Contexte de Occitanie (région culturelle)

L’Occitanie (Occitània ou Óucitanìo en occitan) est une région culturelle et historique du sud-ouest de l’Europe. Les principaux éléments qui la caractérisent sont sa culture et sa langue, la langue d'oc qui lui a donné son nom. L’espace occitan est identifié dès l’Empire romain sous le nom de Viennoise ou de Sept-Provinces (latin : Septem Provinciæ), et au début du Moyen Âge sous le nom d’Aquitaine (Aquitanica, royaume wisigoth de Toulouse, avant la conquête franque). Il retrouve une certaine unité à l'époque carolingienne sous le nom de royaume d'Aquitaine (aussi dénommé royaume de Toulouse) dont les délimitations territoriales correspondent grosso modo à l'espace linguistique de l'ancien occitan ou de la Viennoise romaine. L’Occitanie a connu différents noms au cours de son histoire. La plus grande partie de l’Occitanie est aujourd’hui située en France où, depuis 2016, une région administrative de moindre éte...Lire la suite

L’Occitanie (Occitània ou Óucitanìo en occitan) est une région culturelle et historique du sud-ouest de l’Europe. Les principaux éléments qui la caractérisent sont sa culture et sa langue, la langue d'oc qui lui a donné son nom. L’espace occitan est identifié dès l’Empire romain sous le nom de Viennoise ou de Sept-Provinces (latin : Septem Provinciæ), et au début du Moyen Âge sous le nom d’Aquitaine (Aquitanica, royaume wisigoth de Toulouse, avant la conquête franque). Il retrouve une certaine unité à l'époque carolingienne sous le nom de royaume d'Aquitaine (aussi dénommé royaume de Toulouse) dont les délimitations territoriales correspondent grosso modo à l'espace linguistique de l'ancien occitan ou de la Viennoise romaine. L’Occitanie a connu différents noms au cours de son histoire. La plus grande partie de l’Occitanie est aujourd’hui située en France où, depuis 2016, une région administrative de moindre étendue porte le même nom.

Plus à propos Occitanie (région culturelle)

Population, Area & Driving side
  • Population 16922045
  • Zone 198113
Historique
  • Sous la domination romaine tardive (après 355 AD), la majeure partie de l'Occitanie était connue comme Aquitania (Aquitaine)[1]. Elle-même faisant partie des Sept Provinces représentant une grande Provincia (Provence). Tandis que les provinces septentrionales de ce qui est maintenant la France ont été appelés Gallia (Gaule). Gallia Aquitania ou Aquitanica est un nom utilisé depuis l'époque médiévale pour désigner l'Occitanie (c'est-à-dire le Limousin, l'Auvergne, le Languedoc et la Gascogne), incluant aussi la Provence au début du VIe siècle.

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    Sous la domination romaine tardive (après 355 AD), la majeure partie de l'Occitanie était connue comme Aquitania (Aquitaine)[1]. Elle-même faisant partie des Sept Provinces représentant une grande Provincia (Provence). Tandis que les provinces septentrionales de ce qui est maintenant la France ont été appelés Gallia (Gaule). Gallia Aquitania ou Aquitanica est un nom utilisé depuis l'époque médiévale pour désigner l'Occitanie (c'est-à-dire le Limousin, l'Auvergne, le Languedoc et la Gascogne), incluant aussi la Provence au début du VIe siècle.

    Le diocèse de Vienne (ou Septem Provinciæ - Les Sept Provinces), env. 300 ap. J.-C. 
    Le diocèse de Vienne (ou Septem Provinciæ - Les Sept Provinces), env. 300 ap. J.-C.

    L'Occitanie a été souvent politiquement unie pendant le haut Moyen Âge, lors du royaume wisigoth et sous plusieurs souverains mérovingiens ou carolingiens. À Thionville, neuf ans avant sa mort (805), Charlemagne a promis que son empire serait divisée en trois territoires autonomes en fonction des nationalités et des langues vernaculaires : un territoire franco-allemand autour des francs, un territoire nord-italien autour des lombards et un territoire qui est à peu près l'Occitanie moderne, issue de la réunion d'une grande Provence et de l'Aquitaine[2]. Mais les choses ne se passèrent pas comme prévu. À la division de l'Empire franc (IXe siècle), l'Occitanie fut divisée en différents comtés, duchés, royaumes, évêchés et diocèses, ainsi qu'en communes fortifiées autonomes. Depuis lors, le pays n'a jamais été politiquement uni à nouveau.

    Projet de partage de l'Empire carolingien en 806. 

    Projet de partage de l'Empire carolingien en 806.

