Contexte de Algérie

L'Algérie (/al.ʒe.ʁi/  ; arabe : الجزائر (al-Jazā'ir), ; et arabe algérien : دزاير (Dzayer) ou الجزاير (Djazaïr) ; en tamazight ⴷⵣⴰⵢⵔ (...Lire la suite

L'Algérie (/al.ʒe.ʁi/  ; arabe : الجزائر (al-Jazā'ir), ; et arabe algérien : دزاير (Dzayer) ou الجزاير (Djazaïr) ; en tamazight ⴷⵣⴰⵢⵔ (Dzayer)) est un pays d’Afrique du Nord faisant partie du Maghreb. Depuis 1962, elle est nommée en forme longue République algérienne démocratique et populaire, abrégée en RADP (en arabe الجمهورية الجزائرية الديمقراطية الشعبية ; en tamazight : ⵜⴰⴳⴷⵓⴷⴰ ⵜⴰⵎⴳⴷⴰⵢⵜ ⵜⴰⵖⵔⴼⴰⵏⵜ ⵜⴰⴷⵣⴰⵢⵔⵉⵜ (Tagduda tamegdayt taɣerfant tazzayrit). Sa capitale est Alger, la ville la plus peuplée du pays, dans le Nord, sur la côte méditerranéenne.

Au , la population algérienne résidente avait atteint 44,6 millions d’habitants. Avec une superficie de 2 381 741 km2, c'est à la fois le plus grand pays d'Afrique, du monde arabe et du bassin méditerranéen. Il partage plus de 6 385 km de frontières terrestres, avec la Tunisie au nord-est, la Libye à l'est, le Niger au sud-est, le Mali au sud-ouest, la Mauritanie et le Sahara occidental à l'ouest, et enfin le Maroc au nord-ouest.

Des sites archéologiques ont révélé des traces d’hominidés datant de près de deux millions d’années. Dans l'Antiquité, le territoire algérien connaît la formation des royaumes numides avant de passer sous la domination partielle des Romains, des Vandales, des Byzantins et des principautés berbères indépendantes. Le VIIe siècle marque le début de l'islamisation puis l'arabisation partielle de la population. Le Maghreb central connaît alors plusieurs dynasties locales : Rostémides, Fatimides,, Zirides, Hammadides, Zianides, et des périodes d'intégration dans des groupements impériaux plus larges. L'Algérie contemporaine commence à se constituer territorialement au début de la Régence d'Alger, soit au XVIe siècle. À partir de 1830, prenant prétexte de la détérioration de ses relations avec le dey d’Alger, le gouvernement de Charles X, désireux de consolider l’autorité royale et l’image de la France à l’étranger, entreprend la conquête, violente, méthodique et poursuivie de l’ensemble du territoire algérien jusqu'à aboutir sous la Deuxième République, en 1848, à la mise en place de trois départements français. Après plus d'un siècle de colonisation française, à l'issue d'une guerre d'indépendance longue et meurtrière et à la suite du référendum d'autodétermination du , l'Algérie proclame son indépendance le .

L'Algérie est membre de l'Organisation des Nations unies (ONU), de l’Union africaine (UA), du Mouvement des non-alignés et de la Ligue arabe pratiquement depuis son indépendance, en 1962. Elle a en outre intégré l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) en 1969 et figure parmi les membres-fondateurs de l'Organisation de la coopération islamique la même année. En février 1989, l'Algérie a pris part, avec les autres États maghrébins, à la création de l'organisation de l'Union du Maghreb arabe (UMA). Le pays a également rejoint l'Union pour la Méditerranée en 2008.

La Constitution algérienne définit « l'islam, l'arabité et l’amazighité » comme « composantes fondamentales » de l'identité du peuple algérien et le pays comme « terre d'Islam, partie intégrante du Maghreb, pays arabe, méditerranéen et africain ». Depuis 2011, l'Algérie est selon le PNUD le pays le plus développé d'Afrique continentale.

Plus à propos Algérie

Informations de base
  • Devise Dinar algérien
  • Nom natif الجزائر
  • Indicatif d'appel +213
  • Domaine Internet .dz
  • Mains voltage 230V/50Hz
  • Democracy index 3.77
Population, Area & Driving side
  • Population 43900000
  • Zone 2381741
  • Côté conduite right
Historique
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    Mausolée de Massinissa.
     
    Le Medracen, à Batna, l'un des plus anciens monuments d'Algérie (300 av. J.-C.) ; il porte le nom de Medghis, l'un des deux fils de Mazigh, ancêtre des Berbères.

    L’Algérie, en raison de sa tradition de terre d’accueil et les multiples civilisations qui l’ont traversée, a hérité d’une histoire très riche qui s’exprime par des vestiges d’époques variées. C’est ainsi que l'Afrique, la Méditerranée, l’Europe et l’Orient marquèrent de leurs influences spécifiques le cheminement historique de l’Algérie.

    Les premiers vestiges archéologiques notables sont d’âge préhistorique et remontent à l'époque néolithique, comme ceux du parc national du Tassili que l'on considère comme le musée à ciel ouvert le plus étendu au monde. Plus tard, les Berbères construisirent plusieurs sites comme Medracen, Mausolée royal de Maurétanie, Mausolée de Béni Rehnane à Siga dans la Wilaya d'Aïn Témouchent, ou encore le site de Sauma (El Khroub) près de Cirta qui se trouve dans la ville de Constantine. De plus, plusieurs tumuli, dolmens, grottes, tombeaux (Djeddar à Frenda), etc., attestent les pratiques funéraires berbères[1].

    L’époque romaine a laissé un nombre impressionnant de vestiges, dont les plus importants se trouvent à Tipaza, Timgad, Lambèse, N'Gaous, Zana, Calama, M'daourouch, Thagaste, Cherchell, Tamentfoust, Djemila, Tiddis, Tigzirt, Dellys, Hippone, Tébessa. De plus, Apulée ou saint Augustin ont été des penseurs de renom[2].

     
    Représentation du penseur et écrivain Apulée de M'daourouch.
     
    La Numidie historique, à côté de Rome, Carthage et l'Égypte en 200 av J.-C.

    L'influence de la religion en Algérie a bouleversé la région maghrebine pendant l'Antiquité et au Moyen Âge. Plusieurs villes importantes en Algérie comme Hippone, Baghaï, Tobna, M'Sila, Tlemcen, Béjaïa, Alger, etc., se sont développées. Plusieurs dynasties également se sont succédé, à travers le temps, pour prendre le pouvoir dans les diverses régions de l'Algérie.

    Enfin, l'Algérie fut prise par les Ottomans en 1515, ensuite par les Français en 1830. L'Algérie recouvre son indépendance en 1962.

    « Les monuments historiques ont été bien préservés malgré tout le long de l'histoire algérienne, mais dès l'arrivée des Français, la dégradation fut désastreuse. Plusieurs décrets ont fait que des prisons ou des villes aient été construites sur d'anciennes villes romaines, à l'exemple de Lambèse »[3]. « Lors de l'indépendance, la même politique est menée, ce qui fait que plusieurs sites sont pillés, délaissés, abandonnés et même détruits à l'exemple des villes de Zianides, Tlemcen[4]. »

    Préhistoire
    Carte du Magheb qui montre l'aire de d'origine de la culture caspienne sur les rives de la Méditerranée à travers les pays actuels Maroc, Algérie et Tunisie. 
    Localisation du noyau à l’origine de la culture capsienne.
    Photo en couleurs d'une gravure d’une femme peinte en ocre sur fond jaune. 
    Gravure rupestre du Tassili datée de 4000 av. J.-C.

    Des sites archéologiques ont livré des vestiges d’hominidés datés par archéomagnétisme de près de deux millions d’années. Le site d'Aïn Hanech (« la source du serpent »), près d'El Eulma, dans la wilaya de Sétif, a livré les industries les plus anciennes[5],[6],[7]. Les chercheurs ont aussi décelé la présence d'Homo habilis et d'Homo erectus (appelé auparavant Atlanthrope), dès l'Acheuléen, à Mostaganem (site Errayah)[8], à Tighennif[9],[10], à Tabelbala-Tachenghit[11], à N'Gaous[12].

    Au Paléolithique moyen, les industries lithiques atériennes sont caractérisées par la présence de pièces à pédoncule. L'évolution des formes humaines depuis l'Homo erectus a abouti à l'apparition de l'Homo sapiens de type archaïque, ancêtre de la forme humaine actuelle.

    Le Paléolithique se termine avec l’Ibéromaurusien, connu en particulier à la suite des fouilles menées dans la grotte d’Afalou, en Kabylie, qui ont révélé l'existence à cette période (il y a 20 000 ans à 10 000 ans environ) d'un art mobilier (petites statuettes zoomorphes) et d'enterrement.

    Les derniers chasseurs-cueilleurs sont représentés dans le Nord-Est de l'Algérie par les Capsiens, attestés jusqu'à il y a 8 000 ans. Les modalités de passage à l'économie de production (et donc au Néolithique) sont très mal connues dans le Nord.

    Dans le Sud, au Sahara, le Néolithique est une période florissante en raison d'un climat globalement plus humide que l'actuel et donc d'une flore et d'une faune beaucoup plus riches. Les êtres humains de cette période ont gravé et peint les parois de leurs abris. La chronologie exacte de cet art est très discutée et notamment la date de son apparition (il n'existe pas de moyen de le dater directement). Certains chercheurs pensent qu'il est apparu dès la fin du Pléniglaciaire, au Paléolithique, tandis que d'autres ne le pensent pas antérieur au Néolithique.

    Les Aurès comprennent plusieurs sites datant de l'ère préhistorique à la période protohistorique[13]. Plusieurs recherches anthropologiques ont été entreprises dans les régions des Aurès, puisque de nombreuses grottes troglodytes étaient habitées par des Hommes à Maafa, Takarbourst dans les Aurès[14] et Ghoufi[15].

    Protohistoire Antiquité
     
    Extension du territoire carthaginois avant la Première guerre punique vers 264 av. J.-C.

