Chicago

Chicago (/ʃi.ka.ɡo/  ; en anglais /ʃɪ.ˈkɑ.Lire la suite

Chicago (/ʃi.ka.ɡo/  ; en anglais /ʃɪ.ˈkɑ.ɡoʊ/ ou localement /ʃɪ.ˈkɔː.ɡoʊ/) est la troisième ville des États-Unis par sa population et est située dans le Nord-Est de l'État de l'Illinois. C'est la plus grande ville de la région du Midwest dont elle forme le principal centre économique et culturel. Chicago se trouve sur la rive sud-ouest du lac Michigan, un des cinq Grands Lacs d'Amérique du Nord. Les rivières Chicago et Calumet traversent la ville.

Comptoir commercial fondé à la fin du XVIIIe siècle par Jean Baptiste Pointe du Sable, un mulâtre né à Saint-Domingue, Chicago devient une municipalité en 1833 et acquiert officiellement le statut de ville en 1837. La ville s'est rapidement développée au milieu du XIXe siècle si bien qu'elle était en 1860 la plus jeune ville des États-Unis à dépasser une population de 100 000 habitants. La population de Chicago est passée à 503 000 habitants en 1880, puis a doublé pour atteindre plus d'un million au cours de la décennie. Le boom de la construction a accéléré la croissance démographique au cours des décennies suivantes, et en 1900 Chicago faisait partie des cinq villes les plus peuplées de la planète.

La ville de Chicago compte 2 746 388 habitants et s'étend sur 606 km2. Ses habitants s'appellent les Chicagoans (ou plus rarement Chicagolais). Troisième ville des États-Unis par sa population, l'aire métropolitaine de Chicago (communément appelée « Chicagoland ») compte environ 10 millions d'habitants et s'étend sur 28 163 km2 à travers trois États (Illinois, Indiana et Wisconsin), ce qui en fait la quatrième aire métropolitaine d'Amérique du Nord après Mexico, New York et Los Angeles,. Elle est le siège du comté de Cook, le deuxième plus peuplé des États-Unis après celui de Los Angeles.

Chicago est une ville de classe mondiale alpha. En 2018, elle a été classée première sur une liste de 32 villes par le magazine Time Out City Life Index, à la suite d'une enquête mondiale sur la qualité de vie urbaine dans un sondage effectué auprès de 15 000 personnes,,, et a été classée deuxième plus belle ville du monde après Prague en 2021. Chicago constitue le deuxième centre industriel des États-Unis et appartient à la « Ceinture des industries » (Manufacturing Belt), mais la ville est aussi une des principales places financières du monde et la première bourse de matières premières agricoles au monde. C'est à Chicago que sont fixés les prix du blé et du soja aux États-Unis. La ville se classe au troisième rang national pour le nombre d'entreprises implantées dans son agglomération, dont les plus importantes sont Motorola, Boeing, United Airlines, McDonald's, Sears, Mondelēz International ou encore les laboratoires Abbott. D'autres entreprises y ont été créées, comme Hertz, l'une des plus grandes enseignes de location de voitures. L'industrie emploie plus d'un million de personnes dans l'agglomération de Chicago.

Considérée comme la ville de naissance des gratte-ciel,, elle entreprend l'ouverture en 1885 du Home Insurance Building, premier bâtiment du genre dans le monde. Chicago figure toujours aujourd'hui parmi les 10 villes du monde comptant le plus de gratte-ciel. La Willis Tower (appelée « Sears Tower » jusqu'en 2009) a été de 1973 à 1998, le plus haut gratte-ciel du monde et est à ce jour le troisième plus haut immeuble du continent américain après le One World Trade Center et Central Park Tower à New York. Chicago a apporté des contributions notables au développement du mouvement City Beautiful, et acquiert une grande renommée culturelle avec son architecture moderne qui attire des millions de visiteurs chaque année. Grâce à sa situation exceptionnelle, la ville constitue un centre de communication majeur de voies terrestres (l'un des plus importants en Amérique du Nord), et de transports aériens avec ses deux aéroports internationaux, O'Hare et Midway. Enfin, la ville compte de nombreux établissements d'enseignement supérieur, des musées prestigieux, des théâtres réputés et un orchestre symphonique de renommée mondiale.

Avant Chicago
 
Fort Dearborn en 1803.

Avant l'arrivée des premiers Européens, la région de Chicago est occupée par les Amérindiens Potéouatamis qui succèdent, vers le milieu du XVIIIe siècle, aux Miamis et aux Sauk et Fox[1]. Le nom de la ville proviendrait du mot miami-illinois « sikaakwa »[2],[3],[4], déformé par les Français en « Chécagou » ou « Checaguar », qui signifie « oignon sauvage »[5], « marécage » ou encore « mouffette », ce qui en dit long sur l'odeur pestilentielle régnant sur le site à l'origine. C'est le coureur des bois Louis Jolliet et le père jésuite Jacques Marquette qui, en 1673, revenant d'une expédition sur le Mississippi, parviennent à l'emplacement actuel de Chicago. Le site de Chicago fait d'abord partie du Pays des Illinois, dans la Louisiane française. Les Britanniques s'emparent de la région en 1763 au terme de la guerre de Sept Ans mais un nouveau conflit éclate (Rébellion de Pontiac) sur ce territoire qui prend le nom de « Territoires Indiens ». Cet ancien point de passage et de liaison des Amérindiens, des explorateurs et des missionnaires, entre le Canada et le bassin du Mississippi, devient un poste permanent de traite des fourrures.