    Le royaume d'Aquitaine après le partage de 806. Royaume d'Aquitaine et ses pays tributaires 
    Le royaume d'Aquitaine après le partage de 806.
    Royaume d'Aquitaine et ses pays tributaires

    Du IXe au XIIIe siècle, l'Occitanie a subi un enchevêtrement de différentes allégeances envers des souverains nominaux, connues sous le nom de Grande guerre méridionale. Les ducs d'Aquitaine, les comtes de Foix, les comtes de Toulouse et les rois aragonais ont rivalisé dans leurs tentatives de contrôler les différents pays de l'Occitanie[3]. Plusieurs tentatives d'unification politique ont eu lieu, surtout entre le XIe et le XIIIe siècle. En 1137, le comté de Barcelone s'unit avec le royaume d'Aragon, donnant un avenir davantage tourné vers le sud que vers le nord et le reste des territoires occitans. Néanmoins, l'Occitanie est restée unie par une culture commune qui se jouait des frontières politiques, en perpétuels mouvements. Les noms "Occitania"[4] et « occitan » (langue occitane) sont apparues dans les textes latins dès 1242-1254[5] à 1290. Au cours des années suivantes du début du XIVe siècle, plusieurs textes existent dans lesquels il est fait indirectement référence au territoire comme « le pays de la langue occitane » (Patria Linguæ Occitanæ)[6]. Depuis le Moyen Âge, l'Occitanie a une certaine conscience de son unité[7] comme le montre l'important développement de la littérature de langue occitane aux XIIe et XIIIe siècles. Cette unité se retrouve maintenant sous la dénomination de Midi. La littérature occitane était glorieuse et prospère, les troubadours ont inventé l'amour courtois (fin'amor). La langue d'Oc était utilisée dans tous les milieux cultivés européens.

    Mais à partir du XIIIe au XVIIe siècle, les rois de France ont conquis progressivement l'Occitanie, parfois par la guerre et l'extermination de la population, parfois en usant d'intrigues politiques subtiles. Fragilisé par plusieurs décennies de conflits internes, les états occitans sont vaincus à l'issue de la croisade des albigeois. Au XIVe siècle, les ravages causées par la Guerre de Cent ans entraînent en Charentes le remplacement de la population occitane par une population poitevine. En 1481, le comté de Provence jusqu'ici de facto indépendant du Saint-Empire est annexé par le Royaume de France. Dès la fin du XVe siècle, la noblesse et la bourgeoisie ont commencé à apprendre le français alors que le peuple conservait l'occitan (ce processus a commencé au XIIIe siècle dans deux régions les plus septentrionales, dans le nord du Limousin et dans le Bourbonnais). En 1539, François Ier a émis le décret de Villers-Cotterêts qui impose l'usage du français dans l'administration. Mais en dépit de mesures comme celle-ci, un fort sentiment d'identité nationale contre l'occupant français est resté. Jean Racine a écrit lors d'un voyage à Uzès en 1662 : « Nous appelons ici la France tout le pays qui est au-delà de la Loire. Celui-ci passe comme une province étrangère. »[8].

    En 1789, les comités révolutionnaires ont essayé de rétablir l'autonomie des régions du "Midi". Ils ont utilisé la langue occitane mais le pouvoir jacobin les neutralisera.

    L'Aquitaine historique ne doit pas être confondue avec la région française moderne qui a porté le même nom : c'est la principale raison pour laquelle le terme Occitanie a été relancé dans le milieu du XIXe siècle.

    Depuis le XIXe siècle, plusieurs mouvements ont essayé d'améliorer l'utilisation sociale de l'occitan et d'obtenir la reconnaissance publique de la culture occitane. Le XIXe siècle a connu une forte reprise de la littérature occitane et l'écrivain Frédéric Mistral a reçu le prix Nobel de littérature en 1904. Mais à partir de 1881, les enfants qui parlaient occitan à l'école ont été punis conformément aux recommandations du ministre Jules Ferry. Cela a conduit à une dévalorisation de la langue appelée la vergonha (la honte). L'ensemble des quatorze millions d'habitants de la région parlaient occitan en 1914[9], mais le français a pris le dessus au cours du XXe siècle.

    La situation a empiré avec l'exclusion de la langue d'oc des médias[réf. nécessaire]. En dépit de cette baisse d'usage, la langue occitane est toujours vivante [réf. nécessaire]. Une partie[Qui ?] du mouvement occitaniste exprime des revendications politiques allant de l'autonomie régionale à l'indépendance complète. En 1990, l'occitan a été reconnu comme une langue officielle du Val d'Aran[10] situé en Catalogne espagnole, puis dans toute la Catalogne en 2006. En 1999, c'est devenu une langue protégée dans une grande partie des vallées occitanes italiennes[11]. En 2007 la région Midi-Pyrénées et le département des Pyrénées-Orientales (France) ont adopté des dispositions en faveur de la langue et de la culture occitanes. En 2009, c'est le cas de la région Rhône-Alpes (France).

