Contexte de Géorgie (pays)

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La Géorgie (en géorgien : საქართველო, Sakartvelo /sɑkʰɑrtʰvɛlɔ/ ), est un pays sur la côte est de la mer Noire dans le Caucase, situé à la fois en Europe de l'Est et en Asie de l'Ouest,,. Elle est considérée comme faisant culturellement, historiquement et politiquement parlant partie de l'Europe,,. Le pays est membre du Conseil de l'Europe, de l'OSCE, de Eurocontrol, de la Coopération économique de la mer Noire et de l'Alliance GUAM. Elle espère devenir un jour membre de l'OTAN et de l'Union européenne, avec laquelle un accord d'association a été conclu en 2014. À la suite de la guerre en Ukraine, la Géorgie a déposé officiellement sa candidature à l'Union européenne le 3 mars 2022,.

L'histoire de la Géorgie remonte aux royaumes antiques de Colchide et d'Ibérie, qui furent ensuite unifiés. La Géorgie est l'une des premières nations à avoir adopté le christianisme comme religion officielle, au début du IVe siècle, : elle a rejoint l'orthodoxie après le schisme de 1054. Elle connaît son âge d'or au XIIe siècle, sous le règne de Tamar Ire. Confrontée tour à tour aux Romains, aux Perses, aux Mongols, aux Byzantins, et aux Ottomans, la Géorgie est annexée au début du XIXe siècle par la Russie impériale sous Paul Ier, mais retrouve son indépendance de 1918 à 1921. Elle est ensuite intégrée en tant que république au sein de l'Union soviétique.

L'indépendance de la Géorgie est une nouvelle fois restaurée en 1991. Le pays accumule difficultés économiques et guerres de sécession ; l'Adjarie redevient totalement géorgienne en 2004, par contre l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud proclament unilatéralement leur indépendance avec le soutien direct de la Russie après les combats des années 1990 et la deuxième guerre d'Ossétie du Sud en 2008. La révolution des Roses, en 2004, pacifique, et l'alternance démocratique, en 2012, non moins pacifique, ont conduit le pays sur le chemin de la démocratie.

Le pays couvre un territoire de 69 700 km2 dont 12 560 km2, soit environ 18 %, échappent à l'administration géorgienne. La Géorgie possède des frontières avec la Russie au nord et nord-est, l'Arménie et la Turquie au sud, et l'Azerbaïdjan au sud-est. La population est de 3,7 millions d'habitants selon le recensement de novembre 2014.

Plus à propos Géorgie (pays)

Informations de base
  • Devise Lari (monnaie)
  • Nom natif საქართველო
  • Indicatif d'appel +995
  • Domaine Internet .ge
  • Speed limit 110
  • Mains voltage 220V/50Hz
  • Democracy index 5.31
Population, Area & Driving side
  • Population 4573192
  • Zone 69700
  • Côté conduite right
Historique
  • De la Préhistoire à l'Antiquité
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    De la Préhistoire à l'Antiquité
     
    La patère de Marc Aurèle, un empereur romain, découverte en Géorgie.

    Lors de recherches paléontologiques effectuées à Dmanissi, dans le sud du pays, entre 1999 et 2001, des restes d'hominidés de l'espèce Homo georgicus datant d'environ 1,8 million d'années ont été retrouvés.

     
    Archéopolis dans l'ouest de la Géorgie. Ce serait la ville d'Ea mentionnée par Strabon et Pline, et que Procope de Césarée appelle « Archeaopolis »[1].

    De nombreuses cultures se disséminent à travers le Caucase, de Trialétie au Koura-Araxe. Le territoire géorgien, comme celui de tout le Caucase, se trouve dans une position de carrefour entre les puissances qui l'entourent. Les Scythes ravagent la région au VIe siècle av. J.-C., invasion suivie d'une annexion iranienne (dynastie achéménide, le premier Empire perse).

    La rivière Koura, entre la mer Caspienne et la mer Noire, est un tracé secondaire de la route de la soie.

    Durant la seconde moitié du IVe siècle av. J.-C., le conquérant Alexandre le Grand atteint à son tour les frontières de la Géorgie actuelle. Son règne est une étape marquante vers une société géorgienne unifiée, unification qui ne se produira que plusieurs siècles plus tard.