    Les Berbères, formés de plusieurs confédérations dont les Gétules, les Garamantes et les Libyens, dispersées dans le vaste territoire de l'actuelle Algérie, vont nouer des relations culturelles avec les Phéniciens, l'Égypte antique, la Grèce antique et l'empire romain. Le monument Medracen datant de 300 av. J-C en témoigne[16]. Il appartiendrait donc à la riche archéologie méditerranéenne de l'époque hellénistique, se manifestant par un goût archaïsant mais aussi une très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne[17]. Sous les Phéniciens, plusieurs ports sont construits dont Icosium, Iol, Ténès.

    Le royaume de Numidie
       
    De gauche à droite, l'arc de Trajan à l'extrémité du decumanus de la ville antique de Timgad, et les ruines romaines à Tipaza.

    Les États indépendants de la Numidie commencent avec l'émergence des deux confédérations massyles et massæsyles[18]. La première est à l’origine de la Numidie Orientale, la seconde de l’Occidentale. Ces deux tribus s'affrontèrent durant la deuxième guerre punique, où Massinissa, chef des Massyles, contribua de façon décisive à la victoire de l'Empire romain sur Carthage. Durant le règne de Massinissa, il parvint à unifier la Numidie, qui s'étendit alors du fleuve Moulouya à l'ouest jusqu'à la Cyrénaïque à l'est[19].

     
    La Numidie des Massyles et des Massaesyles avant leur unification par le roi Massinissa.

    Après la mort de Massinissa, une crise de succession, vue d'un bon œil par Rome, provoqua des troubles en Numidie[20]. Rome, qui ne voit pas d'un bon œil la reconstitution d'un État puissant, reconnait la constitution de deux Numidie occidentale et orientale. Après l'exécution de Jugurtha, trahi par son beau-père, le roi Bocchus Ier de Maurétanie[21] en 104 av. J.-C., la Numidie est partagée : sa partie occidentale est attribuée à Bocchus, roi de Maurétanie, le reste étant laissé sous l'autorité d'un roi vassal de Rome. En 25 av. J.-C., Juba II reçoit le trône de Maurétanie, et la Numidie est partagée entre la Maurétanie et la province d'Afrique.

    Domination romaine, Christianisme et les Vandales

    Par la suite, les Romains pénètrent dans l'actuelle Algérie. L'agriculture se développe grâce à la plantation de plusieurs milliers d'oliviers pour faire de l'huile d'olive en Algérie. La civilisation romano-africaine est à son apogée ; plusieurs grandes villes sont construites au Nord, comme Lambèse et Timgad. Des mariages mixtes entre Romains et Berbères naturalisés sont célébrés dans les grandes villes. La pratique des cultes berbères est représentée dans les fresques romaines. De même, les jeux romains sont source de distraction pour la plupart des berbères et les bains publics sont un luxe accessible à tous. À Timgad, on dénombrait vingt-sept bains. Il n'y avait pas de remparts autour des villes. Les arts sont développés par les artisans berbères comme la céramique et la poterie. Plusieurs amphithéâtres sont construits. Le théâtre de Timgad pouvait contenir quatre mille personnes de l'Aurès. Après la crise de Rome, les chrétiens sont au pouvoir. Les Vandales puis les Byzantins prendront le pouvoir d'une partie de l'Algérie à la fin.

     
    Invasion des Vandales.
     
    Basilique Saint-Augustin à Annaba dédiée à saint Augustin évêque de la ville de 396 jusqu'à sa mort en 430[22].

    Le christianisme fait son entrée en l'an 256. Durant le siècle suivant, dans une atmosphère de déclin grandissant, les populations des villes côtières algériennes et tunisiennes, ainsi qu'une minorité de la population des campagnes se convertissent à la nouvelle religion. En 313, avec les crises politiques et économiques romaines qui s'éternisent, la nouvelle religion devient l'alibi d'une nouvelle révolte qui sera encore une fois amazigh. En effet, le culte donatiste se développa en Algérie à Baghaï[23] dans les Aurès et en Tunisie comme un défi politique à Rome. Les donatistes, refusant d'accepter l'autorité religieuse de l'Empereur, exigent la séparation de l'État et de la religion. Ainsi ils finiront par déclarer que l'Empereur représente le diable. Ils rejetèrent aussi le rite catholique. L'Empereur envoie ses troupes pour les réduire. La répression ne fit qu'accroître le soutien populaire aux donatistes.

    Vers l'an 340, l'idéologie donatiste donne naissance à une secte populaire, celle des circoncellions. Alors qu'en l'an 395 l'Empire romain fait face à de sérieux problèmes internes, qui réduisent le contrôle qu'exerçait Rome sur l'Afrique du Nord, les donatistes saisissent cette conjoncture favorable pour tenter de dominer la scène politique et religieuse. Finalement, excédé, l'Empereur les déclare hérétiques en 409. Il envoie plusieurs légions pour les réprimer. Les donatistes disparurent presque complètement de la scène religieuse. Quelques années plus tard, en 430, c'est tout l'Empire romain qui se retire de l'Algérie sous la pression des Vandales. Une partie de l'Algérie suivit le mouvement arien, l'arianisme était bien implanté par les Vandales[24].

    Byzantins et royaumes romano-berbères
     
    Ruines du mur byzantin de Tébessa, l'un des nombreux sites restaurés et fortifiés par Solomon.

    Solomon fut nommé en 534 par Justinien comme gouverneur de l'Afrique, tout juste reconquise par le général Bélisaire sur les Vandales de Gélimer. Il est remplacé deux ans plus tard (en 536), avant de retrouver son poste en 539. Il doit faire face aux rebelles berbères, notamment ceux du chef Antalas. Il est toutefois battu par ces derniers dans une bataille près de la cité de Tébessa en 544, trouvant la mort au combat. Iaudas se révolte à son tour contre l'autorité des Byzantins et se proclame roi des Aurès, mais après quelques succès, il est finalement vaincu par Jean Troglita en 548[25].

    Mais deux chefs berbères des Aurès, Ifisdias et Cutzinas, sont également remarquables dans leur lutte contre les Byzantins, pendant le commandement de Jean Troglita, lorsque ce dernier veut attaquer les Berbères du Sud après que les Aurès et le Zab sont dominés par les Byzantins grâce à Solomon. En revanche Mastigas, roi berbère de la Maurétanie césarienne, après les Vandales, prend en main une partie de cette province, bien que les Byzantins soient arrivés jusqu'à Frenda, car des inscriptions byzantines ont été retrouvées sur place en Algérie.

    En 544, les Byzantins exerceront un pouvoir jusque dans la province de Constantine. Cependant, l'émergence d'insurrection berbère contre les Byzantins provoque l'organisation de plusieurs États puissants dont les Djerawa, les Banou Ifren, les Maghraouas, les Awerbas, et les Zénètes[26].

    À la veille de la conquête musulmane du Maghreb, quelques tribus berbères pratiquaient le judaïsme, selon Ibn Khaldoun, ainsi que le christianisme. Le reste de la population demeure païen comme le cas des Banou Ifren[27].

    Le Maghreb central Islamisation de l’Algérie
     
    La ville de Tlemcen ex-Agadir fut fondée par les Banou Ifren au VIIIe siècle.
     
    Bologhine ibn Ziri, fondateur des trois villes : Alger, Miliana et Médéa.

    La chute de Rome, puis des Vandales, et l’instabilité durant la période byzantine entraine la reconstitution de plusieurs principautés berbères. Certaines, notamment dans les Aurès, vont résister à l’arrivée des musulmans entre 665 et 708.

    De 644 à 656, la première tribu berbère algérienne à se convertir à l'islam fut les Maghraoua. Leur chef Ouezmar Ibn Saclab fut, selon l'historien du Moyen Âge Ibn Khaldoun, sollicité par le calife Othmân ibn Affân à embrasser la religion musulmane. Les Maghraouas se convertissent à la nouvelle religion lors du retour de leur chef. En 665, les Omeyyades lancent leur première attaque sur le Maghreb. C’est en 683 que Oqba Ibn Nafi al-Fihri entreprend la conquête. Si la résistance des Byzantins les arrête peu, il en va différemment de celle des Berbères. Par contre, les Maghraoua islamisés s'allient aux Omeyades dès le début.

    L'unité politique et administrative de la Berbérie orientale et centrale, l'Aurès, était en grande partie réalisée par Koceïla, allié des Omeyades. Le conflit entre Koceïla et Oqba Ibn Nafi al-Fihri amène une autre guerre. Et au décès de Koceïla en 688, Dihya, dite la Kahina, prend la tête de la résistance berbère.

    De 688 à 708, Dihya procéda ainsi à la réunification de nombreuses tribus berbères de l'Afrique du Nord orientale et du Sud. Dihya défait par deux fois la grande armée arabe des Omeyyades grâce à l'apport des cavaliers Banou Ifren et des autres confédérations. Elle règnera sur tout l'Ifriqiya pendant cinq années. Dihya sera vaincue dans la dernière bataille contre les Omeyyades. Hassan Ibn en Nu'man des Omeyyades demande alors aux différentes tribus vaincues alliées à Dihya d'intégrer son armée. Et ensuite, Moussa Ibn Noçaïr nomme son affranchi Tariq ibn Ziyad gouverneur de Tanger et le plaça à la tête de l'armée arabo-berbère du Maghreb islamique.

    En 708, les Omeyyades sont désormais les maîtres de l’Algérie. La période préislamique se termine. L'Algérie s’islamise, tandis que les langues romanes et punique disparaissent. Après la conquête musulmane, les citadins adoptèrent progressivement la langue arabe.

    Dynasties berbères islamiques
     
    Minaret de la Kalâa des Béni Hammad près de M'Sila.
     
    Mosquée Zianide à Tlemcen.
     
    Dynastie Zianide au XVe siècle et ses voisins.

    Vers le VIIIe siècle, les Omeyyades étendront leur empire jusqu'au Maghreb. Il s'ensuit une importante révolte des sufrites berbères sous le commandement d'Abou Qurra. Cette révolte durera presque un siècle, plusieurs groupes ou dynasties kharidjites comme Nekkarites, Ibadites, Rostémides, se rassemblent pour se rebeller contre le pouvoir Abbassides et Omeyyades.

