après avoir servi la reine Dihya[45]. En 745, ces derniers choisissent le dogme sufrite (kharidjite) et désignent Abou Qurra comme calife. Ce dernier sera à la tête d'une armée composée de 350 000 cavaliers berbères. Il reprend le Maghreb aux deux puissantes dynasties (les Omeyyades et les Abbassides), revient à Tlemcen après qu'Yazid-Ibn-Haten a brisé la coalition berbère. Le premier conflit important berbère au VIIIe siècle survient alors, raconté par Ibn Khaldoun, historien du XIVe siècle[46]. Les Banou Ifren avaient 40 000 cavaliers dans cette guerre[réf. nécessaire]. Abou Qurra a pu unir tous les Berbères[47].

    Par la suite, les Berbères se sont divisés en deux parties distinctes l'une de l'autre[48]. Cette division a créé un grand conflit entre les Sanhadjas et les Zénètes qui a débuté au Maghreb avant d'être transposé en Andalus. Les Sanhadja (chiite) ont attaqué les Zénètes kharidjites (Banou Ifren, Maghraoua, etc.), créant une séparation territoriale entre les deux tribus berbères[45]. Les Zénètes furent ainsi amenés à se déplacer vers l'ouest du Maghreb et au sud devant la poussée des Zirides (tribu des Sanhadja, chiite)[48]. Cependant, plusieurs tribus des Banou Ifren et des Maghraouas se sont ralliées aux Fatimides dans ce conflit complexe[49], qui n'est ni de religion ni de « race », d'après Yves Lacoste et al.[49]. D'autre part, plusieurs Fatimides ont changé de camp pour s'engager du côté des Omeyyades[45]. Au contraire, selon le dictionnaire de Michel Mourre, le pouvoir et la religion seraient les sources des conflits des Berbères[50].

    Les Sanhadja se divisent pour former deux dynasties distinctes : les Zirides (chiite) et les Hammadides (sunnite). Les Zénètes, eux aussi sont divisés sur la question de pouvoir, trois dynasties sont formées Banou Ifren, Maghraoua et Meknassa. Une lutte acharnée au pouvoir des tribus zénètes est signalée par Ibn Khaldoun.

     
    Ibn Toumert rencontra son disciple Abd-el Moumen non loin de Béjaïa Béjaïa redevint une place commerciale, scientifique et culturelle prospère sous les Hafsides du XIIIe au XVe siècles.

    Ensuite survient le deuxième plus important conflit entre les Almoravides (tribu des Sanhadja) et sunnite Malékites et les Zénètes. Après la défaite des Zénètes à l'ouest du Maghreb par les Almoravides, les Zénètes qui restent en vie et minoritaires par rapport aux Sanhadjas sont confrontés dans une guerre contre une alliance Hammadides-Hilaliens[51].

     
    Tour Hassan à Rabat, construite en 1196 par les Almohades.

    Les Almohades (qui signifie unificateur, les Almohades s'opposent au malékisme) défont les Almoravides, tribu des Sanhadja. Les Almohades étaient composés des Masmouda. Le fondateur du mouvement religieux est Ibn Toumert de la tribu Masmouda ; son disciple Abd al-Mumin de la tribu Zénète prit la tète des Masmouda et deviendra le premier calife Almohade. Un premier conflit apparait dans la grande famille des Masmoudas, les Almohades détruisent les Berghouata. Puis, un deuxième conflit surgit entre deux fractions des Masmouda, ce qui provoque une guerre entre les Almohades et les Hafsides[45]. Après le massacre des Zénètes vers le XIe siècle, et à la suite du déclin des Almohades, trois dynasties zénètes vont surgir au Maghreb et en Al-Andalus (les Hafsides, les Zianides et les Mérinides)[45].

    Les deux dernières dynasties berbères zénètes se font la guerre, les Zianides contre les Mérinides (ils adoptent un nouveau malékisme)[52]. Les Mérinides sont refoulés au Maroc actuel par les Banou Ifren qui reprennent Tlemcen grâce aux Hafside] en 1437[53], une trentaine d'années après la promulgation de la Charte d'Ajarif (1405), qui détaille notamment la qisas (vengeance) et la diya (compensation financière) prévue par le droit musulman[54].