    Au IIIe siècle av. J.-C., la Géorgie est divisée en deux : une partie occidentale, de culture grecque (la Colchide) et une partie orientale et indépendante (l'Ibérie). Alors que la Colchide tombe aux mains de ses puissants voisins (Royaume du Pont, puis Empire romain), l'Ibérie se développe au point de rivaliser avec l'Arménie pour le contrôle du Caucase. La République romaine la vassalise jusqu'à l'invasion des Arsacides au IIe siècle : l'Ibérie constitue dès lors une source de conflit, au même titre que l'Arménie, entre l'Empire romain et l'Empire iranien (les Parthes).

    Entrée de la Géorgie au Moyen Âge
     
    Le sarcophage du roi Mirian III dans la cathédrale de Samtavissi (XIe siècle).

    La Géorgie orientale change considérablement au IVe siècle. L'Ibérie passe non seulement d'une vassalité parthe à une autre vassalité perse (sassanide), mais entre dans le monde romain. Durant la décennie 330, la Géorgie se convertit au christianisme apporté par sainte Nino de Cappadoce, une nonne de Jérusalem de la famille de Georges de Lydda qui convertit le roi Mirian III et son épouse. La culture géorgienne se développe à travers la chrétienté et atteint son apogée avec le règne de Vakhtang Ier Gorgassali, monarque vainqueur des Perses et des Byzantins, de ses proches vassaux et des lointains Indiens.

    À la fin du Ve siècle, l'Ibérie et la Colchide s'allient, et tentent une première unification. L'avènement de la puissance ibère est anéanti par la mort du roi Vakhtang Ier, dans les années 580 : la Perse annexe la Géorgie orientale qui devient une province. Une période trouble s'ensuit, la Géorgie est divisée à maintes reprises entre les Perses, les Byzantins, les Arabes et quelques princes locaux assez puissants pour reprendre provisoirement le titre de roi.

    À la fin du IXe siècle, après la décadence engendrée par les invasions arabes du VIIe siècle, le prince de Tao, Adarnassé IV, unifie la Géorgie orientale et prend le titre de « roi des Géorgiens », probablement aidé par son voisin arménien[2].

    Royaume de Géorgie
     
    David IV, le roi de la Géorgie unifiée (fresque du monastère de Chio-Mgvime).

    Au début du XIe siècle, le prince Bagration (descendant du premier roi des Géorgiens, Adarnassé IV), Bagrat III, unifie pour la première fois de son histoire la nation géorgienne, du royaume d'Abkhazie à celui de Kakhétie, rassemblant dans un unique État tous les pays partageant la même religion et la même culture que l'Ibérie. En quelques années, Bagrat III réussit par ailleurs à soumettre bon nombre de ses voisins, dont l'émirat de Gandja. Dans un but politique, il se sépare de la tradition pro-byzantine de ses ancêtres et s'allie avec le Califat fatimide, musulman, contre Constantinople. Pour cette raison, la première moitié du XIe siècle est principalement illustrée par les nombreux conflits militaires entre le Royaume de Géorgie et l'Empire byzantin.

     
    Chrétiens jetés dans la Koura par les Mongols car ils refusaient d'abjurer leur foi (cathédrale de Samtavissi).

    À la fin des années 1040, le conflit cesse et laisse place à une autre inimitié, cette fois entre Géorgiens et Seldjoukides, eux aussi musulmans. La guerre éclate en 1048 : les forces alliées de la Géorgie et de Byzance triomphent d'abord de l'Empire seldjoukide à la bataille de Kapetrou, engagent une croisade géorgienne en raison du caractère religieux du conflit, mais battent en retraite : de terribles dévastations sont perpétrées sur le territoire géorgien par les Seldjoukides jusqu'à la fin du XIe siècle.

    À peine monté sur le trône, le jeune roi David IV repousse les troupes de l'envahisseur et conquiert plusieurs régions jusqu'à former un empire géorgien : il unifie les terres situées entre la mer Noire et la mer Caspienne, et réalise la conquête de l'Arménie et de l'Alanie. Ses successeurs achèvent au début du XIIIe siècle la prise de contrôle du sud transcaucasien : le règne de la reine Tamar Ire constitue l'apogée du Royaume de Géorgie.