    Ibn Rustom fonde en 761[28] un royaume ibadite dans le nord du Maghreb avec Tahert pour capitale[29]. Celui-ci, comme l'émirat de Cordoue depuis sa création en 756[30], conserve son indépendance du califat des Abbassides, malgré les pressions diplomatiques et militaires ainsi que les pertes de territoires[28]. Par la suite, les Idrissides ainsi que les Soulimanides prennent le pouvoir sur une partie de l'Algérie de l'Ouest. Au IXe siècle, les Aghlabides alliés des Abbassides, prendront le pouvoir sur une partie de l'Algérie.

    Au Xe siècle, le dai ismaélien Ubayd Allah al-Mahdi fonda la dynastie Fatimide, en Basse Kabylie où il trouva un écho favorable à ses prêches millénaristes. Les Fatimides établirent leur autorité en Afrique du Nord entre 909 et 1171 et fondèrent un califat dissident des Abbassides de Bagdad. Leur règne est marqué par de nombreuses révoltes kharijites, notamment celle d’Abu Yazid, en 944, à la tête de tribus berbères Zénètes, qui infligèrent la plus sévère défaite à l’armée Fatimide, affaiblie et rendue vulnérable, en prenant Kairouan. Les Fatimides transfèreront alors leur capitale de Kairouan à Mahdia puis vers l’Égypte. Les Zirides s'allient avec les Fatimides et lancent une attaque contre les Zénètes. Mais, les Omeyades les repoussent, ainsi les Zénètes regagnent leurs territoires. Les Hammadides fondent une dynastie après une divergence entre les souverains Zirides. Ainsi, la révolte kharidjite fut vaincue par Ziri ibn Menad, à la tête de tribus Sanhadjas, qui en sauvant l’empire reçut le poste de gouverneur du Maghreb central. Ainsi en 972, lorsque les Fatimides, après l’annexion égyptienne, eurent moins d’intérêt pour le Maghreb, c’est son fils, Bologhine ibn Ziri, qui hérita du contrôle de l’Ifriqiya. Les Zirides y règneront pendant environ deux siècles.

    Hammad ibn Bologhine, le fils de Bologhine, gouvernera indépendamment des Zirides. Son État comprend la ville de Béjaïa (sa capitale) et le Nord-Est de l’actuelle Algérie. À partir de 1014, les Hammadides reconnaissent comme califes légitimes les Abbassides sunnites de Bagdad, ils fondent ainsi la dynastie des Hammadides. Les Zirides reconnaîtront, à leur tour, en 1046, les califes Abbassides, montrant ouvertement aux Fatimides leur abandon du chiisme. Alors que les Ifrenides et les Maghraouas gouverneront dans l'Ouest algérien et sur une partie du sud d'Algérie et au Maroc actuel. Ces derniers rejettent l'autorité des Fatimides et des Omeyyades à la fois, selon l'historien Ibn Khaldoun.

    C’est à partir de 1048, dans certaines régions du Sud, que des tribus arabes, principalement les Banû Hilâl et les Banu Sulaym, immigrent en Afrique du Nord. Ces « terribles bédouins » hilaliens furent envoyés par le pouvoir fatimide afin de réprimer les Zirides et les Hammadides.

    Pour l’Algérie, leur nombre ne dépassant pas quelques dizaines de milliers de personnes, l’immigration arabe en Afrique du Nord fut peu importante, sauf dans deux régions extérieures à l’Algérie, celles de Kairouan et de Tanger. Si bien qu’au total, le peuplement de l’Algérie n’a reçu qu’une contribution démographique arabe limitée, et qu’une grande partie des populations arabophones est berbère. L’Algérie est alors, sur une petite partie à l’ouest, sous le contrôle des Almoravides, après avoir évincé les Banou Ifren et les Maghraouas. Les Hammadides sont au centre et seront chassés partiellement du sud par les Hilaliens. Les Zirides restent en Ifriqiya et sont cernés par les Hilaliens au sud.

    En 1152, toutes les forces locales sont définitivement vaincues par une nouvelle dynastie berbère, les Almohades, dirigés par Abdelmoumen Ibn Ali et dont le chef spirituel est Ibn Toumert. Les Almohades formeront un des plus puissants empires méditerranéens, unifiant le Maghreb et le pays d’Al-Andalus jusqu’en 1269. Avec les grandes villes du littoral, à l'exemple de Béjaïa, d'Annaba et d'Alger, le Maghreb central s'ouvre à l'Occident chrétien en entretenant un commerce actif, apportant notamment les fameux chevaux barbes, de la cire[Note 1] ou encore du cuir de qualité.

    La chute des Almohades marque un tournant dans les relations avec les puissances chrétiennes du nord, qui s'organisent pour la Reconquista alors que le mythe de l'invincibilité musulmane prend fin. Au Maghreb, des dynasties Zénètes s'imposent, comme les Mérinides de Fès dans le Maghreb occidental, les Abdelwadides de Tlemcen du Maghreb central. Les Hafsides s'imposent au Maghreb oriental. Ces dynasties, qui rayonnent sur l'Afrique du Nord d'abord entre le XIIIe et le XIVe siècle, subissent de plus en plus, vers la fin du XVe siècle, la pression de l'essor des puissances espagnole et portugaise, ce qui, conjugué aux luttes intestines pour l'accès au trône, conduit alors à des reculs successifs de leur pouvoir et à l'émiettement de leur empire.

    Plusieurs juifs de l'Andalousie sont envoyés vers l'Algérie en 1492. Dans cet état de fait, la dynastie Zianides résiste fortement jusqu'à l'attaque décisive des Ottomans. Ces derniers prennent la ville de Tlemcen en 1554[31].

    Effet de la Reconquista
     
    Débarquement des Morisques au port d'Oran (1613, Vicente Mestre), Fundación Bancaja de Valencia.

    Les Rois catholiques vont achever la Reconquista en 1492, à la suite de quoi, les Juifs seront refoulés vers l'Afrique du Nord. L'arrivée des Andalous et des Mudéjars coïncidera. Après 1502, tous les musulmans qui arriveront en Algérie seront appelés Morisques (des Andalous et des Mudéjars). Ces derniers seront définitivement expulsés de la péninsule Ibérique entre 1609 et 1614 sous Philippe III d'Espagne, à la suite du décret d'expulsion des Morisques d'Espagne[32].

    Ainsi, des milliers de familles d'Espagne s'exilent en Algérie, ils viennent en masse dans les villes du nord du pays, dont Oran, Tlemcen, Nedroma, Blida, Alger, Mostaganem, Cherchell, Annaba, Béjaïa[33]. Ces grandes familles, qui ont fait tout ce qu'elles pouvaient pour rester dans leur pays d'origine, sont forcées à vivre dans une terre qui leur est tout à fait inconnue. Leur apport sera très important dans la société, la culture sera en premier plan, ainsi que la construction des villes et l'économie. Ces familles vont changer pour beaucoup le décor de la scène sociale de l'époque[34].

    Époque moderne Présides espagnols au XVIe siècle
     
    Fort de Santa Cruz à Oran.
     
    Khayr ad-Din Barberousse, gouverneur général de la régence d'Alger.

    À l'ouest, au mois de juillet 1501, les Portugais lancent une expédition pour tenter d'accoster sur la plage des Andalouses. Il faudra attendre le débarquement de Mers el-Kébir, en 1505, pour voir l'Espagne s'engager dans la première expédition organisée contre Oran. La prise de la ville par l'armée du cardinal Francisco Jiménez de Cisneros, commandée par Pedro Navarro, eut lieu le 17 mai 1509. Après l’occupation du port de Mers el-Kébir (1505), et celui de la ville d’Oran (1509), la ville fut désertée, puis totalement occupée par les troupes espagnoles. Dès 1509, le Cardinal Ximenes entreprit la construction, sur les ruines de la mosquée Ibn El Beitar, de l'église Saint-Louis, qui domine la vieille ville des deux côtés. En 1554, le gouverneur comte d'Alcaudete fit alliance avec le sultan marocain Mohammed ech-Cheikh contre les Ottomans alors installés à Alger, et parvint à maintenir encore la présence espagnole. Les Espagnols font ainsi d’Oran une place forte. Les juifs furent expulsés hors d’Oran par les Espagnols en 1669[35]. Sous le roi d’Espagne, Carlos III, ce dernier et les partisans de la conservation de la ville s’affrontent. Entre 1780 et 1783, le ministre Floridablanca proposa à l’Angleterre d’échanger Oran contre Gibraltar.

    Au centre, en 1510, Ferdinand le Catholique attaque la ville d'Alger. Les Espagnols l'assiégèrent et bâtissent sur un îlot de la baie d'Alger une forteresse, le Peñón d'Alger, destinée à bombarder la ville et à empêcher son approvisionnement. Salem ben Toumi chef des Beni Mezghenna demande l'aide des Turcs[36].

    Au nord-est, Pedro Navarro prend Béjaïa en 1510[37] et jusqu'en 1555. Il y arrive le 5 janvier 1510 avec 5 000 hommes et attaque la ville. Abderrahmane oppose 10 000 soldats, qu'il lance immédiatement contre les Espagnols en cours de débarquement. L'assaut est repoussé grâce notamment à l'artillerie de marine. Mais la riposte espagnole commence immédiatement, avec des bombardements maritimes et terrestres. L'essentiel de la bataille se déroule dans la ville. À la fin, Abderrahmane réussit à prendre la fuite et il y aura plusieurs morts. La renommée de Navarro et le récit de ses exploits militaires incitent les rois d'Alger, de Tunis et de Tlemcen à prêter hommage au roi d'Espagne et à libérer tous leurs prisonniers chrétiens. Cependant en 1514, grâce à une attaque combinée des Kabyles menée par Sidi Ahmed ou el Kadhi, à la tête de 20 000 hommes et des Turcs par la mer, la ville de Béjaïa sera temporairement libérée de la présence espagnole. Les Espagnols en seront ensuite définitivement expulsés en 1555 par les Ottomans, dirigés par Salah Raïs pacha.

