布达拉宫

( Palais du Potala )

Le palais du Potala, aussi appelé Potala (en tibétain : པོ་ཏ་ལ, Wylie : Po ta la, en chinois : 布达拉宫 ; pinyin : bùdálā gōng), à Lhassa, dans la région région autonome du Tibet (Chine) , est un dzong (« forteresse ») du XVIIe siècle, situé sur la colline de Marpori (« la colline rouge »), au centre de la vallée de Lhassa. Construit par le 5e dalaï-lama, Lobsang Gyatso (1617-1682), le Potala fut le lieu de résidence principal des dalaï-lamas successifs et hébergea le Gouvernement tibétain jusqu'à la fuite du 14e dalaï-lama en Inde durant le soulèvement tibétain de 1959, à la suite de l'annexion de force du pays par la Chine. Comprenant u...Lire la suite

Le palais du Potala, aussi appelé Potala (en tibétain : པོ་ཏ་ལ, Wylie : Po ta la, en chinois : 布达拉宫 ; pinyin : bùdálā gōng), à Lhassa, dans la région région autonome du Tibet (Chine) , est un dzong (« forteresse ») du XVIIe siècle, situé sur la colline de Marpori (« la colline rouge »), au centre de la vallée de Lhassa. Construit par le 5e dalaï-lama, Lobsang Gyatso (1617-1682), le Potala fut le lieu de résidence principal des dalaï-lamas successifs et hébergea le Gouvernement tibétain jusqu'à la fuite du 14e dalaï-lama en Inde durant le soulèvement tibétain de 1959, à la suite de l'annexion de force du pays par la Chine. Comprenant un « palais blanc » et un « palais rouge », ainsi que leurs bâtiments annexes, l'édifice incarnait l'union du pouvoir spirituel et du pouvoir temporel tibétains, et leur rôle respectif dans l'administration de la théocratie tibétaine.

Le palais, qui bénéficie d'une protection au titre de la première liste des sites historiques et culturels majeurs protégés au niveau national du patrimoine national d'État chinois depuis 1961, sous le numéro de catalogue 1-107, est aussi inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1994. Devenu musée, il est ouvert aux visiteurs. Aux XVIIIe et XIXe siècles, cet édifice de treize étages comptait parmi les plus hauts du monde.

Le nom dérive du mont Potalaka, qui est la demeure d'Avalokiteshvara, dont trois rois du dharma (chos rgyal, sanskrit : Dharmaraja (en)) et le Dalaï-Lama sont la réincarnation.

Origines

La première construction du palais du Potala date du VIIe siècle[1], sous le règne du roi du Tibet Songtsen Gampo (Srong-brtsan Sgam-po, vers 609-613 - 650). Puis il fut détruit partiellement par un incendie causé par la foudre au IXe siècle[2],[3].

En 1645, le 5e dalaï-lama tint une réunion avec les hauts responsables du Ganden Phodrang (Gouvernement tibétain) sur la construction du palais du Potala sur la Colline Rouge, où le 33e roi du Tibet Songtsen Gampo avait construit un fort rouge au VIIe siècle. La construction commença l'année même et il fallut près de 43 ans pour la terminer. Le 5e dalaï-lama décida d’installer le gouvernement du Tibet à Lhassa, au Potala. Il édifia la partie blanche centrale, la partie rouge étant ajoutée par le régent Sangyé Gyatso en 1690. Le Potala devint le centre gouvernemental du Tibet. Tous les départements ministériels ainsi que le collège de Namgyal, fondé à Drépung en 1574 par le 3e dalaï-lama pour la formation monastique, furent transférés au Potala en 1649[4]. Vers la fin de sa vie, le 5e dalaï-lama se retira de la vie publique, confia les pouvoirs au régent Sangyé Gyatso et passa des années en retraite. En 1682, à l'âge de 65 ans, il mourut avant que la construction soit achevée. Cependant, il en avait confié la responsabilité à Sangyé Gyatso en lui conseillant de garder le secret de sa mort pour un temps. Le régent cacha au peuple tibétain la mort du dalaï-lama pendant plus de 12 ans, jusqu'à la fin des travaux.

 Le palais du Potala, dessin de Johann Grueber qui séjourna à Lhassa en 1661.Le palais d'hiver des dalaï-lamas  Le Potala vu depuis l'extérieur du village de Shöl en 1938. À droite de l'entrée sud, le pilier de Shöl.