    Plusieurs révoltes nobiliaires éclatent, et en 1223, les Mongols apparaissent aux frontières du pays : ils vainquent la monarchie géorgienne. Durant la décennie 1270, un royaume indépendant s'instaure en Géorgie occidentale. Le territoire géorgien sombre dans le déclin, les Timourides, puis les Turcomans succèdent aux Mongols. Devenue unique territoire chrétien de cette région après la chute de Trébizonde en 1461, la Géorgie se divise en trois entités.

    Division
     
    Vakhtang VI, dernier roi de la dynastie de Moukhran.

    En 1478, Constantin II accède au trône géorgien après une période de guerre civile et de chaos intérieur. Une dizaine d'années plus tard, en 1490, un conseil national proclame la division officielle du Royaume de Géorgie, qui laisse place à trois entités : l'Iméréthie (ouest), dirigée par Alexandre II, la Karthli (centre) qui reste aux mains de Constantin II, et la Kakhétie (est), qui revient au prince Alexandre Ier. À partir de cette période, les trois royaumes deviennent des vassaux des puissances musulmanes qui les entourent : les Empires perse et ottoman :

    la division profite aux États vassaux de la Ciscaucasie qui se proclament indépendants, mais les Ottomans les annexent (de jure) entourant désormais la totalité de la Géorgie occidentale ; l'Iméréthie sombre à son tour dans le chaos quand la noblesse réussit (notamment grâce à la conversion de ces nobles à l'Islam) à gagner en puissance. En un demi-siècle, l'Abkhazie, la Svanétie, la Mingrélie et la Gourie deviennent indépendantes (de facto) vis-à-vis de Koutaïssi : leurs rois n'hésitent pas à se proclamer monarques à leur tour ; les deux autres royaumes géorgiens, la Kartlie et la Kakhétie, sont sous une administration non moins instable. Les guerres civiles sont courantes et des tentatives d'unification par la force sont souvent organisées. Le Chah de Perse, qui n'est officiellement que le suzerain, nomme également le roi de ces provinces et a le pouvoir de les chasser quand ils sont jugés coupables d'insoumission : plusieurs monarques périssent dans le martyre, notamment en raison de leur foi chrétienne. Au XVIIe siècle, la dynastie de Moukhran accède au trône de Kartlie et une nouvelle période commence dans l'histoire de la Géorgie orientale. Les monarques de cette dynastie tentent de recréer un royaume unifié, réalisé par le roi Vakhtang V : il réussit à placer un temps sur les trônes de Kakhétie et d'Iméréthie ses propres enfants, mais ils en sont chassés quelques années plus tard sous la pression des Turcs.

    Le XVIIIe siècle est une période d'éphémère renaissance pour la Géorgie. À l'ouest, les monarques d'Iméréthie ont réussi à regagner leur pouvoir héréditaire, tandis que la culture géorgienne se développe à l'est du pays, culture composée de tradition locale et d'influence persane. L'imprimerie est importée au début du siècle. Les premières relations avec le nouvel Empire russe (également chrétien orthodoxe) se développent: elles se renforcent et irritent la Perse séfévide, qui n'hésite pas à détrôner la dynastie de Moukhran pour placer des princes de Kakhétie sur le trône de Kartlie. Cela contribue notamment à la formation d'un nouveau royaume géorgien unifié dans les années 1760 dans l'est du pays.

    Entre annexion et indépendance
     
    Georges XII, le dernier roi de Géorgie de 1798 à 1800.

    En 1762, la Géorgie orientale est unifiée sous le sceptre du roi Héraclius II, qui fonde le Royaume de Kartl-Kakhétie, dans l'espoir de reconquête de l'indépendance perdue vis-à-vis de la Perse impériale. En 1783, il signe à Gueorguievsk un traité de protection et de coopération militaire bilatérale avec l'Empire russe de Catherine II, qui se pose désormais en suzeraine de la Géorgie. Toutefois, ce traité n'empêche pas l'empire perse qadjar d'Agha Mohammad Chah de ravager le pays et de prendre la capitale, Tiflis, qui est complètement brûlée en 1795. Trois années plus tard, le roi Georges XII succède à son père et son court règne reconfirme le traité de Gueorguievsk ; à sa mort, en 1800, la Russie annexe le Royaume de Kartl-Kakhétie, qui devient une simple province de l'empire d'Alexandre Ier. La signature du Traité de Golestan (1828) fait perdre définitivement à l'Empire perse toutes les villes du territoire géorgien, y compris celles situées sur la côte de la mer Noire.