    Les Mérinides prennent la Tunisie et font tomber les Hafsides. En effet, Abou el Hassen souverain Mérinides de Constantine et de Béjaïa s'empare de la Tunisie, Ibrahim abou Fadhel sera le souverain de la Tunisie, mais l'histoire ne révèlera pas tous les noms des souverains mérinides en Tunisie[55].

    Les dynasties berbères sont achevées par l'arrivée des Espagnols et des Ottomans. Depuis ces conflits, les Berbères sont séparés dans leur profond, ce qui a mené à la création de plusieurs tribus qui n'ont aucun lien commun ni dans la langue, ni dans la tradition, ni dans l'espace géographique, ni dans la religion, ni dans les mœurs, etc., au Maghreb, en Al-Andalus, au Sahel africain[56].

    Le conflit entre Sanhadja et Zénètes est le plus important dans l'histoire des Berbères et a été révélé par tous les historiens du Moyen Âge et contemporains (Ibn Khaldoun, Ibn Hazm, Émile Félix Gautier, Gabriel Camps, Rachid Bellil, etc.). Du coup, quelques historiens comme Émile Félix Gautier et Gabriel Camps entre autres, tirent des conclusions et des thèses de ce conflit majeur. Ces thèses seront contredites par certains historiens contemporains comme Rachid Bellil, Benabou, Potiron, etc. Ces derniers rejoignent l'approche historique d'Ibn Khaldoun[57].

    Influence des Berbères en Afrique de l'Ouest et en Al-Andalus
     
    Carte de l'Empire songhaï, fondé par le chef berbère Za el-Ayamen.
     
    Carte historique de la péninsule Ibérique présentant l'époque des taïfas et les petits royaumes chrétiens émergents. Les taïfas de Tolède, Ronda, Alpuente, Arcos, Carmona, Grenade, Morón, Ceuta, d'Algésiras étaient berbères.

    La dynastie songhaï des Dia, fut fondée à Koukia au XIe siècle, résultat d'un métissage entre Berbères dirigés par le chef berbère Za el-Ayamen[58], et les Songhaïs. Plus tard la dynastie des Dia fondera le royaume songhaï de Gao, au niveau du fleuve Niger, qui sera vassale de l'Empire du Ghana créé par les Soninkés, puis l'Empire du Mali. Durant le XVe siècle, les Songhaïs, après plusieurs conquêtes militaires, supplante l'Empire du Mali, et le royaume songhaï de Gao devient un empire, sous la dynastie des Si, du conquérant Sonni Ali Ber, qui se verra remplacé par la dynastie des Askia d'origine soninkés, fondée par Askia Mohammed Touré, avec la ville de Gao pour capital. Il s'étend sur plus ou moins le Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuel. L'empire s'effondre à la fin du XVIe siècle, à la suite de la bataille de Tondibi.

    Les Zirides prennent le Sud de l'Italie avec l'aide des Fatimides et une partie de l'Égypte. Les Berbères avaient des États indépendants en Al-Andalus à l'époque des taïfas. L'Al-Andalus est prise par les Almoravides et ensuite par les Almohades et à la fin par les Mérinides.

    Époque moderne De 1400 à 1900

    Pendant la période de 1400 à 1500, l'effondrement des dernières dynasties berbères englobe les deux territoires l'Andalousie et l'Afrique du Nord, au centre et à l'ouest. Les Espagnols et les Portugais reprennent leurs territoires et envahissent le Maghreb. Ensuite, les Ottomans chassent les Espagnols et prennent l'Algérie, la Tunisie et la Libye. Quelques Berbères se replient dans les montagnes et demeurent isolés surtout dans les régions de l'Aurès (le pays des Chaouis), ou en Kabylie et au Sahara. Le Maroc résiste grâce à l'émergence des Saadiens puis de la dynastie alaouite qui fondent l'Empire chérifien et résistent à la fois aux attaques hispano-portugaises et aux tentatives d'invasion ottomanes. Les Espagnols s'emparent du Sahara occidental, du Rif et de quelques villes dont (Sidi Ifni). Le Rif engage la guerre pour se libérer de la tutelle espagnole avec Abdelkrim al-Khattabi.

    Les Français attaquent les Ottomans et prennent l'Algérie, la Tunisie. La Libye est conquise par les Italiens. Plusieurs Berbères, tels que Lalla Fatma N'Soumer, Cheikh El Mokrani, Cheikh Bouamama, etc., se révoltent et organisent plusieurs guerres pour reprendre leurs territoires.

