Toledo

( Tolède )

Tolède (en espagnol Toledo) est une ville du centre de l’Espagne, capitale de la province du même nom et de la communauté autonome de Castille-La Manche. Ville inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco pour ses richesses architecturales, Tolède est devenu un centre touristique important en Espagne.

Ville historique de Tolède *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Image illustrative de l’article Tolède 
L'alcázar de Tolède et le pont d'Alcántara sur le Tage. Pays Drapeau de l'Espagne  Espagne Type Culturel Critères (i) (ii) (iii) (iv) Numéro
d’identification 379 Zone géographique Europe et Amérique du Nord ** Année d’inscription 1986 (10e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification UNESCO
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Des restes archéologiques de l'âge du bronze ont été découverts sur la colline Cerro del Bu. Cette forteresse naturelle imprenable dominant les alentours est desservie par le Tage, qui a protégé les habitants de ce lieu pendant très longtemps. Cela leur a assuré une certaine prospérité ; en effet, de nombreux objets ornementaux en bronze, argent et or y ont été trouvés.

Le village s'est agrandi en occupant de plus en plus l'autre rive de la rivière, la colline de l'Alcázar. C'est ici que se forme l'histoire de la ville elle-même en devenant, tour à tour, acropole, forteresse et, finalement, palais et zone militaire.

En 192 av. J.-C., les Romains fondèrent la ville de Toletum[réf. nécessaire], qui devient par la suite Tolède, et y laissent de nombreuses traces à travers des constructions dont il reste encore aujourd'hui des ruines. La ville de Tolède est citée pour la première fois par l'historien Tite-Live qui la qualifie de « petite ville fortifiée »[1].

Lors des grandes invasions du Ve siècle qui ravagent un Empire romain d'Occident déclinant, Tolède est pillée à plusieurs reprises par les barbares (Vandales, Suèves et Alains) qui ont envahi la péninsule Ibérique à partir de l'an 409. À partir du milieu du VIe siècle, Tolède devient la capitale des Wisigoths : nouveaux maîtres d'une grande partie de la péninsule après avoir quitté la Gaule, ils fondent le royaume wisigothique d'Espagne.

Les conciles de Tolède : entre 400 et 702 apr. J.-C., il y eut onze conciles généraux, qui ont traité de questions de foi, et sept conciles provinciaux, qui se sont surtout préoccupé de discipline ecclésiastique. Lors du IIIe concile de Tolède en 589, les Wisigoths du roi Récarède abandonnent officiellement l'arianisme pour le catholicisme, qui devient la seule religion officielle de l'Espagne. Plusieurs conciles statuent sur les Juifs[2].

Au début du VIIIe siècle, lors de la conquête musulmane de l'Espagne, le dernier souverain wisigoth, Rodrigue, est battu par le conquérant berbère Tariq ibn Ziyad à la bataille de Guadalete (711). Tolède tombe aux mains des musulmans en 712. À partir de là, la ville fait partie du Califat omeyyade de Damas, puis de l'émirat indépendant de Cordoue (755–929), et enfin du califat de Cordoue.

Le 25 mai 1085, en pleine Reconquista, les chrétiens dirigés par le roi Alphonse VI de Castille reprennent Tolède aux musulmans. À la chute de la Taïfa (émirat d'al-Andalus), la ville était peuplée d'environ 30 000 personnes[3]. Le roi musulman accepte la reddition de la ville en échange de garanties négociées pour les musulmans. En écho au statut de dhimmi imposé précédemment par les musulmans aux non-musulmans, le statut de mudéjar prévoit qu'en échange d'un impôt spécifique pour les non-chrétiens, leurs biens sont garantis[4],[Note 1].

Au XIIe siècle, la ville devient un centre de traduction très réputé, et un lieu de rencontres entre les savants des trois grandes religions chrétienne, juive, musulmane mais la plupart des élites musulmanes s'est exilée et les Juifs tiennent alors un rôle majeur dans la traduction de la science gréco-arabe et dans les fonctions d'administration[6].

En 1391, les persécutions antijuives ensanglantant toute l'Espagne tuent 200 Juifs à Tolède, outre les viols. S'ensuivirent les lois de pureté du sang, la révolte anticonverso à Tolède (1449), la création de l'Inquisition espagnole (1478) et l'expulsion des juifs d'Espagne en 1492.

Entre les XIIe et XVIe siècles, Tolède devient une des capitales de Castille et une des plus riches et puissantes villes d'Espagne. La reine Jeanne la Folle y naît le 6 novembre 1479, et c'est dans cette ville qu'elle et son époux, Philippe de Habsbourg, futur Philippe Ier de Castille, sont désignés comme héritiers de la Couronne. Lors de la guerre des Communautés de Castille, Tolède est une des premières villes à se rebeller sous la houlette de Pedro Laso de la Vega (es) et Juan de Padilla. Après la défaite des communiers à la bataille de Villalar, María Pacheco, veuve de Padilla, oppose une résistance réelle jusqu'à la remise des armes en 1522. C’est là que l’empereur Charles V installe le siège de la Cour. En 1561, Tolède est abandonnée dans ce rôle au profit de Madrid à l'initiative de Philippe II.

Lorsque la guerre civile se déclenche, Tolède est située dans une zone républicaine. Pendant la guerre civile espagnole, Tolède est le théâtre de combats autour de l'Académie militaire de l'Alcazar. C'est là qu'eut lieu le siège de l'Alcazar de Tolède (1936) resté célèbre, où des troupes nationalistes résistèrent à un siège de près de 70 jours mené par les troupes républicaines. Elles ont été secourues le 28 septembre 1936 par les troupes du général Varela, et après trois mois d'intenses combats, le colonel Moscardó, commandant de la place, prononça un mot resté célèbre aux troupes nationalistes venues le secourir : « Sin novedad en el Alcazar » (« rien à signaler dans l'Alcazar »), phrase alors conventionnelle dans l'armée espagnole.

Tolède était particulièrement réputée pour sa production d'acier et notamment pour ses épées. Ces techniques y avaient été importées de Perse par les musulmans. La ville est aujourd'hui encore un centre important de production de couteaux et autres objets en acier.

Tite-Live, XXXV, 22. « CatholicaPedia.net », sur catholicapedia.net (consulté le 14 février 2021) Pérez Monzón et Rodríguez-Picavea 1995, p. 16. Pérez Monzón et Rodríguez-Picavea 1995, p. 17. Pérez Monzón et Rodríguez-Picavea 1995, p. 8. Karim Miské et E. Blanchard (édition Collector), « 2e épisode du disque 1 » in Juifs et musulmans, 2013, vidéo, DVD


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