Le palais du Potala devint le palais d'hiver des dalaï-lamas après la construction, au XVIIIe siècle, par le 7e dalaï-lama, Kelzang Gyatso, du Norbulingka, le palais d'été, un chef-d'œuvre architectural. Kelzang Gyatso constitua le « Kashag » ou conseil des ministres pour administrer le gouvernement tibétain, dont les bureaux étaient dans le palais du Potala. Il fonda en outre l'école de Tse, située au sommet du palais, pour former les cadres du gouvernement du Tibet. Les diplômés de cette école qui désiraient travailler dans la fonction publique devaient subir un enseignement plus poussé dans une école religieuse. Les fonctionnaires laïcs étaient principalement formés à l'école de Tse.

C'est au Potala que fut signée, le 7 septembre 1904, la convention entre les Britanniques et le gouvernement tibétain[5].

En 1951, en prévision du départ du dalaï-lama pour Yatoung, des caisses pleines d'or et d'objets précieux provenant du Potala avaient été emportées par des trains de mules et de très nombreux porteurs vers le Sikkim[6],[7].

Le Potala renfermait une prison. Warren W. Smith Jr écrit que cette prison avait des airs d'oubliettes mais qu'elle était de dimensions assez réduites, ne pouvant contenir que quelques personnes au plus[8]. Theos Bernard, un Américain qui visita le Potala en 1939, écrit que la prison faisait penser à une fosse servant à piéger un lion mangeur d'hommes et qu'elle était remplie de pauvres hères, tout desséchés, trottinant malgré leurs membres entravés[9].

Bombardement lors du soulèvement tibétain de 1959

Selon le Guide du Pèlerin de Victor Chan, lors du soulèvement, la façade sud du palais fut touchée mais seul le porche du Potrang Marpo (le palais rouge) et le Tse Lobtra (l'école sommitale pour la formation des fonctionnaires religieux) furent endommagés[10].

Selon Gyatsho Tshering, à 2 h du matin, le 18 mars 1959, le bombardement commence, alors que le 14e dalaï-lama a quitté le Norbulingka la veille en secret. L'artillerie tire sur Potala, le bombardement dure 2 heures, à la suite de quoi, les moines du Potala sortent, offrant des cibles faciles aux mitraillettes des militaires chinois[11]. Le 20 mars vers 4 h du matin, le palais du Potala est la cible de tirs de canon, les tirs continueront jusqu'au soir[12].

Avant que Jampa Kalden Aukatsang ne reçoive les tirs des soldats de l'Armée populaire de libération et soit fait prisonnier, il a été témoin : « Les obus de canon chinois ont commencé à atterrir sur le Norbulingka après minuit le 19 mars 1959 ... Le ciel s'est éclairé lorsque les obus chinois ont frappé l'école de médecine du Chakpori et le Potala. »[13].

Après sa fuite du Tibet pour l'Inde où il réside depuis 1959, le dalaï-lama n’a pas revu son palais du Potala[14].

Protection au titre du patrimoine national

Le Potala bénéficie d'une protection au titre du patrimoine national d'État chinois depuis 1961[15]. Grâce à l'intervention de Zhou Enlai, il échappa au vandalisme lors de la révolution culturelle (1966-1976)[16]. Du printemps 1989 à l'été 1994, le gouvernement central affecta 55 millions de yuans à sa réfection générale[17],[18]. De 1989 à 2007, les travaux d'entretien entrepris ont nécessité un investissement total de 220 millions de yuans[19].

Inscription au patrimoine mondial  Entrée du complexe du Potala dans la muraille sud de Shöl en 2009.

Le Potala fut inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l'UNESCO le 17 décembre 1994. La gestion du monument est assurée par le Bureau de gestion du palais du Potala[20].

 Le Potala et le village de Shöl en 1939

Selon Amy Heller, bien que ce classement aurait dû avoir pour conséquence la restauration des bâtiments environnants pour le respect du contexte architectural, leur démolition fut menée rapidement, sans qu'une intervention puisse l'empêcher. Ces démolitions se sont effectuées « en dépit de la convention signée avec l'Unesco qui cherche à respecter l'intégrité du cadre historique d'un lieu[21].

En 2000 et 2001 respectivement, le Temple de Jokhang et le parc de Norbulingka furent admis sur la liste en extension du site initial.

Immolation

En février 2022, la pop star tibétaine Tsewang Norbu s'est immolée par le feu devant le palais du Potala et est décédée. Le ministère chinois des Affaires étrangères a contesté cela[22].