     
    Catherine, la dernière princesse régnante de Mingrélie.

    Antérieurement au traité, l'Empire russe a déjà annexé l'émirat de Gandja en 1813 et le khanat d'Erevan en 1828, et sa conquête du Caucase se poursuit avec l'Iméréthie : après une courte guerre, le roi Salomon II est arrêté et extradé vers l'Empire ottoman. Toutes les principautés géorgiennes indépendantes (Abkhazie, Svanétie, Moukhran…), sont peu à peu annexées. Le pouvoir tsariste de Saint-Pétersbourg crée alors la vice-royauté du Caucase, subdivisée en gouvernat (dont celui de Géorgie-Iméréthie) avec pour capitale administrative Tiflis.

    La période d'annexion russe est d'abord une période de combat et de rébellion, mais aussi de développement de la société et de la culture géorgienne. Les églises sont restaurées, des écoles sont créées et la littérature géorgienne accède à son apogée, notamment grâce aux écrivains Ilia Tchavtchavadzé et Akaki Tsereteli dont les œuvres sont aujourd'hui des références.

    Durant le XIXe siècle, si la culture transcaucasienne se réoriente vers le christianisme orthodoxe (se séparant de la tradition persane qui a dominé le pays durant près de cinq siècles), le réveil des nationalités gagne la Géorgie comme les autres pays de l'Europe, les idées progressistes trouvent écho auprès des jeunes aristocrates géorgiens. Malgré l'émancipation des serfs appliquée en Géorgie en 1865, les révoltes paysannes se multiplient devant la difficulté de la vie. La mort controversée du prince Dimitri Kipiani en 1887 fait également éclater des manifestations antirusses.

    Au début du XXe siècle, deux mouvements de pensée se partagent l'opposition au régime tsariste, le mouvement social-fédéraliste géorgien tenant d'une autonomie géorgienne au sein de l'entité russe (il donnera naissance en 1918 au parti national-démocrate résolument indépendantiste) et le mouvement social-démocrate géorgien, marxiste, pour qui la démocratisation géorgienne ne pourra s'effectuer qu'en concert avec la démocratisation russe (il donne naissance en 1904 à la tendance bolchévique, minoritaire dans le Caucase et partisane de la dictature du prolétariat et à la tendance menchevique, majoritaire dans le Caucase, et partisane d'un régime parlementaire).

    Fédération de Transcaucasie et république démocratique de Géorgie

    En novembre 1917, après la révolution russe d'octobre, les pays transcaucasiens refusent de reconnaître l'autorité du pouvoir bolchévique de Petrograd : la présidence du Haut commissariat à la Transcaucasie est confiée à Evguéni Guéguétchkori[3](ancien député menchevique représentant la Géorgie à la Douma russe). Le 10 février 1918, une Assemblée parlementaire transcaucasienne, dite Sejm, présidée par Nicolas Tcheidze[4](ancien président menchevique du Comité exécutif du Soviet de Petrograd, de février à octobre 1917) confirme Evguéni Guéguétchkori dans ses fonctions. Le 9 avril, la Sejm proclame l'indépendance de la république démocratique fédérative de Transcaucasie et confie la responsabilité de son exécutif à Akaki Tchenkéli[5] (Akaki Tchkhenkéli), ancien député menchevique représentant la Géorgie à la Douma russe.

     
    République géorgienne - une inscription en français sur un timbre postal géorgien de 1920.

    La cohabitation des trois peuples sud-caucasiens - arménien, azerbaïdjanais et géorgien - se heurte aux sentiments nationalistes : à peine un mois plus tard, (le 26 mai 1918), l'indépendance de la république démocratique de Géorgie est proclamée au nom de tous les partis par Noé Jordania[6] porte-parole du Conseil national géorgien (ancien président menchevique du Soviet de Tiflis et l'un des leaders du Parti ouvrier social-démocrate géorgien). Deux jours plus tard, l'Arménie et l'Azerbaïdjan proclament leur indépendance à leur tour.

     
    Noé Jordania, proclame l'indépendance de la Géorgie le 26 mai 1918 : il sera président des 2e et 3e gouvernements.