    La France déploie tout dans l'industrialisation et dans la construction des villes digne de la civilisation moderne, mais les zones montagneuses et les zones rurales sont épargnées. Plusieurs Européens viennent pour investir et pour exploiter les richesses. L'Algérie française devient le « grenier de l'Europe ».

    Les confréries berbères et le mouvement des saints berbères entre 1500 et 1900
     
    Une Zaouïa à Guerouaou, en Algérie.

    Plusieurs Berbères notamment du Sud ont créé des confréries musulmanes dont le but était d'aider la population après le déchirement des dynasties berbères. Leur apport était éducatif en premier. Plusieurs monuments, ksours, mosquées, etc., ont été construits dans les différentes régions du Maghreb. Les principaux chefs avaient la notoriété de Saint et ils étaient pour la plupart des hommes de connaissance et de savoir. Ces chefs ont écrit plusieurs livres qui ont été conservés à nos jours. L'instruction du Coran était importante surtout dans le Sud. L'organisation de cérémonies avait un rôle important dans la consolidation des règles de vie entre les différentes communautés. Les Zaouïas avaient un rôle juridique important au sein des populations pour le règlement des crises.

    Les Ottomans devaient négocier avec les chefs de confrérie. Par la suite, l'armée française a trouvé des difficultés à contrôler les mouvements dirigés principalement par les confréries.

    Contemporain De 1900 à 2000

    Après la colonisation française, italienne, espagnole, etc., les Berbères se voient marginalisés, occupés, exploités par des forces étrangères. Ce qui fait qu'un vaste mouvement de révoltes s'enchaine au fil des années dans tous les territoires du Maghreb. Par la suite après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis imposent aux Européens de se retirer de toutes les colonies dans le plan Marshall[réf. nécessaire]. Après quelques années tous les pays se libèrent progressivement.

     
    Le drapeau berbère, adopté en 1998 par le Congrès mondial amazigh.

    Actuellement, la plupart des communautés berbères sont sédentaires. Elles se désignent d'abord par leur région et par leur parler berbère : en Algérie, on trouve les Chaouis, les Kabyles, les Mozabites, les Touaregs, les Beni Snous, les Chenouis, les habitants du Ouarsenis (Banou Ifren et Maghraouas), etc.). Au Maroc, on trouve les Rifains, les Chleuhs, les Béni-Snassen, les Awraba, les Zayanes, etc. En Libye, on trouve les Yafran, etc. En Tunisie, il y a les habitants de Djerba, etc. En Espagne, il y a les Guanches, autochtones des Îles Canaries. Plusieurs ethnies d'origine berbère parlent l'arabe maghrébin et ne s'identifient pas aux régions citées. L'ensemble des ethnies berbères est appelé Imazighen (le pluriel d’Amazigh), et l'espace géographique nord-africain Tamazgha.

    Plusieurs monuments historiques témoignent de la grandeur de l'art architectural chez les Berbères au Maghreb et en Al-Andalus. Plusieurs villes et monuments au Maghreb et en Al-Andalus sont considérés comme patrimoine mondial. La culture et la langue berbères ont survécu depuis les grandes conquêtes vandales, romaines, byzantines, arabes (VIIe siècle) jusqu'à l'occupation française, en passant par la présence ottomane (à l'exception notable du Maroc). À partir de 1881, en Kabylie, l'administration française attribuera des patronymes arabes aux populations qui, jusqu'à cette époque, portaient encore pour certains des noms à consonance latine[59].

    Ainsi, certains tiennent la colonisation française pour responsable en grande partie de l'arabisation de l'Afrique du Nord à l'instar de l'historien Eugène Guernier qui affirme, en 1950, que la France « facilite la diffusion de la civilisation arabe, par la langue, par la loi et par la foi musulmanes »[60]. La culture berbère reste vivante en Algérie et au Maroc, qui comprennent une grande partie des Berbères. Elle est aussi présente en Libye et en Tunisie et dans une grande partie du Sahara — Touaregs en Algérie, au Burkina Faso, au Mali et au Niger.

    En 1980 éclatent les manifestations du Printemps berbère, au cours desquelles les berbérophones de Kabylie réclament l'officialisation de leur langue. En 1988, l'ouverture démocratique donna une forte impulsion à la revendication berbériste avec la création du « Mouvement culturel berbère »[61].

