Passage du Gois

Passage du Gois

Le passage du Gois ou Gôa est une chaussée submersible située dans la baie de Bourgneuf, où elle relie l'île de Noirmoutier (commune de Barbâtre) au continent (commune de Beauvoir-sur-Mer), dans le département français de la Vendée.

Le passage n'est praticable en voiture, à bicyclette ou à pied qu'à marée basse car il est recouvert à marée haute. Il existe d'autres sites de ce type, mais le caractère unique du Gois est son exceptionnelle longueur : 4,125 kilomètres. Suivant le coefficient de la marée, la hauteur d'eau qui le recouvre à marée haute varie de 1,30 mètre à 4 mètres.

Depuis 1971, le pont de Noirmoutier, reliant l'île au continent, est une alternative au Gois.

En 2017, « l'ensemble paysager formé par le passage du Gois, l'île de la Crosnière (côté Beauvoir, sur le continent) et le polder de Sébastopol (côté Barbâtre) » est un site classé,...Lire la suite

Le passage du Gois ou Gôa est une chaussée submersible située dans la baie de Bourgneuf, où elle relie l'île de Noirmoutier (commune de Barbâtre) au continent (commune de Beauvoir-sur-Mer), dans le département français de la Vendée.

Le passage n'est praticable en voiture, à bicyclette ou à pied qu'à marée basse car il est recouvert à marée haute. Il existe d'autres sites de ce type, mais le caractère unique du Gois est son exceptionnelle longueur : 4,125 kilomètres. Suivant le coefficient de la marée, la hauteur d'eau qui le recouvre à marée haute varie de 1,30 mètre à 4 mètres.

Depuis 1971, le pont de Noirmoutier, reliant l'île au continent, est une alternative au Gois.

En 2017, « l'ensemble paysager formé par le passage du Gois, l'île de la Crosnière (côté Beauvoir, sur le continent) et le polder de Sébastopol (côté Barbâtre) » est un site classé,, cette reconnaissance étant une première étape vers l'objectif du classement mondial à l'Unesco.

Le passage du Gois et le pont de Noirmoutier en arrière-plan 
Le passage du Gois et le pont de Noirmoutier en arrière-plan
Noirmoutier-Le passage du Gois par le peintre français Raphaël Toussaint. 
Noirmoutier-Le passage du Gois par le peintre français Raphaël Toussaint.

Cette chaussée submersible doit son existence à l'effondrement du plateau ayant donné naissance à la baie de Bourgneuf au début de l'ère quaternaire d'une part, et à la rencontre d'autre part, il y a environ mille ans, de deux courants marins opposés qui contournent l'île de Noirmoutier, l'un par le nord, l'autre par le sud, donnant naissance à un banc de hauts-fonds sableux qui s'ancrent sur des écueils rocheux. Le remblaiement s'est exhaussé au fur et à mesure de la transgression flandrienne. Ces fonds sableux se sont continuellement déplacés avant de devenir franchissables à pied au XVIIIe siècle et se stabiliser au XIXe siècle à l'emplacement actuel[1].

On fait référence à ce passage depuis bien plus longtemps, alors que Noirmoutier s'appelait l'île d'Her. Les marins le nomment le Pé, mot emprunté au latin podium, hauteur, parce qu'il constitue un véritable haut-fond[2]. Le gois est pratiqué surtout par les passages « de pied » et les animaux depuis le XVIIIe siècle et est à l'époque beaucoup plus long car les anciennes digues sont plus loin de la côte. C'est en 1701 que ce passage reliant le continent à l'île est pour la première fois mentionné sur une carte géographique. La tradition orale veut qu'il aurait été traversé à cheval pour la première fois en 1766 par Pierre Gauvrit, un cordonnier et aubergiste (ou selon une autre version tailleur) de Barbâtre. En réalité, sa traversée n'aurait été exceptionnelle que parce qu'il était boiteux et bossu[3]. Cornil Guislain Jacobsen, dans son entreprise d'assèchement de grandes portions de l'ïle, a joué un rôle décisif pour que ce passage puisse devenir pérenne.

La grande mobilité des hauts-fonds rend l'exercice périlleux sans guide. Lors de la guerre de Vendée, pendant la Révolution, les royalistes se sont réfugiés sur l'île. Les 18 premières balises de bois jalonnant le trajet sont posées en 1786, mais l'hiver très rigoureux de 1788 provoque la formation de glaces qui les emportent[4].

Vers 1840, une ligne régulière est assurée par une voiture à cheval[réf. souhaitée].

Face au nombre croissant d'accidents, le Gois est stabilisé afin d'empêcher les bancs de sable de se déplacer. Pour résister aux assauts des vagues et des marées, il est à plusieurs reprises surhaussé, empierré. Il est balisé (balises jalons plantées tous les cent mètres) et macadamisé en 1924. En 1930, l'ingénieur Louis Brien fait élever trois balises à hunes et six balises dites « mâts de perroquets » (tous les cinq cents mètres) en charpente de bois et avec des échelons et des garde-corps métalliques fixés sur des socles de maçonnerie talutés, qui offrent une sécurité relative aux piétons comme aux automobilistes surpris par la marée[4]. Aujourd'hui, ces neuf balises-refuges et des balises à cages éclairées brillant durant la nuit à chaque kilomètre, jalonnent le Gois et permettent aux personnes surprises de se repérer et de se réfugier. Malgré de très nombreux panneaux indiquant les horaires de marée, il y a chaque année des incidents, mais très rarement mortels.

Des petits passages sont construits en face des balises. Les pêcheurs à pied garent leur voiture en empruntant ce passage s'ils ne veulent pas abîmer leur moyen de locomotion ou s’enliser[5].

Le Gois est une partie de l'ancienne route nationale 148 qui reliait Noirmoutier à Limoges, devenue aujourd'hui la départementale 948. Le 11 juillet 1942, le Gois et ses dépendances (chaussées, digues et balises) sont inscrits à l'inventaire des monuments historiques.

Fernand Verger, « Le Gois. Étude de géographie historique », Revue Bas-Poitou, t. 69,‎ 1958, p. 122-132. Ch.-F. Aubert, V. Vattier d'Ambroyse, Le littoral de la France, Victor Palmé, 1886, p. 499 Dominique Guillemet, Les îles de l'Ouest : de Bréhat à Oléron, du Moyen Âge à la Révolution, Geste, 2000, p. 145 ↑ a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Coutureau « Au Gois, quand l’eau se retire, les pêcheurs arrivent », sur ouest-france.fr (consulté en octobre 2017).
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