    Nicolas Tcheidze devient président de l'Assemblée parlementaire provisoire de la république démocratique de Géorgie, Noé Ramichvili[7] premier président de gouvernement et Noé Jordania deviendra 2e et le 3e présidents de gouvernement. L'État géorgien peut renaître. En à peine trois années, une constitution moderne est créée, la reconstruction nationale est entreprise et de multiples réformes sont mises en œuvre afin d'acheminer la Géorgie vers la démocratie. La situation géopolitique de la Géorgie de l'époque, conflit potentiel avec la Turquie, lui font solliciter la protection des forces de la Triplice : les troupes allemandes débarquent à Batoumi, une des villes qui sera plus tard promise par le pouvoir bolchévique à l'empire ottoman.

    La fin de la Première Guerre mondiale change la situation : l'armée britannique prend le relais provisoirement de l'armée allemande. Entre 1918 et 1921, la Turquie, l'Arménie et l'Azerbaïdjan entrent en conflit pour des questions frontalières, la Russie pour des questions plus existentielles. En mai 1920, le gouvernement bolchévique russe de Moscou signe un traité de paix avec le gouvernement social-démocrate géorgien de Tbilissi. En janvier 1921, les alliés de la Triple-Entente reconnaissent de jure la république démocratique de Géorgie. Malgré une coopération déclarée et une reconnaissance mutuelle de la part de la Russie soviétique, malgré la reconnaissance internationale, l'Armée rouge envahit le territoire géorgien en février 1921 et met fin à la République démocratique de Géorgie en mars 1921. La classe politique et la classe militaire émigrent, pensant pouvoir reconquérir le pays de l'extérieur à travers leur gouvernement en exil.

    République socialiste de Géorgie et république socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie

    Après l'invasion soviétique, la république socialiste soviétique de Géorgie fut proclamée. Il y eut alors un bras de fer entre les différentes factions de Moscou dirigées par Lénine et Staline, durant l'Affaire géorgienne des années 1920, qui mènera également à la perte de près d'un tiers des territoires géorgiens au profit de ses différents voisins. En décembre 1922, l'URSS est proclamée et la RSG devint une des trois républiques de la République socialiste fédérative soviétique de Transcaucasie, dissoute à son tour en 1936.

     
    Anastase Mikoïan, Joseph Staline et Grigory Ordjonikidze à Tbilissi en 1925.

    En 1927, Staline arriva à la tête de l'Union soviétique après avoir procédé à des éliminations politiques. À partir de cette époque, la destinée de la Géorgie changea. En effet, le dictateur soviétique était né sous le nom de Joseph Djougachvili à Gori, en Géorgie et c'est notamment pour cette raison que le statut de la région changea considérablement. Dans les années 1930, après avoir supprimé toute opposition anticommuniste, le gouvernement de Moscou fit de la Géorgie un lieu de détente pour l'intelligentsia soviétique. Puis peu à peu, la contrée se développa et après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs dirigeants du monde (dont Georges Pompidou, Fidel Castro…) visitèrent le pays. À la mort de Staline en 1953, son successeur Nikita Khrouchtchev entama une politique qui consistait à supprimer le culte de la personne de l'ancien chef d'État. Pour cette raison, plusieurs manifestations et révoltes éclatèrent à Tbilissi, et chacune d'entre elles fut brutalement arrêtée. Bientôt, une opposition se développa et à partir des années 1970, un sentiment nationaliste fort se développa en Géorgie. Lors de la tragédie du 9 avril 1989, une manifestation anti-soviétique fut violemment dispersée par l'armée[8], menant à la démission du gouvernement[9]. En 1990, la RSS de Géorgie fut dissoute et remplacée par le Conseil suprême.

    Période post-soviétique
     
    Les deux drapeaux géorgiens : celui de l'État et celui de la religion chrétienne géorgienne, à l'entrée du monastère d'Alaverdi.

    La Géorgie proclama son indépendance le 9 avril 1991 et nomma comme chef d'État Zviad Gamsakhourdia. Or, quelques mois seulement après son arrivée au pouvoir, une opposition se développa contre son régime, jugé trop autoritaire. Entretemps, le gouvernement avait profité de cette situation pour supprimer l'autonomie de l'oblast d'Ossétie du Sud qui fut intégrée à la région de Mtskheta-Mtianétie. Cette action poussa les autochtones ossètes à se rebeller contre le gouvernement et des affrontements militaires firent des dizaines de morts jusqu'à la fin de l'année. Finalement, les troupes nationales perdirent le contrôle du conflit quand les séparatistes, soutenus par la Russie, proclamèrent leur indépendance le 28 novembre.