    À la suite de la « grève du cartable » dans les années 1994 et 1995, dans laquelle des élèves kabyles boycottèrent les écoles pour contester le monolithisme linguistique et culturel de l'arabe, en 1996, une réforme de la Constitution algérienne fait officiellement de l'amazighité, aux côtés de l'islam et de l'arabité, l'une des composantes fondamentales de l'identité nationale. Parallèlement, les autorités fondent un Haut Commissariat à l'amazighité.

    En 1998, de très violentes émeutes suivirent l’assassinat du chanteur Lounès Matoub. À partir de là, le climat devint insurrectionnel. Au mois d’avril 2001, de violentes émeutes secouèrent la Kabylie à la suite de la mort d’un lycéen prénommé Massinissa, abattu par la gendarmerie à Béni Douala. Le 14 juin, les Kabyles marchèrent sur Alger avant d’être réprimés par la police[61].

    En 2000, la chaîne Berbère Télévision commence à émettre de Paris.

    Au Printemps noir (printemps 2001), des émeutes éclatent en Kabylie, réclamant notamment l'officialisation de la langue berbère. Le 17 octobre 2001, le roi Mohammed VI du Maroc crée un Institut royal de la culture amazighe (IRCAM) pour promouvoir la culture berbère. Le 17 juin 2011, le roi Mohammed VI du Maroc propose une nouvelle constitution pour le Royaume du Maroc avec notamment l'élévation du berbère au rang de deuxième langue officielle du pays.

    À partir d'avril 2002, les revendications berbéristes se calment avec la reconnaissance du berbère comme langue nationale algérienne[61].

    La résistance berbère face à la colonisation européenne

    Les Berbères ont eu un rôle fondamental pour l'indépendance durant la colonisation, de nombreuses insurrections ont été menées par des Berbères dans tous les pays du Maghreb. Ils y ont mené une vive résistance parfois qualifiée de « farouche »[62],[63],[64].

     
    Mohamed El Mokrani, l'un des chefs des révoltes survenues en Algérie, pendant la conquête française, après la reddition de l'émir Abdelkader.
     
    Krim Belkacem, chef historique du Front de libération nationale durant la guerre d'indépendance algérienne. Il signera l'acte d'indépendance de l'Algérie en bas des accords d'Évian, en tant que plus haut gradé des anciens maquisards.
    Algérie : De nombreux soulèvements ont été menés pour contrer la colonisation française, l'émir Abdelkader lutte pendant 15 ans, après avoir déclaré la guerre à la France en 1832. Il offre sa reddition en 1847. En juillet 1857, des tribus de Grande-Kabylie se rendent, la capture de la maraboute Lalla Fatma N'Soumer met un terme à la résistance mais les Kabyles se soulèveront plusieurs fois encore jusqu’au début des années 1870. En 1871, un notable kabyle, Mohand Amokrane, surnommé Cheikh El Mokrani, est rétrogradé au titre de bachagha pour avoir soutenu la révolte du Cheikh Bouaquaz, un proche de son père, en 1864-1865. S'ensuit une insurrection. Le mouvement soulève 250 tribus, près du tiers de la population algérienne. Les insurgés sont contraints à la reddition après l’attaque des Français. Ils sont arrêtés à l’Alma le 22 avril 1871, et le 5 mai le bachagha Mokrani meurt au combat près de l’oued Soufflat. Les troupes françaises (vingt colonnes) marchent sur Dellys et Draâ El Mizan. Le cheikh El Haddad et ses fils se rendent le 13 juillet, après la bataille d'Icheriden. L’insurrection ne prend fin qu’après la capture de Boumezrag El Mokrani, le 20 janvier 1872. La répression fut très sévère et se traduisit, une fois matée l'insurrection, par des internements de Kabyles et des déportations en Nouvelle-Calédonie (on parle des « Algériens du Pacifique »), mais aussi par d'importantes confiscations de terres, qui ensuite ont obligé de nombreux Kabyles à s'expatrier. En 1954, le Mouvement nationaliste algérien se mobilise et déclenche par la suite la révolution algérienne. Les Berbères seront au premier plan dans la guerre d'Algérie. De nombreux chefs kabyles et chaouis ont œuvré et lutté pour l'indépendance du pays dont les plus célèbres sont Mostefa Ben Boulaïd, Larbi Ben M'hidi, Abane Ramdane, Krim Belkacem, Didouche Mourad, Hocine Aït Ahmed, Ferhat Abbas, Amirouche Aït Hamouda, Belkacem Radjef. Maroc : Le mouvement de résistance s'est illustré lors de la guerre du Rif menée par Abdelkrim al-Khattabi, qui est une guerre coloniale qui opposa les tribus berbères du Rif aux armées françaises et espagnoles, de 1921 à 1926. Les deux armées européennes agissaient officiellement en vertu des accords du protectorat passés par le sultan du Maroc, Moulay Abd al-Hafid, avec la France et avec l'Espagne. La guerre atteignit son apogée lors de la bataille d'Anoual durant laquelle le général espagnol Manuel Fernández Silvestre se suicida après la défaite et la perte de 14 000 de ses hommes. Cette bataille reste un symbole de la lutte anticolonialiste. D'autres insurrections eut lieu dans le Rif menées par Mohamed Ameziane ou encore El Raisuni. Dans le sud du pays, les tribus berbères se sont soulevées sous la direction du chef Mouha ou Hammou Zayani ou encore Assou Oubasslam.ni Libye : La lutte contre la colonisation italienne est d'abord menée par Omar al-Mokhtar, surnommé « Cheikh des militants », un chef musulman libyen d'origine berbère qui organisa la lutte armée contre la colonisation italienne au début du XXe siècle. D'autres leaders nationalistes tels que Suleyman Al Baruni, originaire du Djebel Nefoussa, ont pris part à la résistance armée.Diaspora
     