    Régence d'Alger
     
    Mosquée Ketchaoua, reconstruite en 1794 sous le gouvernement de Hasan Pacha. Ici après sa conversion en cathédrale par la France. 1899.

    Cherchant à contrôler leur espace maritime après la Reconquista, les Portugais partent en expédition en Afrique du Nord occidentale au début du XVe siècle (prise de Ceuta en 1415), suivis des Espagnols qui occupent au début du XVIe siècle des ports méditerranéens (Mers el-Kébir, Oran, Béjaïa). L'Espagne décide d'assiéger le port d'Alger, et s'empare de l'îlot du Peñon à l'entrée du port, qu'elle fortifie. Les Algérois font alors appel aux corsaires ottomans. Les frères Barberousse, forts de plusieurs succès dans la navigation, parviennent en 1518, après plusieurs échecs, à chasser les Espagnols d'Alger — en partie avec l'appui des tribus kabyles — et à étendre progressivement leur état sur le reste du pays (Cherchell, Ténès, Tlemcen).

    En 1556, les Ottomans attaquent les Zianides et prennent Tlemcen[38]. Le frère aîné de Khayr ad-Din Barberousse tue les derniers rois Zianides en les noyant dans l'eau au XVIe siècle[39]. Ensuite, les Espagnols lancèrent depuis leur possession d’Oran une offensive victorieuse contre les troupes de Barberousse à Tlemcen dans laquelle Aroudj perdit la vie.

    C'est dans ce contexte que Khayr ad-Din Barberousse, qui se trouvait à Alger lorsqu'il apprit la mort de son frère, sollicita le soutien du Sultan Soliman le Magnifique et plaça son nouvel État sous la protection de l'empire ottoman, recevant le titre de beylerbey (gouverneur de province) ainsi qu'un contingent de 2 000 janissaires.

    Cet État nouvellement fondé prendra le nom de régence d'Alger. Cette dernière fut successivement gouvernée par des beylerbeys de 1518 à 1587, des pachas de 1587 à 1659, des aghas de 1659 à 1671 et des deys de 1671 à 1830. En 1609, les musulmans d'Andalousie sont envoyés vers les côtes algériennes. La régence d’Alger a une large indépendance vis-à-vis du Sultan Ottoman. La région d'Alger, appelée Dar Es-Soltane, était placée sous autorité directe du chef de la Régence. Le reste du pays était divisé en 3 provinces nommées « beyliks » administrées chacune de manière autonome par un bey nommé par le Dey d'Alger. On distinguait : le Beylik de l'Ouest (capitale basée à Mazouna, Mascara puis déplacée à Oran après le départ des Espagnols) ; le Beylik du Titteri au centre (capitale basée à Médéa) et le Beylik de l'Est (capitale basée à Constantine), le plus puissant des trois. Chaque Beylic était divisé en outan (cantons) avec à sa tête un caïd, relevant directement du bey. Pour administrer l'intérieur du pays, les Turcs s'appuyaient sur les tribus Makhzen. Ces tribus étaient chargées d'assurer l'ordre et de lever l’impôt sur les régions tributaires du pays[40]. C'est par ce système que durant trois siècles l'État ottoman d'Alger étendit son autorité sur le Nord de l'Algérie actuelle. Mais dans les faits, plusieurs régions du pays bravaient de manière régulière l’autorité des beys.

    La fortune de l'État et de la ville d'Alger était essentiellement fondée sur les profits de la guerre de course, et les relations extérieures de la régence d'Alger en étaient tendues et complexes, notamment avec la Grande-Bretagne, les États-Unis, la France, l'Espagne[41]. Il s'ensuivit alors plusieurs défaites de la régence d'Alger face aux autres nations dans des batailles navales. En 1815, Raïs Hamidou rencontra une puissante escadre américaine qui venait demander raison au dey Omar ; au début des combats au large du cap Gata, un boulet le tua. Toutefois, dès le début du XVIIIe siècle, la course connaît un grand déclin et le pouvoir trouve dans le commerce extérieur qui se développait une nouvelle source de revenu[42]. Face à l'extinction des revenus de la course, l'administration du Beylik exerce une pression fiscale sur les tribus. Le mécontentement mène à des mouvements insurrectionnels inédits, qui seraient notamment encadrés par des confréries maraboutiques[43].

    Sultanats et révoltes
     
    Carte de la Régence d'Alger, du royaume des Beni Abbès et du royaume de Koukou au XVIIIe siècle, avec la route Alger-Constantine.
     
    Palais délabré des Ben Djellab à Touggourt.

    En Kabylie, le contrôle territorial direct des gouverneurs d’Alger était limité aux grands centres urbains de la région (Tizi Ouzou, Bouira, Boghni), dans lesquels ils édifièrent des borjs (forts) et y stationnaient en permanence un nombre limité de troupes. L’administration de l'arrière-pays se faisait donc indirectement par le biais d’alliés, personnages ou tribus[44]. Cependant, deux royaumes tribaux s'opposèrent régulièrement aux Ottomans : ceux de Koukou allié aux Espagnols[45] et des Aït Abbas. Dans la Haute Kabylie, le Royaume de Koukou est fondé au XVIe siècle par Sidi Ahmed ou el Kadhi. Ce dernier, d'abord allié aux Ottomans notamment lors de la résistance face aux Espagnols, deviendra ensuite un rival pour le contrôle du nord de l'Algérie. En 1520, Khayr ad-Din Barberousse décide de mener une expédition contre Sidi Ahmed ou el Kadhi. La bataille aura lieu dans la plaine des Issers. La victoire des Kabyles sera sans équivoque et c’est avec beaucoup de chance que Khayr ad-Din Barberousse aura la vie sauve en ayant pris la fuite au bon moment. Victorieux, Sidi Ahmed ou el Kadhi s’empare d’Alger et règnera sans difficulté jusqu’en 1527, date à laquelle Khayr ad-Din Barberousse le défait et rétablit son autorité à Alger avec l'aide Abd-el-Aziz, chef kabyle des Aït Abbas et rival de Sidi Ahmed ou el Kadhi. Le royaume de Koukou perdurera plus de deux siècles, jusqu'à son extinction vers 1750[46].

    En Petite Kabylie, le royaume des Beni Abbès entre lui aussi souvent en guerre contre la régence d'Alger. En 1823, ils entrèrent en guerre contre l'autorité de la Régence et coupèrent les voies de communication entre Alger et Constantine. Ce n'est qu'après plusieurs mois de combats que l'agha Yahia put négocier la soumission des tribus révoltées[47]. Le royaume de Aït Abbas survivra à l'époque ottomane et ne tombera qu'en 1871 lors de la conquête française. Les beys connurent d'énormes difficultés à gouverner et à faire rentrer les impôts, certains d'entre eux qui osèrent pénétrer dans les massifs montagneux ou à travers le désert y laissèrent la vie[48]. Pour relier Alger et Constantine, la régence d'Alger dut aussi payer un droit de passage nommé l'Ouadia pour emprunter la route des « Portes de Fer » (localement nommées en arabe (El'Biban ou en tamazight Tiggoura) ; un défilé montagneux de la chaîne des Bibans en Kabylie, alors fief du royaume des Beni Abbès et des Mokrani.

    Dans les Aurès, plusieurs tribus s'unirent et déclenchèrent des luttes contre les Ottomans. Cependant, plusieurs conflits internes entre fractions Chaouis enflammèrent les zones montagneuses des Aurès. Les Ouled Daoud ainsi que plusieurs tribus empêchèrent les Ottomans de pénétrer dans leurs territoires[49]. Saleh Bey tenta sans y parvenir de les soumettre en dirigeant contre eux une expédition[49]. En somme, la grande union des Chabias se divisa, provoquant l'indépendance de plusieurs tribus à l'égard des Ottomans aux XVIIe et XVIIIe siècles[50].

    Dans la partie méridionale de l'Algérie entre 1515 et 1830, les Ottomans n'étaient pas en mesure d'étendre leur autorité aux régions sahariennes du pays. La chute des Zianides ouvre la voie aux conquêtes sahariennes des Saadiens soucieux de contrôler les axes transsahariens laissés vacants[51]. La régence ne peut s'engager dans des expéditions sahariennes lointaines, il est cependant fait mention de l'envoi d'une troupe d'Alger dans le Gourara vers 1560 et la fin du XVIe siècle à la demande des ksouriens face aux rezzous venus du Tafilalt[52]. Le Gourara et le Touat sont alors soumis à une tentation de repli local et sont indépendants de fait[53]. Le Sahara était l'axe principal aux échanges commerciaux entre l'Afrique noire et le Nord. La relation entre les Saadiens et les Ottomans se dégradait. Cela conduisit Ahmad al Mansour Addahbi, le sultan saadien de Marrakech, à contrôler le Gourara et le Touat[54]. Ensuite, Mulay M'hammed, sultan alaouite de Fés, prit le pays du Gourara avec l'aide des tribus locales. À l'arrivée du pouvoir des Alaouites, ces derniers délaissèrent les régions du Gourara et du Touat. Les émirs locaux prirent alors en charge la gouvernance de leurs territoires. L'impôt était prélevé par les caïds envoyés par les Alaouites, et celui qui ne payait pas était emmené comme esclave vers Fés[54]. Les chroniques du Touat ne font que mentionner ces expéditions punitives menées par les caïds venus du « gharb » (ouest)[55]. Selon Kouzmine et al.[réf. nécessaire], la zone au sud du beylik d'Oran et du mont des Ksour se trouve ainsi dans une zone d'influence partagée entre la régence d'Alger et les dynasties chérifiennes. Pendant que les troupes algériennes étaient occupées dans l'est et l'ouest de la Régence, le sultan alaouite Mouley Solimân faisait la conquête de Figuig en 1805 et celle du Gourara et du Touat en 1808[56]. Selon les géographes français du XIXe siècle, le Touat payait impôt auprès du dey d'Alger avant 1830[57]. Le commerce entre le Touat et Alger avait été très actif, mais en net déclin depuis la prise d'Alger par les troupes françaises[58]. En 1857, les délégations du Touat et du Tidikelt se présentent aux autorités françaises. Pour éviter la conquête ils demandent le protectorat de la France et en lui payant l'impôt comme autrefois au dey[59].