     
    Edouard Chevardnadze, chef d'État de la Géorgie de 1992 à 2003.

    Plus tard dans l'année, les membres de l'opposition s'armèrent quand le commandant limogé de la Garde nationale Tenguiz Kitovani rejoignit le camp anti-Gamsakhourdia. À la fin du mois de décembre 1991, ils avaient commencé le siège du Parlement qui sera pris le 6 janvier 1992, date du coup d'État qui amena l'exil du président Gamsakhourdia chez ses voisins caucasiens. À ce moment, un Conseil d'État fut formé et l'ancien chef du parti communiste géorgien Edouard Chevardnadze fut choisi pour chef du Conseil intérimaire. Celui-ci poursuivit la guerre en Ossétie du Sud et, au lieu d'atténuer les conflits séparatistes, envoya des troupes géorgiennes en Abkhazie pour réprimer les nationalistes qui viraient vers le sécessionnisme à leur tour. Mais Tbilissi se heurta à une opposition armée et soutenue logistiquement par la Russie. En un peu plus d'une année, la guerre fut gagnée par les séparatistes qui déclarèrent à leur tour leur indépendance et se livrèrent à un nettoyage ethnique des Géorgiens présents sur ce territoire. À la suite de cette défaite, Tbilissi tenta de se rapprocher politiquement de la Russie qui lui accorda une aide militaire pour combattre les nouveaux opposants menés par Gamsakhourdia qui avait établi un gouvernement en exil à Zougdidi. Cette ville fut par la suite prise par les autorités géorgiennes en novembre 1993 et un mois plus tard Zviad Gamsakhourdia fut retrouvé mort dans le village de Khiboula.

    La défaite du nouveau gouvernement géorgien face aux séparatistes fit monter leur impopularité chez le peuple dont une partie continua à se battre en l'honneur de Gamsakhourdia. En 1995, de nouvelles élections furent organisées et, à la suite de celles-ci, le Conseil d'État fut dissous et Édouard Chevardnadzé devint président de la République. Sa présidence fut notamment caractérisée par une longue crise économique qui attisa l'ire de plusieurs membres du gouvernement soutenus par les capitalistes occidentaux. En 2000, il fut réélu à la présidence de la République mais ne put empêcher plusieurs partis d'opposition de se former. Par une dernière tentative, il essaya d'orienter sa politique en direction de l'Occident, notamment en concluant une alliance militaire avec les États-Unis, mais en novembre 2003 le peuple se révolta et mena la révolution des Roses qui aboutit à la destitution de Chevardnadzé. Un gouvernement intérimaire fut alors constitué et en janvier 2004, Mikheil Saakachvili fut élu à la présidence.

    XXIe siècle 2004
     
    Mikheil Saakachvili, président de 2004 à 2013.
     
    Symbole de la demande d'intégration dans l'OTAN affiché avenue Roustaveli, à Tbilissi, devant le Parlement.

    Mikheil Saakachvili est président de la Géorgie de janvier 2004 à octobre 2013, mais il doit céder la Primature en octobre 2012 à son opposant Bidzina Ivanichvili.

    Saakachvili entame une ouverture économique et conclut des alliances afin de redresser la situation financière. Il met en œuvre une politique pro-occidentale, considérant que la menace russe est forte, et demande adhésion à l'OTAN. Il parvient à reprendre le contrôle de la région d'Adjarie, en poussant son président Aslan Abachidze à l'exil en Russie. Il parvient à faire évacuer les bases militaires russes d'Akhalkalaki, de Batoumi et de Tbilissi. La situation des régions sécessionnistes, Abkhazie et Ossétie du Sud, reste inchangée, les déclarations unilatérales d'indépendance ne sont pas reconnues sur le plan international. Les échecs des tentatives de réunification du pays entraînent de nombreuses manifestations en novembre 2007 : Mikheil Saakachvili démissionne un mois plus tard pour participer à l'élection présidentielle anticipée du 5 janvier 2008, qu'il remporte avec un score inférieur à celui de janvier 2004.