    Zinédine Zidane.
     
    Saïd Taghmaoui.

    Les Berbères sont également largement représentés dans les populations issues de l'immigration en Europe, notamment en France et aux Pays-Bas[65], en Belgique, en Espagne, mais aussi aux États-Unis et au Canada.

    En France les berbérophones représentent 25 % des immigrés algériens et 16 % des immigrés marocains[66].

    Selon les conclusions d'un colloque « Pour une histoire sociale du berbère en France », sous la direction de Salem Chaker tenu en octobre 2004 à l'Institut national des langues et civilisations orientales : « On peut raisonnablement estimer la proportion de berbérophones à 35 % de l'ensemble de la population originaire d'Afrique du Nord établie en France (quel que soit son statut juridique). Si l'on retient une fourchette de 4 à 5 millions de personnes d'origine maghrébine, on aboutit à un total de 1,5 à 2 millions de berbérophones en France. »

    Rifains (Maroc) et Kabyles (Algérie) sont largement majoritaires. « Il existe bien sûr des berbérophones issus d'autres pays (Tunisie, Libye et pays du Sahel), mais leur nombre reste peu significatif (de quelques centaines à quelques milliers de personnes)[67]. »

    Selon Belkacem Lounès, président du Congrès mondial amazigh :

    « L'immigration berbère en France est l'une des plus anciennes puisqu'elle remonte à la fin du XIXe siècle. Elle répondait à la fois aux besoins de mobilisation des soldats en période de guerre (Première et Seconde Guerres mondiales) et au déficit de main-d'œuvre, notamment dans les secteurs de l'industrie et du BTP. On estime actuellement l'immigration berbère à environ deux millions d'individus, contribuant en toute discrétion à l'épanouissement économique, scientifique, artistique et sportif de la France. Il est utile de rappeler par exemple qu'Édith Piaf, Marcel Mouloudji, Daniel Prévost, Isabelle Adjani, Yasmine Bleeth, Zidane et bien d'autres personnalités de tous horizons, sont le fruit de cet apport berbère[68]. »

    En Belgique et aux Pays-Bas il existe une importante majorité écrasante[pas clair] de Berbères parmi les Maghrébins résidant dans les pays du Benelux avec plus d'un million de Rifains, concentrés dans des grandes villes telles que Bruxelles, Anvers, Amsterdam ou encore Utrecht.