    À Ouargla, les habitants étaient gouvernés par l'autorité des Zaouïas[54]. Les mouvements des Marabouts étaient fort implantés dans toutes les régions du Sud et dans une partie des Aurès. En revanche, le Mzab conserva la pratique du dogme ibadite. Le sultanat de Touggourt prit son indépendance en 1414. À la constitution du Beylic de Constantine, Touggourt devient rapidement tributaire de celui-ci. Les refus récurrents des sultans de Touggourt de s'acquitter du tribut imposé par les Turcs provoquèrent de nombreuses expéditions des autorités de la Régence à leur encontre. Enfin dans l'extrême sud, une confédération targuie, les Kel Ahaggar, fut formée dans le Sahara algérien vers l'année 1750.

    Époque contemporaine Colonisation française
     
    Bataille de Somah en 1838 (Horace Vernet).
     
    Prise de Constantine par les troupes françaises.
    Raison de la conquête

    Initialement, les relations entre la France et la régence d'Alger étaient bonnes, puisqu'on peut lire en juin 1793[60] que « tandis que l'Europe se coalise contre la France libre, une puissance africaine (Alger) plus loyale et fidèle reconnaît la république et lui jure amitié ». De plus il y avait aussi le Bastion de France qui exploitait le corail à El Kala.

    Tableau représentant un pacha turc assis sur son trône qui brandit un éventail vers un homme habillé de façon européenne, la scène se situe dans un palais de style oriental. 
    L'Affaire de l'éventail entre le Dey Hussein et le consul français Pierre Deval est le casus belli qui provoqua le blocus maritime d'Alger par la marine royale française en 1827.

    En 1794, la France révolutionnaire est attaquée par les puissances européennes coalisées, et éprouve des difficultés à nourrir sa population et ses soldats. Le dey d’Alger Hussein offre alors à la Convention toutes facilités pour faire ses achats de blé, consentant aussi par la suite sous le Directoire un prêt d’argent sans intérêts. Une fois la guerre terminée, les régimes qui se succèdent n’honorent pas la dette et, quand la France redevient royaliste, la dette est revue à la baisse. Elle est pourtant payée, mais seulement à Paris, à la Caisse des Dépôts et Consignations. Cependant, un nombre important de créanciers vrais ou supposés, des commerçants livournais qui avaient servi d’intermédiaires se manifestent alors. Ainsi, sous couvert de satisfaire leurs réclamations, on avait « rendu légale sa spoliation »[61]. Le dey est donc en froid avec le consul de France, car il comprend qu’il ne récupérera pas son argent et que les livraisons de blé ne lui seront jamais payées.

    En 1827, le dey d’Alger découvre que la France avait fortifié, à l’extrémité de la Régence à la Calle, un entrepôt dont elle avait la concession pour faire du commerce, et qu’elle s'était engagée à ne pas fortifier[61]. N’obtenant pas d’explications de la part du gouvernement français, le 30 avril 1827, le dey décide d'en référer verbalement au consul de France. Le consul ignorant ouvertement sa demande, le dey s’emporta alors, l'injuria, et finalement donna au « représentant de la France » un coup de son éventail. Si l’on s’en réfère à Robert Louzon, militant anticolonialiste engagé, c’est donc bien l’affaire des fortifications de La Calle et non simplement la dette restée impayée qui était à l’origine de la colère du dey d’Alger[62],[63]. Le gouvernement de la Restauration et Charles X, soucieux de redorer l’image de la France à l’étranger et de renforcer l’autorité royale en France, trouvèrent alors dans cet incident — un outrage à la France par le biais de son « représentant », le consul — un prétexte pour intervenir militairement[64].

    Conquête

    La conquête de l’Algérie fut très violente et longue. Elle se traduisit par la disparition du tiers de la population algérienne entre 1830 et 1850. Les méthodes sont perverses et conduisent surtout à des décès par famine (destructions de villages, de cultures, arbres arrachés), complétant les connues enfumades, massacres de prisonniers et de civils, razzias. À ce niveau la qualification de crime de guerre ou « meurtres de masse » est à propos[65],[66]. L’armée française conquiert l'Algérie village après village. L'emblématique Armand Jacques Leroy de Saint-Arnaud, exécutant zélé de la politique militaire française, nouvellement promu capitaine depuis 1837, est nommé général de division après l’expédition de Petite Kabylie en 1851[réf. nécessaire].

    En parallèle de ces opérations militaires une politique de colonie de peuplement est mise en place, pratique corollaire courante des conquêtes[67].

     
    Portrait d'Abdelkader ibn Muhieddine peint par Jean-Baptiste-Ange Tissier vers 1852 au château d'Amboise.
     
    Lalla Fatma N’Soumer, figure de la résistance à l’armée coloniale française.

    Entre le 11 et le 18 mai 1830, quelque 37 000 hommes répartis à bord de 675 navires affrétés par l’entreprise Seillière, c’est-à-dire pratiquement toute la marine marchande française de l’époque, embarquèrent pour conquérir la bande côtière de l’ancienne régence, par la suite unifiée sous le nom d’Algérie. Le débarquement eut lieu le 14 juin 1830 à Sidi-Ferruch et, le 5 juillet, les troupes françaises commandées par Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont, général en chef de l'expédition, firent leur entrée dans la forteresse d’Alger, le dey capitula le jour même.

    Mais la France se heurte à l’ouest à l’émir Abdelkader ibn Muhieddine et à l’est aux tribus berbères dont celles de Kabylie menées par Lalla Fatma N’Soumer. La France entame des négociations avec l’émir Abdelkader ibn Muhieddine en 1834 et en 1837, date à laquelle est signé le traité de la Tafna. Mais en 1839, Abd el-Kader déclare la guerre à la France, considérant l’expédition aux « Portes de fer » (dans la chaîne des Bibans en Kabylie) par l’armée française comme une violation de traité. En mai 1843, la smala et le fameux trésor d’Abd el-Kader sont aux mains des Français. Le 10 septembre 1844, le sultan marocain Abderrahmane ben Hicham, battu lors de la bataille d'Isly par le général Bugeaud, signe avec la France le traité de Tanger, qualifiant l'émir de « hors-la-loi »[68]. Un an plus tard, en 1845, le Sultan marocain signera un autre traité avec la France, le traité de Lalla Maghnia qui marquera les frontières entre le Maroc et l'Algérie.

    En 1847, Abd el-Kader, attaqué au Nord et à l'Est par les troupes françaises et à l'Ouest par les troupes marocaines, dépose les armes et se rend. L’armée française d’Afrique contrôle alors tout le Nord-Ouest de l’Algérie. À l’issue de la bataille de Zaatcha, dans les Aurès, en 1848, le Constantinois est conquis. Entre 1849 et 1852, la domination s’étend à la Petite Kabylie. En juillet 1857, les tribus de Grande Kabylie se rendent, et la capture de Lalla Fatma N’Soumer met un terme à la résistance ; mais les Kabyles se soulèveront encore jusqu’au début des années 1870. La conquête du nord de l’Algérie est alors achevée. Dans le sud, la prise de Laghouat et de Touggourt, la capitulation des Beni-M’zab du Mzab (1852) et celle du Souf reculent les limites de l'Algérie jusqu’au grand désert.

    Ce n’est qu’après un ultime soulèvement, en 1871, lors de la révolte de Mokrani, menée depuis la Kabylie des Bibans, et qui réunira plus de 250 tribus à travers l'Algérie, que la mission de « pacification » s’achève. Conjugué à la famine de 1866-1868 et à l'épidémie de choléra, ce sont près d'un million de civils qui vont perdre la vie selon le démographe R. Ricoux[69], la perte démographique se concentrant en particulier sur les six dernières années de la conquête.

    Il s'ensuit une grande guerre entre l'Armée française, les troupes du Cheikh Bouamama et la tribu des Ouled Sidi Cheikh.

    Implantation et statuts
     
    Carte de l'Algérie française

    Au début de la conquête en 1830, l'Algérie connut un afflux important de colons européens (essentiellement français et espagnols) que l'on appellera bientôt pieds-noirs. En 1834, l'Algérie est annexée à la France, les autochtones deviennent des « sujets français » par l'ordonnance royale du 24 février 1834 qui leur confère la « qualité de Français »[Note 2]. La France se fondant sur le traité de capitulation du dey d'Alger — de jure : « convention franco-algérienne de 1830 » — et l'ordonnance d'annexion de 1834, considère que ses droits étaient applicables à tous les territoires algériens, même sahariens[70]. En 1848, à la suite de la « soumission d'Abd-el-Kader à la France » le 23 décembre 1847, les trois provinces d'Algérie (le Sahara, indépendant de l'ex-régence d'Alger, n'est conquis qu'en 1902) deviennent les départements français d'Algérie (il y aura plus tard les départements français du Sahara), disposant d'une organisation administrative et judiciaire calquée sur celle de la métropole par exemple les arrondissements, les communes et les tribunaux.

    L'article premier du Sénatus-consulte du 14 juillet 1865 proclame que : « L'indigène musulman est français, néanmoins il continuera à être régi par la Charia. Il peut être admis à servir dans les armées de terre et de mer. Il peut être appelé à des fonctions et emplois civils en Algérie. Il peut, sur sa demande, être admis à jouir des droits de citoyen français ; dans ce cas, il est régi par les lois civiles et politiques de la France. » Cette possibilité restait néanmoins purement théorique, puisqu'en pratique il leur était plus difficile d'accéder à la citoyenneté française qu'à un étranger et que même lorsqu'elle leur était accordée les droits y afférents étaient de toute façon remis en cause.[réf. nécessaire] Les indigènes israélites bénéficièrent de dispositions spéciales du décret Crémieux no 136 du 24 octobre 1870 (caractère automatique de la citoyenneté française), à la différence des indigènes musulmans, mais aussi des colons européens étrangers auxquelles s'appliquèrent le décret Crémieux no 137 dont l'article 2 titre III ordonne que : « L'indigène musulman qui veut être admis à jouir des droits de citoyen français doit se présenter en personne devant le chef du bureau arabe de la circonscription dans laquelle il réside, à l'effet de former sa demande et de déclarer qu'il entend être régi par les lois civiles et politiques de la France. »

    À la fin du Second Empire, la population algérienne est confrontée à partir de 1866-1868 à des difficultés agricoles considérables qui génèrent la Famine algérienne de 1866-1868.