    À partir de cette date, les affrontements militaires entre les séparatistes abkhazes et sud-ossètes et les forces géorgiennes se multiplient. Dans la perspective de rétablir le contrôle sur les deux régions, Mikheil Saakachvili décide le 8 août 2008 d'un assaut sur Tskhinvali, la capitale de l'Ossétie du Sud, visant les points stratégiques défendus par un bataillon russe[10]. Six régiments, deux bataillons et des forces spéciales de la fédération de Russie, massés au Nord Caucase pour des exercices, franchissent le tunnel de Roki et répliquent le 9 août avec l'appui de forces aériennes : l'armée géorgienne est neutralisée et se replie sur Tbilissi, une partie du territoire géorgien est occupée à partir de l'Abkhazie (où d'autres forces russes ont débarqué) et de l'Ossétie du Sud[11]. Cette deuxième guerre d'Ossétie du Sud s'achève deux semaines plus tard, mais reste un sujet de forte tension : Moscou reconnaît fin août 2008 l'indépendance des deux régions sécessionnistes qui procèdent à des agrandissements de territoire. Elles sont également reconnues par le Nicaragua un mois plus tard, le Venezuela et Nauru un an plus tard, Tuvalu trois ans plus tard[12].

    Le 28 août 2008, le Parlement géorgien déclare l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud « territoires sous occupation russe ». Le 29 août 2008, la Géorgie rompt toute relation diplomatique avec la fédération de Russie ; le gouvernement suisse accepte de représenter les intérêts de la Géorgie à Moscou via une section particulière[13]. La frontière russo-géorgienne est fermée, un seul point sera rouvert en mars 2010, celui de Kazbegui-Zemo Larsi, sur la Route militaire géorgienne[14]. Le nombre de réfugiés intérieurs, évalué lors des conflits des années 1990 entre 200 et 300 000, est cette fois estimé entre 20 et 30 000.

    Depuis 2012
     
    Bidzina Ivanichvili, Premier ministre de 2012 à 2013.

    L'échec de cette tentative de reconquête, la dégradation de l'économie (due à la crise mondiale mais aussi à la situation nationale) et les entraves à la liberté d'expression (réelles ou supposées) conduisent l'opinion publique à se tourner vers l'opposition. Le 19 septembre 2012, durant la campagne des élections législatives, une vidéo rend publics les mauvais traitements infligés dans les prisons. Le 1er octobre 2012 le scrutin donne la majorité aux opposants coalisés dans un mouvement intitulé le Rêve géorgien et conduit par le milliardaire Bidzina Ivanichvili ; ce dernier devient Premier ministre avec des pouvoirs accrus comme le prévoient les amendements à la constitution votés antérieurement : il assure une alternance pacifique (bien que beaucoup d'anciens ministres soient poursuivis, et parfois emprisonnés par une justice loin d'être indépendante) et prépare une nouvelle gouvernance du pays par la mise en place de nouvelles équipes : comme annoncé, il quittera ses fonctions officielles après une année d'exercice. Le 16 mai 2012 le Parlement de Géorgie avait déménagé de Tbilissi à Koutaïssi, la deuxième ville du pays, et la nouvelle majorité s'y installe. Le 27 octobre 2013 Guiorgui Margvelachvili, candidat du Rêve géorgien, remporte l'élection présidentielle, battant le candidat du Mouvement national uni, Davit Bakradze, soutenu par Mikheil Saakachvili.

    Irakli Garibachvili devient Premier ministre et engage une politique étrangère en continuité avec celle des gouvernements précédents (intégration euro-atlantique notamment) mais évitant toute agressivité vis-à-vis de la fédération de Russie, et une politique économique moins libérale mais qui ne permet pas d'enrayer le chômage et l'émigration : la Turquie et l'Azerbaïdjan consolident leurs positions de premiers partenaires du pays.

     
    Salomé Zourabichvili, présidente de la République élue en 2018.

    Le 24 juin 2014, la Géorgie signe un accord d'association avec l'Union européenne : cet accord prévoit la mise en place d'une zone de libre-échange[15], mais retarde la libéralisation des visas. En novembre 2015, face aux attentats terroristes de Paris, la Géorgie exprime sa solidarité avec la France, plus particulièrement son Premier ministre, francophone et ayant étudié à la Sorbonne. Démissionnaire en décembre suivant, Garibachvili est remplacé par Giorgi Kvirikachvili puis par Mamouka Bakhtadze en 2018.

    La Géorgie est devenue pays observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie en novembre 2004 au sommet de Ouagadougou. Elle est observatrice associée de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) en juillet 2014 lors du sommet de Dili[16].