    (en) Hsain Ilahiane, Historical Dictionary of the Berbers (Imazighen), 2006, p. 112. Rym Kefi, Meriem Hechmi, Chokri Naouali et Haifa Jmel, « On the origin of Iberomaurusians: new data based on ancient mitochondrial DNA and phylogenetic analysis of Afalou and Taforalt populations », Mitochondrial DNA. Part A, DNA mapping, sequencing, and analysis, vol. 29, no 1,‎ janvier 2018, p. 147–157 (ISSN 2470-1408, PMID 28034339, DOI 10.1080/24701394.2016.1258406, lire en ligne, consulté le 5 février 2019) (en) Johannes Krause, Choongwon Jeong, Wolfgang Haak et Matthias Meyer, « Pleistocene North African genomes link Near Eastern and sub-Saharan African human populations », Science, vol. 360, no 6388,‎ 4 mai 2018, p. 548–552 (ISSN 0036-8075 et 1095-9203, PMID 29545507, DOI 10.1126/science.aar8380, lire en ligne, consulté le 5 février 2019) (en) « (PDF) The Iberomaurusian Enigma: North African Progenitor or Dead End? », sur ResearchGate (consulté le 5 février 2019) Richard J, Habib Estes, Tiliouine, The State of Social Progress of Islamic Societies : Social, Economic, Springer, 2016, 115 p. (ISBN 978-3-319-24772-4). (en) Muḥammad Jamāl al-Dīn Mukhtār et G. Mokhtar, Ancient Civilizations of Africa, vol. 2, J. Currey, 1990 (ISBN 978-0-85255-092-2, lire en ligne), p. 239. Bernard Lugan, Histoire des Berbères, des origines à nos jours. Un combat identitaire pluri-millénaire., Afrique Réelle, 2012, p. 27. G. Camps, Les Garamantes, conducteurs de chars et bâtisseurs dans le Fezzan antique, juin 2002 (lire en ligne). L'Algérie antique, Serge Lancel, éd Menges, p. 53l Thébert et Coarelli, p. 776. Serge Lacel (préf. Mounir Bouchenaki, ill. Omar Daoud), L'Algérie antique : de Massinissa à saint Augustin, Paris, Menges, novembre 2003, 280 p. (ISBN 2-85620-431-7, EAN 978-2856204313), p. 53. Karina Slimani-Direche, Histoire de l'émigration kabyle en France au XXe siècle : réalités culturelles et politiques et réappropriations identitaires, L'Harmattan, 1997 (ISBN 978-2-7384-5789-9, lire en ligne), p. 109. Dialogues d'histoire ancienne De Université de Besançon, Centre de recherches d'histoire ancienne Maria Angels Roque, Les cultures du Maghreb, L'Harmattan, 1996 (ISBN 978-2-7384-4416-5, lire en ligne), p. 57-58. 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    « […] au lieu de soutenir la civilisation berbère, la langue, la loi et la foi berbères, nous nous prêtons à leur disparition en facilitant la diffusion de la civilisation arabe, par la langue, par la loi et par la foi musulmanes.[…] L'islamisation et l'arabisation constituent les éléments de la plus grande victoire remportées par les Arabes au Maghreb. Ils constituent également la plus lourde faute de la France devant l'Histoire et devant elle-même. »

    ↑ a b et c Bernard Lugan, Histoire des Berbères, des origines à nos jours. Un combat identitaire pluri-millénaire., Afrique Réelle, 2012, 204 p.. (en) David Bensoussan, Il était une fois le Maroc : Témoignages du passé Judéo-Marocain, iUniverse, mai 2012 (ISBN 978-1-4759-2608-8, lire en ligne), p. 297. L'Afrique française : bulletin mensuel du Comité l'Afrique française et du Comité du Maroc, Comité de l'Afrique française., 1935 (lire en ligne), p. 340. Gilles Lafuente, La politique berbère de la France et le nationalisme marocain, Harmattan, 1999 (ISBN 978-2-7384-7868-9, lire en ligne), p. 116. Thérèse Delpech, Le Retour de la barbarie au xxie siècle, Hachette, 2007, p. 194

    « Environ six millions de citoyens français sont d'origine berbère (Kabyle ou Berbères arabisés) à la 1re ou 2e génération. »

    Alexandra Filhon (préf. Alain Blum), Langues d’ici et d’ailleurs…, Paris, INED, 2009, 285 p. (ISBN 978-2-7332-0164-0, lire en ligne). Salem Chaker, « Histoire sociale des langues de France », Le colloque du lancement du projet HSLF à l'INALCO, Paris,‎ 2008, p. 5 (lire en ligne). Belkacem Lounes, président du Congrès mondial Amazigh in « Berbères, libres et fiers de l'être », Le Figaro, 27 juin 2003, p. 27-28.
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