    Sous le régime de Vichy les juifs d'Algérie furent à nouveau discriminés par la loi comme l'étaient les Algériens issus d'une culture musulmane en Algérie de 1940 à 1942 (Chantiers de la jeunesse française)[71].

    Descendant direct de l'émir Abd el Kader, l'émir Khaled mit sa prestance personnelle et son prestige[réf. nécessaire], au service d'un programme essentiellement moderniste, qui lui a valu l'exil : représentation au Parlement à proportion égale avec les Européens algériens ; suppression des lois et mesures d'exception des tribunaux répressifs, des cours criminelles, de la surveillance administrative, mêmes charges et droits que les Français en ce qui concerne le service militaire, accession pour les indigènes algériens à tous les grades civils et militaires, sans d'autres distinctions que le mérite et les capacités personnelles, application de la loi sur l'instruction publique obligatoire, liberté de presse et d'association, application au culte musulman de la loi de séparation des Églises et de l'État, amnistie générale, application aux indigènes des lois sociales et ouvrières ; liberté absolue pour eux de se rendre en France.

    L'Algérie connaît alors une croissance économique rapide, en particulier dans le minerai de fer, avec l'émergence de la Société de l'Ouenza, dixième entreprise française[72], qui prend le relais de l'importante et plus ancienne Société Mokta El Hadid.

    Dès l'issue de la Seconde Guerre mondiale, en 1945 et à la suite de la naissance d'un mouvement nationaliste, les partis (FLN, MNA, PCA, Mouvement libéral algérien, etc.) revendiquent l'indépendance de l'Algérie par rapport à la France ; s'ensuivit une guerre de 1954 à 1962 où intervinrent également les partisans d'une Algérie française (FAF et OAS).

    Nationalisme et droit
     
    Messali Hadj, père du nationalisme algérien et président fondateur du Parti du peuple algérien
     
    Abdelhamid Ben Badis fondateur de l'Association des oulémas musulmans algériens.

    Au début du XXe siècle, plusieurs dirigeants algériens revendiquent à la France le droit à l'égalité ou à l’indépendance. Plusieurs partis vont être créés et plusieurs pamphlets seront écrits pour défendre le droit pour les Algériens. Plusieurs penseurs algériens vont vilipender les plus importantes personnalités du régime colonial français. La plupart des figures du mouvement algérien vont être surveillées de près par les services policiers français, d'autres seront exilées vers d'autres pays comme l'a été l'émir Khaled el-Hassani ben el-Hachemi en Égypte, puis en Syrie. L'émir Khaled préside le premier parti algérien l'association de l'Étoile nord-africaine de 1926 jusqu'à sa mort en 1936. Son rôle fut symbolique puisqu'il fut exilé.

    Messali Hadj[73], Malek Bennabi[74], Mohamed Hamouda Bensai, Saleh Bensai, Abdelhamid Ben Badis[75], Mohamed Bachir El Ibrahimi, Fodil El Ouartilani, Larbi Tébessi, Ferhat Abbas, Chérif Saâdane[76], Omar Ouzeggane, etc., tous vont diverger entre eux sur la question algérienne, cela provoquera l'émergence de plusieurs associations et partis algériens : Parti de la réforme ou mouvement pour l'égalité, Association des oulémas musulmans algériens, le Parti du peuple algérien, Amis du manifeste et de la liberté fondé par Ferhat Abbas et dont Chérif Saâdane est membre du comité directeur[77], Parti communiste algérien.

    Après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Charte de l'Atlantique, la première charte de l'ONU, le plan Marshall, la Ligue arabe, la conférence de San Francisco, etc., tout cela a contribué à l'indépendance de l'Algérie. Lors du congrès de mars de 1945 que les AML ont tenu, les délégués ont proclamé la nation algérienne constituée[78], Messali Hadj fut élu comme chef du peuple algérien.

    Le 8 mai 1945 ont lieu des manifestations d’Algériens dans plusieurs villes de l’Est du pays (Sétif, et le Constantinois), qui devaient permettre de rappeler leurs revendications nationalistes, de manière concomitante avec la liesse de la victoire. À Sétif, après des heurts entre policiers et nationalistes, la manifestation tourne à l’émeute et la colère des manifestants se retourne contre les « Français » : une centaine trouveront la mort dans les jours suivants[79]. La répression de l’armée française est brutale. Officiellement, elle fait 1 500 morts parmi les Algériens, chiffre potentiellement sous-estimé et probablement plus proche des 20 000 à 30 000 selon l’historien Benjamin Stora. Le Parti du peuple algérien (PPA) estime qu'il y a eu 45 000 morts[80]. De par la radicalisation qu'ils ont engendrée dans les milieux nationalistes algériens, certains historiens considèrent ces massacres comme le véritable début de la guerre d'Algérie[81].

    À la suite de ces massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, le jour même et alors qu'ils venaient présenter leurs vœux à Yves Chataigneau à l'occasion de la défaite de l'Allemagne nazie ; Mohamed Bachir El Ibrahimi, Ferhat Abbas et Hadj Ahmed Chérif Saâdane seront arrêtés à 10h30, car accusés d'avoir « porté atteinte à la souveraineté française » par fomentation des sanglants événements de Sétif. Ils seront incarcérés à la maison d'arrêt d'Alger puis transférés à celle de Constantine.

    À la suite de l'emprisonnement de Messali Hadj et l'interdiction du Parti du peuple algérien, le parti Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques revendique après le statut de l'égalité ou de l'indépendance des Algériens en 1948. Aussi, l'Association des oulémas musulmans algériens fut interdite. Alors, l'Organisation spéciale apparaît et elle a pour but de rassembler les armes pour le combat. Mohamed Belouizdad fut le premier chef de l'organisation clandestine. Ensuite, Hocine Aït Ahmed prend la tête de l'Organisation et continua à œuvrer pour l'achat des armes. La Poste d'Oran fut attaquée par les membres de l'OS.

    Ferhat Abbas et Chérif Saâdane, à leur sortie de prison en avril 1946 de Constantine, créent l'UDMA (Union démocratique du manifeste algérien)[76]. Ahmed Ben Bella[82] prend la place de Hocine Aït Ahmed en 1949. Le plan de l'organisation est dévoilé et une série d'arrestations est entamée par les autorités françaises en 1950. Le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques niait toute relation avec l'Organisation spéciale.

    Le Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA) est fondé en mars 1954, il organisera la lutte armée. Le parti du Mouvement national algérien est fondé en juillet 1954 par les messalistes[83]. Par la suite, le Front de libération nationale est fondé en octobre 1954 par la branche du CRUA (Comité révolutionnaire d'unité et d'action).

    Le Front de libération nationale (Algérie) et le Mouvement national algérien seront rivaux pour le contrôle du pouvoir. Messali Hadj sera libéré de la prison en 1958 et il sera assigné à une résidence surveillée en France.

    Historiographie

    Les archives officielles de la guerre d'Algérie ne sont encore que partiellement disponibles et accessibles[84] aux chercheurs en France ; elles sont inaccessibles en Algérie[85]. La loi française du 15 juillet 2008 relative aux archives[86] a raccourci les délais de communication des archives publiques, y compris pour certaines archives classifiées « secret défense » communicables après un délai de 50 ans[87]. On notera qu'au cours de la discussion de ce texte au Parlement, un amendement adopté par le Sénat français visait à prescrire un délai de 75 ans concernant les pièces « susceptibles de porter atteinte à la vie privée »[88]. Cette disposition, vivement critiquée par des historiens car elle aurait accru les délais de communicabilité des archives relatives à la guerre d'Algérie[89], a finalement été retirée du texte au cours de son examen à l'Assemblée nationale.

    Guerre d'Algérie

    En 1954, l’Algérie compte huit millions d'Algériens non français et un million de « Français d'Algérie » (Pieds-noirs et autochtones juifs naturalisés français).

    Après la crise au sein des mouvements nationalistes algériens et les autorités françaises, un groupe de patriotes se démarque et envisage le passage à la lutte armée en vue de l'indépendance.

    La guerre commence le 1er novembre 1954, après la réunion à Alger des six chefs du Front de libération nationale (Algérie) et anciens membres de l'Organisation spéciale, bras armé du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques et aussi responsables du Comité révolutionnaire d'unité et d'action, et après la déclaration du 1er novembre 1954.

    L'action armée a été proclamée pendant la nuit dite de la Toussaint rouge. Le déclenchement des attentats a été signalé à travers le pays et les premiers attentats eurent lieu dans les Aurès[90]. Les six partagent l'Algérie en 6 Wilayas et le ministre de l'Intérieur François Mitterrand est dépêché dans la région des Aurès pour dénoncer les attentats dans le même mois.

     
    « Groupe des six », chefs du FLN. Photo prise juste avant le déclenchement des hostilités le 1er novembre 1954. Debout, de gauche à droite : Rabah Bitat, Mostefa Ben Boulaïd, Didouche Mourad et Mohamed Boudiaf. Assis : Krim Belkacem à gauche, et Larbi Ben M'hidi à droite.

    Il s'ensuit une guérilla, des maquis et des affrontements. l’Armée française, qui comprend des unités de supplétifs « musulmans » appelés « Harkis », la Direction de la Surveillance du territoire et la police française s'attaquent au FLN et à ses proches. Le FLN organise alors son combat sur deux fronts. Sur le plan interne, il met en place une résistance à travers sa branche armée, l’Armée de libération nationale qui au début fait face au Mouvement national algérien et à de multiples crises internes. Le Congrès de la Soummam organise le mouvement insurrectionnel et dégage les propriétés de la Révolution. L’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) sont créées pour organiser des révoltes en 1956. Tandis que sur le front diplomatique, il engage ses activités sous la supervision du gouvernement provisoire de la République algérienne, qui plaide la cause algérienne et aussi vécut plusieurs crises ; il réussit néanmoins en 1958 à introduire pour la première fois dans l’agenda des Nations unies la question algérienne, ce qui représenta un franc succès pour la diplomatie algérienne.