    L'espace linguistique de l'ancien occitan correspond grosso modo aux espaces politiques romains (Septem Provinciæ) et francs (Royaume d'Aquitaine) avant le second projet de partage de l'Empire de Charlemagne en trois Francies. 

    L'espace linguistique de l'ancien occitan correspond grosso modo aux espaces politiques romains (Septem Provinciæ) et francs (Royaume d'Aquitaine) avant le second projet de partage de l'Empire de Charlemagne en trois Francies.

    Couronne d'Aragon et son allié le comté de Toulouse, ainsi que leurs vassaux en 1209. 

    Couronne d'Aragon et son allié le comté de Toulouse, ainsi que leurs vassaux en 1209.

    L'expulsion des habitants de la ville de Carcassonne lors de la croisade des barons (1209). 

    L'expulsion des habitants de la ville de Carcassonne lors de la croisade des barons (1209).

    Chronologie

    En 2016 apparaît sur la carte de France, entre Rhône et Pyrénées, une nouvelle région du nom d'Occitanie. Sur ce même territoire, et avec quelques variantes, l’appellation “Occitania” ou Occitanie a été utilisée, presque sans interruption, pendant plus de 500 ans, de la fin du XIIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, par les rois de France, les Parlements successifs et les états du Languedoc. Au milieu du XIXe siècle, les linguistes, poètes et écrivains s'emploieront à désigner sous cette même appellation, tout l'espace de la langue d'oc ou occitan.

    Le nom Occitanie recouvre donc deux réalités aussi légitimes que différentes. Il en est de même pour d’autres territoires tels que l’Europe (Union européenne et Europe de l’Atlantique à l’Oural, Europe du Bosphore au cap Nord…) ou l’Amérique (Du détroit de Béring à la Terre de Feu, les États-Unis…). La croix occitane, anciennement Croix du Languedoc, figure sur de nombreux blasons ou logos de régions, villes, organismes et associations des pays occitans, entre Italie et Catalogne. Ses origines sont incertaines et ses significations diverses, solaires, zodiacales, voire ésotériques. La croix occitane, caractérisée par ses douze bulles ou pommettes, apparaît dès la deuxième moitié du XIe siècle sur les blasons des Comtes de Toulouse. Elle sera abondamment reprise depuis ce XIe siècle. La croix occitane est aujourd’hui un des emblèmes majeurs des deux acceptions de l’Occitanie. Elle est également l’emblème le plus respecté et le plus familier de la langue et de la culture occitane.

    Jean-Pierre Juge (2001) Petit précis - Chronologie occitane - Histoire & civilisation, p. 14 Jean-Pierre JUGE (2001) Petit précis - Chronologie occitane - Histoire & civilisation, p. 19 BONASSIÉ Pierre (1979) L'Occitanie, un État manqué?, L’Histoire 14: 31-40. Joseph Anglade, Grammaire de l'ancien provençal ou ancienne langue d'oc, 1921, Part I, Chap. 1, p. 9: Le mot Langue d'Oc a d'abord désigné le pays où se parlait cette langue; c'était une expression géographique. Le pays de langue d'oc s'appelait en latin Occitania (formé sans doute sur Aquitania) Frédéric Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige (1878-1886), vol. II, p. 1171: "Les textes abondent qui montrent l'origine française ou ecclésiastique des expressions lingua occitana et Occitania. Le pape Innocent IV (1242-1254), un des premiers parle de Occitania dans ses lettres; les commissaires de Philippe le Bel qui rédigèrent l'arrêt sanè des coutumes de Toulouse se déclarent Ad partes linguæ occitanæ pro reformatione patriæ designati et stipulent que leur règlement est valable in tota lingua occitaniæ. Robèrt LAFONT (1986) "La nominacion indirècta dels païses", Revue des langues romanes no 2, tome XC, p. 161-171 LAFONT Robèrt (2003) Petita istòria europèa d’Occitània, coll. Istòria, Canet: Trabucaire. Frédéric Mistral, Lou Tresor dóu Felibrige ou Dictionnaire provençal-français embrassant les divers dialectes de la langue d'oc moderne (1878–1886), vol. I, p. 1182. Joseph Anglade, Grammaire de l'ancien provençal ou ancienne langue d'oc, 1921: La Langue d'Oc est parlée actuellement par douze ou quatorze millions de Français Act no. 16 of 1990 (Regim especiau dera Val d'Aran / Special Regime of Aran Valley) and Act no. 1 of 1998 (Lei de politica linguistica / Language Policy Act), both in the autonomous region of Catalonia; Legalitat: oficialitat. Act no. 482 of 1999 in Italy (Norme in materia di tutela delle minoranze linguistiche storiche / Norms Concerning the Protection of Historical Language Minorities) Norme in materia di tutela delle minoranze linguistiche storiche.
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