    Le 28 novembre 2018, Salomé Zourabichvili est élue présidente de la République, sans étiquette mais avec le soutien du parti Rêve géorgien, avec 59,2 % des voix.

    Le 2 mars 2022, la Géorgie a annoncé, via sa présidente Salomé Zourabichvili, vouloir rejoindre immédiatement l'Union européenne en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, et compte tenu des tensions qui existent entre ces deux pays[17]. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ne s'est pas prononcée à ce sujet, contrairement à la demande faite par Volodymyr Zelensky concernant l’Ukraine.

    Une première estimation parle de 30 000 Russes critiques envers Poutine, qui auraient rejoint la Géorgie, aucun visa n'étant exigé. Cette forte immigration n'est pas toujours la bienvenue[18],[19].

    Interrogée le 12 novembre 2022 sur France Inter[20], Salomé Zourabichvili, présidente de la République, réaffirme le soutien total de son pays à l’Ukraine. Elle fait état de 700 000 Russes qui ont émigré en Géorgie après la mobilisation de septembre 2022. La plupart ont seulement transité vers d’autres pays mais 100 000 exilés, généralement d’un bon niveau d’étude, sont restés dans la république.

    Société de géographie, Bulletin de la Société de Géographie, 1837 (lire en ligne), p. 83-85 Selon René Grousset, Histoire de l’Arménie des origines à 1071 [détail des éditions], p. 398 Adarnassé IV reçoit la couronne royale de « roi des Géorgiens » du « roi des rois » Smbat Ier d'Arménie, représentant de la branche aînée des Bagratides. Biographie d'Evguéni Guéguétchkori consultée le 7 janvier 2014. Biographie de Nicolas Tcheidze (Nicolas Tchkhéidzé) consultée le 7 janvier 2014. Biographie d'Akaki Tchenkéli consultée le 7 janvier 2014. Biographie de Noé Jordania consultée le 7 janvier 2014. Biographie de Noé Ramichvili consultée le 7 janvier 2014. Hélène Carrère d'Encausse, La Gloire des nations : ou la fin de l'Empire soviétique, Fayard, 1991, 492 p. (ISBN 2-213-64971-5 et 9782213649719, BNF 35487070, lire en ligne), chap. V (« Dimanche noir »). Hélène Carrère d'Encausse, Six années qui ont changé le monde 1985-1991 : La chute de l'Empire soviétique, Fayard, 2015, 432 p. (ISBN 978-2-213-69966-0 et 2-213-69966-6, lire en ligne). « EU Report: Independent Experts Blame Georgia for South Ossetia War », Der Spiegel,‎ 21 septembre 2009 (lire en ligne). Irakli Metreveli, « La Géorgie se dit occupée par la Russie, qui dément vouloir attaquer Tbilissi », AFP, 11 août 2008. « Le Tuvalu reconnaît l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud », Libération, 23 septembre 2011. « La Géorgie rompt ses relations diplomatiques avec Moscou », Le Figaro, 29 août 2008. (en) IPN, « Kazbegi-Zemo Larsi checkpoint is Open from Georgian Side », The Georgian Times, 1er mars 2010 (consulté le 30 décembre 2011). « Conseil européen – L'UE signe des accords d'association avec la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine sur fond de crise ukrainienne et donne trois jours à la Russie pour engager des actions concrètes vers la désescalade », EuropaForum.lu, 27 juin 2014. (pt) « Observadores Associados », CPLP (consulté le 24 août 2014). « Moldavie, Géorgie, pays Baltes, Finlande... Pourquoi ces pays s'inquiètent-ils des ambitions russes en Europe ? », sur Franceinfo, 3 mars 2022 (consulté le 3 mars 2022) Kerstin Holm, « Russische Oppositionelle in Georgien - Putin ist der Satan » [« L'opposition russe en Géorgie - Poutine est Satan »], sur faz.net, Frankfurter Allgemeine Zeitung, 16 avril 2022 (consulté le 17 avril 2022) Stasia Budzisz, « A Tbilissi, une encombrante petite Russie », OKO Press,‎ 23 octobre 2022, repris par courrier international, 18 novembre 2022 « Salomé Zourabichvili / Dominique Reynié » Accès libre  [audio], sur France Inter, 12 novembre 2022 (consulté le 12 novembre 2022)
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