    Le conflit fut inscrit dans le cadre du processus de décolonisation qui se déroule après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Pour la France, cela concerne entre autres l’Indochine française, Madagascar, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, l’Afrique-Équatoriale française et l’Afrique-Occidentale française. Le cas de l’Algérie se différencie des autres en ce sens qu’elle appartenait officiellement au territoire français, avec un million de citoyens dits « du Premier Collège » (les « Pieds-noirs »), dont certains, les Juifs d'Algérie et de huit millions de citoyens du Deuxième Collège (dit les musulmans), avant l'arrivée du général de Gaulle. Ce dernier négociera directement avec les chefs du FLN lors des accords d'Évian. De Gaulle réussit à sauver la République après le putsch des généraux à Alger 1961.

    Le 19 mars 1962, après la signature du cessez-le-feu, le conflit prend officiellement fin. Un double référendum est organisé le 8 janvier 1961 et le 8 avril 1962 : les Français de métropole se prononcent pour le choix du général de Gaulle pour les deux. Le 1er juillet 1962, les Algériens votent massivement pour l'indépendance (99,72 % en faveur du « oui »)[91]. L'indépendance de l'Algérie est proclamée le 3 juillet 1962[Note 3].

    Les évènements de la guerre d'Algérie, la déclaration d'indépendance - qui consomme la décolonisation -, le climat de violence générale qui régnait dans les derniers mois de la guerre[92] ou encore des évènements traumatisants comme le massacre d'Oran[93] amèneront la plupart des pieds-noirs à quitter le pays : sur près d'un million[Note 4], cent cinquante mille partent avant 1962, six cent cinquante et un mille au cours de cette année. L'histoire des deux-cent mille pieds noirs encore présents après 1962 reste à écrire, selon l'historien Benjamin Stora[94]. L'Organisation de l'armée secrète se prononce contre l'indépendance de l'Algérie et commet, à la fin de la guerre, plusieurs attentats meurtriers en Algérie[95] dont 7 000 au plastic contre les biens et 2 000 contre les individus[96].

    Bilan des pertes

    Si le bilan de la guerre reste controversé au début du XXIe siècle, il est clair que la guerre d'Algérie a été « extraordinairement meurtrière et cruelle »[97].

    Suivant l'historien français Benjamin Stora[98], le total des pertes militaires françaises avoisine les 25 000 morts[99], dont près de 8 000 morts dans des accidents et un millier de maladies. Les pertes des soldats algériens enrôlés au sein des troupes françaises s'élèvent à environ 4 500 morts et 600 disparus. Les historiens évaluent par ailleurs entre 15 000 et 30 000[100] le nombre de harkis exécutés au lendemain de la proclamation de l'indépendance[101]. Du côté algérien, on avance le nombre d'un million et demi de morts ; en se fiant aux pensions versées aux familles des moujahidines civils ou militaires décédés durant le conflit, Benjamin Stora avance le chiffre d'environ 150 000 morts, soit un combattant sur deux. Il faut y ajouter environ 12 000 victimes des purges internes et des combats fratricides entre le Mouvement national algérien et le Front de libération nationale[102].

    Suivant le procédé comparatif de pyramides des âges, les historiens estiment entre 350 000 et 400 000 — soit 3 % de la population — le nombre d'Algériens morts durant le conflit[102]. Depuis 1962, le FLN estime de son côté qu'il y a eu 1 million et demi de morts - chiffre qu'aucun historien ne cautionne[103] - et 3 millions d'Algériens déplacés dans des camps de regroupement[104]. En outre, la torture pendant la guerre d'Algérie a été pratiquée par l'armée française et par la police française dans des proportions qui concerneraient des centaines de milliers d'Algériens[105]. Du côté des civils « européens », le nombre de morts s'élève à environ 4 500 personnes[102].

    Au bilan humain, on peut ajouter les 8 000 villages incendiés, quatre millions de têtes de bétail anéantis entre 1954 et 1962 - sur un cheptel de six millions en 1954 - et des dizaines de milliers d’hectares de forêts incendiés avec le napalm[104].

    Algérie indépendante
     
    Population en liesse après la proclamation officielle de l’indépendance (5 juillet 1962)

    L’Algérie devient indépendante à l’issue d’une guerre de 8 ans contre la présence coloniale française, une présence qui dura 132 ans, et qui prit fin officiellement le 5 juillet 1962. Le Front de libération nationale (FLN), quoique dominé militairement[106], sort vainqueur politique de la guerre[107], à la fois contre les partisans de l'Algérie française et contre ses rivaux, et parvient alors au pouvoir. Ayant un projet socialiste, et recevant de l'aide militaire de l'URSS, il gouverne le pays, en tant que parti unique, jusqu'en 1989. L'allusion à la révolution socialiste est néanmoins abandonnée en 1976, sous Houari Boumédiène, l'Algérie se rapprochant du mouvement des non-alignés. La démocratisation du régime dans les années 1980, sous Chadli Bendjedid et à la suite d'importants mouvements de protestation, s'achève brutalement avec le début de la guerre civile en 1991. L'Algérie traverse alors une « décennie noire », marquée par l'affrontement entre les militaires, qui continuent à détenir les rênes du pouvoir, et les divers groupes islamistes (AIS, GIA, GSPC, etc.). En 1999, l'élection d'Abdelaziz Bouteflika contribue à ramener l'ordre.

    Crise du GPRA et Ben Bella

    L’Algérie est donc devenue indépendante à l’issue d’une guerre longue et coûteuse contre la présence coloniale, une présence qui dura 132 ans, et qui prit fin officiellement le 3 juillet 1962[108],[Note 5]. Cette indépendance a été acquise politiquement à la faveur du référendum d'autodétermination prévu par les accords d’Évian, et par le biais duquel les Algériens se prononcèrent à 99,72 % des votes exprimés pour l’indépendance de l’Algérie[109]. Les revendications culturelles ont donné naissance à un slogan politique : Tahya el Djazaïr, « vive l’Algérie ». Ferhat Abbas préside l'Algérie du 25 septembre 1962 au 15 septembre 1963. Il est contre l'OAS, car il voit en elle une formation militaire de l'armée française. Il sera pour le maintien des Pieds-noirs (Européens et Juifs) en Algérie et il les considère comme Algériens. Selon lui, l'Organisation de l'armée secrète est responsable du départ massif des Français d'Algérie[110].

    Des dissensions éclatent entre les chefs du FLN. Ahmed Ben Bella et Houari Boumédiène aidé par la Wilaya I (Aurès), la Wilaya II (Constantinois), la Wilaya V (Oran), la Wilaya VI (Sud), font la guerre contre Mohamed Boudiaf et Krim Belkacem de la Wilaya (III) et (IV)[111]. Mais, des pourparlers par la suite sont entamés pour régler la crise interne. Ahmed Ben Bella et Houari Boumédiène prennent Alger le 4 septembre 1962[111], après avoir fait des compromis avec les colonels de l'Armée de libération nationale. Plusieurs partis d'opposition ont été interdits comme le FFS (Front des forces socialistes), le PRS (Parti de la révolution socialiste), le CNDR (Comité national de la défense de la révolution), le MDRA (Mouvement démocratique pour la révolution algérienne), le GCR (Groupe communiste révolutionnaire), le CNRA (Conseil national de la Révolution algérienne) (passé dans l'opposition), l'OCRA (Organisation clandestine de la révolution algérienne), RNDR (Rassemblement national pour la démocratie et la révolution), le PAPS (Parti de l'armée prétendu saines) et enfin le RUR (Rassemblement unitaire des révolutionnaires)[112].

    Le Socialisme comme doctrine politique de l'État algérien
     
    Ahmed Ben Bella, premier président de l'Algérie (1962-1965)
     
    Houari Boumédiène, deuxième président de l'Algérie (1965-1978)

    Ahmed Ben Bella est désigné comme le premier président de l'Algérie indépendante en 1962[réf. nécessaire], il constitue alors le premier gouvernement de l'Algérie indépendante, il fait adopter un an plus tard une Constitution, la première du pays, qui consacre la primauté du parti FLN dont le secrétaire général est désigné ipso facto comme le candidat unique à la présidence de la République, Ferhat Abbas qui était alors président de l'Assemblée constituante décide de remettre sa démission, protestant contre les dérives autocratiques du nouveau président. Plusieurs conflits surgissent comme le déclenchement de la guerre des Sables avec le Maroc et la révolte des Kabyles et d'une partie des Touaregs soutenue par le parti de Hocine Aït Ahmed. De 1963 à 1966, la France fait dix-sept essais nucléaires dans le Sahara : quatre atmosphériques vers Reggane et treize souterrains près d'In Ecker, dans le massif du Hoggar ; et la compagnie française Total a 90 % des ressources pétrolières algériennes, selon l'entente algéro-française. Le très faible taux de scolarisation (environ 10 %) sous la période coloniale rend le pays démuni de cadres techniques et administratifs. Il ne compte aucun architecte, seulement quelques dizaines d'ingénieurs et de médecins et moins de 2 000 instituteurs[113].

    Au niveau international, Ben Bella consacre sa première visite à l'étranger aux États-Unis, où il est reçu avec les honneurs par le président Kennedy, il opère cependant très rapidement un rapprochement avec les tenants du non-alignement et développe avec l'Union soviétique des relations économiques et militaires très denses. Le 19 juin 1965 est marqué par la destitution d'Ahmed Ben Bella de ses fonctions à la suite d'un putsch conduit par le ministre de la Défense Houari Boumédiène[114], qui prend le pouvoir et devient ainsi le nouveau président du Conseil de la Révolution. Il conserve dès lors le système du parti unique et engage le pouvoir à œuvrer pour une rupture avec la politique entreprise par Ahmed Ben Bella. Il dirige le pays en s'inspirant de deux fondements de la révolution, le renforcement de l'indépendance nationale et le développement de l'économie dans une perspective socialiste. Il entreprend des réalisations dans le secteur de l'éducation, de la formation, de la planification, de l'industrialisation, du développement. La politique de nationalisation menée par le Conseil de la Révolution algérienne provoque la remise en cause des accords d'Évian[115]. Il lance la nationalisation du gaz et du pétrole[116] et développe Sonatrach.