Chine: Fin de la rénovation des palais du Potala et du Norbu Lingka Beijing Information (en) Historic Ensemble of the Potala Palace, Lhasa. ENSEMBLE HISTORIQUE DU PALAIS DU POTALA, LHASSA, TIBET (CHINE) Continent Asiatique Voir le chapitre « Lobsang Gyatso » dans Roland Barraux, Histoire des dalaï-lamas, Quatorze reflets sur le Lac des Visions, édition Albin Michel, 1993. Réédité en 2002 chez Albin Michel, (ISBN 2226133178). Laurent Deshayes, Histoire du Tibet, Fayard, 1997, p. 235 (ISBN 978-2213595023). Alexandra David-Néel, Grand Tibet et vaste Chine, Omnibus, Paris, 1994, rééd. 1999, p. 979-980 : « Avec lui s'en allaient nombre de fonctionnaires, de serviteurs de rangs divers et une caravane de plus d'un millier de mules, plus de très nombreux porteurs évacuant des caisses pleines d'or et d'objets précieux provenant du Potala. » (en) Heinrich Harrer, Seven Years in Tibet, E. P. Dutton, 1954 : « The news that the ruler was getting ready to leave was bound to leak out. The fact could not be concealed that his private treasures were being taken away. Every day, caravans of heavily laden mules were seen leaving the town in the charge of men of the bodyguard ». (en) Warren W. Smith Jr., China's Tibet?: Autonomy or Assimilation, Rowman & Littlefield, 2009, 315 p., p. 145 : « The Potala Prison had been something of a dungeon, and it was festooned by tales of the scorpions always present, but it was relatively tiny, capable of holding only a few people at the most. » (en) Li Xiguang, The American couple who told old stories of Tibet, Global Times, 30 mai 2011 : « The American best known to have visited the Potala Prison was Theos Bernard. After touring the Potala , 1939, he wrote in his book “Penthouse of the Gods”: “The prison reminded one of a trap to catch a man-eating lion. It was fil[l]ed with wretched, withered souls, trotting about with shackled limbs. We entered into a conversation with one poor fellow. He told us that he had stolen a couple of charm boxes about five years ago, and he had no idea when he would be released. » Victor Chan, Tibet. Le guide du pèlerin, éditions Olizane, 1994, p. 108 (section « Rénovation du XXe siècle »). Bertrand Odelys (préf. dalaï-lama), Dharamsala, chroniques tibétaines, Paris, Albin Michel, 2003, 423 p. (ISBN 2-226-14259-2 et 9782226142597), p. 228-229. Pierre-Antoine Donnet, Tibet mort ou vif, Paris, Gallimard, 1992 (1re éd. 1990), 406 p. [détail des éditions] (ISBN 2-07-032802-3). (en) Youdon Aukatsang et Kaydor Aukatsang, The Lion From Chamdo: Remembering a True Son of Tibet, New Delhi, India, Mahayana Press, 2014, p. 8 Bruno Alvarez, Le dalaï-lama est en exil depuis 60 ans, mais où vit-il exactement ?, ouest-france.fr, 18 mars 2019. Le palais du Potala à Lhasa : En 1961, le palais du Potala a été inclus sur la liste de la protection d'État [...]. Le potala : « Il est aujourd'hui musée national, et fut épargné des pillages lors de la révolution culturelle ». Guide touristique du Tibet, China Intercontinental Press, 2003, 203 p., p. 61. 1961年,布达拉宫发生了一个巨大变化,那一年,布达拉宫和大昭寺、甘丹寺等八项古迹一起被列为国家重点文物保护单位 Céline au Tibet : Visite du Palais du Potala, CRIonline, 27 juillet 2011. (en) Rapport périodique 2003 (cycle 1) résumé section II, World Heritage Committee. Amy Heller in Le Tibet est-il chinois ? de Anne-Marie Blondeau et Katia Buffetrille, Albin Michel, coll. Sciences des religions, 2002, p. 274 : « Il a été inscrit sur la liste du patrimoine modial, ce qui aurait dû entraîner la restauration des bâtiments environnants pour respecter le contexte architectural. Leur démolition a été déplorée, mais elle a été exécutée trop rapidement pour qu'une intervention quelconque puisse l’empêcher. [...] Cela en dépit du principe de la convention signée avec l'Unesco, qui cherche à respecter l'intégrité du cadre historique d'un lieu (Mac Lean) ». « Deciphering a Tibetan Pop Star's Self-immolation », sur economist.com, 2 avril 2022 (consulté le 6 avril 2022)
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