     
    Chadli Bendjedid, président de l'Algérie (1979-1992).

    L'Algérie connait un développement économique et social important sous son gouvernement. Entre 1962 et 1982, la population algérienne passe de 10 à 20 millions de personnes et, massivement rurale avant l'indépendance, est urbanisée à 45 %[113]. Le revenu annuel par habitant, qui n’excédait pas 2 000 francs (305 euros) en 1962, dépasse 11 000 francs (1 677 euros) vingt ans plus tard, tandis que le taux de scolarisation oscille de 75 à 95 % selon les régions, loin des 10 % de l'Algérie française. Les possibilités agricoles étant significativement limitées par le désert, Boumédiène se tourne vers le développement industriel. Un plan triennal est imaginé pour la période 1967-1969, auquel succèdent deux plans quadriennaux (1970-1973 et 1974-1977). Ils s'accompagnent de grands travaux, comme la Transsaharienne (ou « route de l'unité ») qui relie la Méditerranée à l'Afrique noire ou le « barrage vert », forêt à planter en vingt ans pour empêcher l'avancée du désert. Le réseau routier est sensiblement étendu à l'intérieur du territoire algérien (le réseau développé sous la colonisation restait circonscrit aux villes portuaires)[113]. Cette nationalisation suscite une onde de choc dont les effets se font sentir au niveau international, notamment sur le prix du pétrole. L'Algérie de Boumediène influence le jeune colonel libyen Mouammar Kadhafi et le vice-président irakien Saddam Hussein, qui nationalisent à leur tour le secteur des hydrocarbures, provoquant à l'occasion le premier choc pétrolier survenu en 1973[117]. Le secteur de l'agriculture est modifié par plusieurs réformes dont la construction des villages socialistes et la réalisation du barrage vert, 1 500 km de long, 20 km de large et constitué de 3 millions d’hectares[118]. Cependant Krim Belkacem s'oppose ouvertement à la politique de Boumédienne, le pouvoir l'accuse d'avoir organisé un coup d'État et le condamne à mort par contumace[119]. Krim Belgacem sera assassiné à Francfort en 1970. Ferhat Abbas aussi dénoncera le système unique en 1976, il sera assigné à résidence surveillée jusqu'à 1978[120].

    Sur le plan extérieur, l'Algérie négocie avec le Viêt Nam la libération des derniers prisonniers de guerre américains. Lors de la guerre du Kippour, elle déclare la guerre à Israël et envoie des troupes en Égypte en 1973. L'Algérie fut la première puissance militaire[121] sur le front égyptien et sa force était composée d’escadrons et de blindés. Yasser Arafat réussit à ouvrir un bureau à Alger en 1965[122]. L’année 1974 constitue, aussi pour Yasser Arafat, une année importante d’avancées en faveur d’un règlement politique. Les autorités algériennes décident de l'emmener pour la première fois aux Nations unies sous escorte algérienne[123].

    Par la suite, l'Algérie organisera le traité de paix entre l'Iran et l'Irak, elle intervient aussi pour régler la crise du Liban. Mais, le conflit entre le Maroc et l'Algérie s'intensifie à cause du Sahara occidental. l'Algérie investira au sein de l'Union africaine, de la Ligue arabe et avec le Mouvement des non-alignés. Elle sera contre l'Apartheid en Afrique du Sud.

    Sur le plan interne, le pouvoir continue la nationalisation et démarre les trois révolutions : industrielle, agraire et culturelle. Une charte et une constitution sont adoptées[116]. L'arabisation des institutions est décrétée. En 1975, le président français Valéry Giscard d'Estaing est reçu à Alger. En 1978, la base secrète française B2-Namous sera fermée. Houari Boumedienne meurt en 1978 et Rabah Bitat est chargé de l'intérim de l'État. Chadli Bendjedid est désigné pour être élu par le peuple.

    Démocratisation
    photo d'un blindé accompagné de militaires en armes surveillant un embouteillage. 
    Alger, les blindés de l'armée algérienne occupent les points stratégiques de la capitale, au lendemain de la démission de Chadli Bendjedid.

    Chadli Bendjedid prend la tête de l'État algérien, le 9 février 1979. Il fait sortir tous les prisonniers politiques. Le secteur économique devient libéral. La politique de l'arabisation continue[124] malgré le Printemps berbère en 1980 et les revendications des élites francophones.

    Sur le plan diplomatique, l'Algérie contribue avec succès au règlement d’un certain nombre de crises comme la libération des otages américains en 1981 de Téhéran à Alger[125]. La diplomatie algérienne a pu ouvrir les portes au dialogue avec les autres chefs d'État du Maghreb et le président français. Chadli est le premier président algérien qui fera une visite officielle en France, lors du mandat de François Mitterrand. Le roi Hassan II est reçu à Alger en vue de signer des accords bilatéraux. De plus, l'Algérie permet au Conseil national palestinien de proclamer l'indépendance d'un État de Palestine le 15 novembre 1988 à Alger. Avant la guerre du Golfe, la diplomatie algérienne est très active pour essayer de convaincre le président Saddam Hussein de libérer les otages et le Koweït. La visite du président Nelson Mandela, juste après sa libération, marquera les relations entre l'Algérie et les pays d'Afrique. Sur le plan interne, après plusieurs années de gestion autocratique des affaires de l'État, l'Algérie se lance à partir de l'année 1988, dans une tentative de démocratisation, à la suite notamment des événements du 5 octobre 1988. Cette ouverture s'accompagne en juin 1990 de l'entrée des islamistes du Front islamique du salut (FIS) dans le champ politique, qui remportent des élections municipales du 21 juin 1990. Le FIS arrive également en tête du premier tour des élections législatives du 26 décembre 1991, avec 47 % des voix exprimées (le taux d'abstention étant de 41 %), ce qui provoque l'intervention de l’armée, qui interrompt le processus électoral au début de l’année 1992, selon les opposants de la démission de Chadli. Mais, officiellement, le président Chadli Bendjedid annonce sa démission le 11 janvier et un Haut Comité d'État est mis en place le 14 janvier à cause du vide constitutionnel, selon la constitution algérienne. Cette évolution entraîne l'Algérie dans une vague de violence et de terrorisme qui durera une décennie de guerre civile algérienne. Ce conflit coûta la vie à, selon les estimations entre 60 000 et 200 000 personnes[126] avec des milliers de disparus et un million de personnes déplacées.

    Transition
     
    Mohamed Boudiaf, président du HCE (16 janvier 1992 au 29 juin 1992).

    Mohamed Boudiaf prend la tête du Haut Comité d'État, après 28 ans d'exil. Un des chefs historiques de la guerre d'Algérie et fondateur du parti du FLN souhaitait une Algérie démocratique tournée vers la modernité, il disait vouloir mettre fin à la corruption qui gangrenait l'État. Il sera assassiné après six mois à Annaba en plein discours, le 29 juin 1992.

    Ali Kafi est désigné alors à la présidence de l'État. En 1994, Liamine Zéroual remplace Ali Kafi. Le 15 janvier 1995, il doit faire face à des nouvelles pressions diplomatiques internationales engendrées notamment par la Plate-forme de Sant'Egidio à Rome, signé par les chefs politiques de l'opposition dénonçant la mainmise militaire sur l'État. Ainsi, dans le but de restaurer la légitimité perdue des institutions de l'État, il organise une élection présidentielle en 1995, la première à scrutin pluraliste en Algérie[Note 6]. Liamine Zeroual remporte l'élection, il est élu président de la République le 16 novembre 1995. En 1999, Liamine Zeroual décide de mettre fin à son mandat présidentiel qui devait s'achever en 2000. Une élection présidentielle anticipée est alors organisée au mois d'avril 1999. Huit candidats se présentent au premier tour parmi lesquels figure Abdelaziz Bouteflika. Au début du scrutin, sept candidats décident d'un commun accord de se retirer à la suite de cas de fraudes qu'ils déclarent avoir observées. Abdelaziz Bouteflika décide de maintenir sa candidature en remportant l'élection présidentielle avec un score de 74 %. Il s'engage dès lors à appliquer son programme qui s'articule autour de trois axes principaux : le retour de la paix à travers l'application de la concorde nationale, la réactivation de l'économie et le retour de l'Algérie sur la scène internationale. Son premier mandat s'achève en 2004. De nouvelles élections sont organisées au mois d'avril, le principal concurrent du président sortant étant son ancien Premier ministre Ali Benflis. Abdelaziz Bouteflika est réélu avec un taux de 85 %. Son programme pour le deuxième mandat prévoit un plan quinquennal pour la relance de l'économie, au profit duquel il consacre une enveloppe financière de 150 milliards de dollars. Pendant les mois de mars et d'avril de l'année 2009, la campagne électorale pour la présidentielle se déclenche à la suite d'un nouvel amendement constitutionnel. Abdelaziz Bouteflika est réélu pour un quatrième mandat en 2014[127].

    L'islamisme et l'extrémisme musulman figurent parmi les problèmes de l'Algérie contemporaine, au-delà de la seule offensive islamiste des années 1990 ayant causé plusieurs dizaines de milliers de victimes. La bigoterie se répand rapidement[128], El Watan ayant déploré dans un article de 2015, à l'occasion d'un fait divers, que la société algérienne soit « gangrenée par le conservatisme et l’extrémisme religieux, de plus en plus acceptés et banalisés[129] ». Le Monde s'étonne que « les représentants des courants islamistes les plus radicaux ne manquent pas de tribunes médiatiques », rapportant qu'un islamiste, ancien militant du Front islamique du salut et qui souhaite imposer la charia en Algérie[130], ait pu appeler publiquement au meurtre d'un intellectuel sans avoir été inquiété par la justice[131]. Le gouvernement algérien est néanmoins traditionnellement connu pour sa politique de lutte vigoureuse contre le terrorisme islamiste[132],[133].

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