 
Jean Baptiste Pointe du Sable (1745-1818).

Au XVIIe siècle, fort Chécagou ou fort Chicago est une forteresse, probablement occupée moins d'une année durant l'hiver 1685 ; le nom est désormais associé à un mythe selon lequel un Français y possède une garnison militaire. Deux mentions de ce fort qui apparut sur plusieurs cartes de la région au XVIIIe siècle existent ; celle indiquant que le fort fut construit en 1685, et celle indiquant qu'Henri de Tonti envoya Pierre-Charles de Liette comme commandant du fort jusqu'en 1702. Cependant, aucune preuve archéologique ne vient confirmer ces annotations cartographiques. Le premier établissement permanent est fondé par Jean Baptiste Pointe du Sable à la fin du XVIIIe siècle[6]. Ce mulâtre, fils d'un marin français et d'une mère africaine esclave, est originaire de la colonie française de Saint-Domingue. Il épouse une Amérindienne[7] et s'installe à l'emplacement actuel de Chicago, où il établit un comptoir commercial.

Durant la guerre d'Indépendance (1775-1783), le colonel George Rogers Clark s'empare de la totalité du pays des Illinois au nom de la Virginie et le transforme en « comté d'Illinois » afin d'exercer un gouvernement théorique sur la région. En 1795, par le traité de Greenville et sous la contrainte du colonel Anthony Wayne, les Amérindiens doivent céder les terres situées à proximité de l'estuaire de la rivière Chicago. En 1803, l’achat des immenses territoires de la Louisiane française par les États-Unis renforce l'importance stratégique du lieu. La même année, le capitaine John Whistler arrive sur le site puis érige le Fort Dearborn en 1808[8]. Entre-temps, la région de la future Chicago est intégrée au Territoire du Nord-Ouest (1787-1809), puis au Territoire de l'Illinois (1809), avant de faire partie, depuis 1818, de l'État de l'Illinois. En 1821 et 1833, deux accords issus du traité de Chicago ont été conclus et signés entre les États-Unis et les peuples amérindiens Outaouais, Ojibwés et Potéouatamis (tous les trois représentés à travers le Conseil des Trois Feux) afin que ces derniers cèdent de plus grandes terres pour permettre la fondation et l'expansion de ce qui deviendra la ville de Chicago[9],[10].

Une « ville champignon » (1833-1871)
 
State Street vers 1907.

Le 12 août 1833, la ville de Chicago se constitue avec une charte[N 1]. Elle reçoit une charte par l'État de l'Illinois le 4 mars 1837 pour se constituer en municipalité dirigée par un maire et six subdivisions appelées « wards »[11]. Pourtant, les contraintes naturelles du site posent rapidement des problèmes d'aménagement. Chicago souffre d'un environnement marécageux qui rend très difficile l'installation de routes et d'égouts. Le développement effréné génère beaucoup de déchets industriels qui sont rejetés dans la rivière, provoquant de graves problèmes de santé publique et de contamination de l'eau potable[12]. Pour remédier à la situation, les autorités engagent d'importants travaux afin de surélever les infrastructures et d'implanter un réseau d'évacuation des eaux usées dans les années 1850. Elles décident, en 1900, de détourner la rivière pour préserver l'eau potable du lac Michigan, en creusant un canal (Chicago Sanitary and Ship Canal) qui s'ouvre sur le Mississippi. Le canal étant plus profond que le lit de la rivière, le cours fut inversé, protégeant ainsi le lac des déversements polluants. Les berges de la rivière elle-même seront transformées (durant la période 1999-2016) en une voie piétonnière connue sous le nom de « Chicago Riverwalk » qui deviendra une attraction touristique majeure de la ville[13],[14].

Chicago est une « ville champignon » qui grandit grâce à l'afflux d'immigrés en provenance d'Europe[15]. Dès le milieu du XIXe siècle, la présence des immigrés provoque l'essor du Know Nothing, un mouvement nativiste. Son candidat, Levi Boone, soutenu par la Chicago Tribune, est élu maire[16]. Il mène une politique discriminatoire et prohibitionniste, particulièrement préjudiciable aux immigrés allemands[17], ce qui provoque le 21 avril 1855, une série de troubles connus sous le nom des « émeutes de la bière lager » opposant WASP (White Anglo-Saxon Protestant) et immigrés catholiques.

 
La boucle aérienne (Union Loop) du métro de Chicago à l'angle de Van Buren Street et Wabash Avenue vers 1900.

En 1836, la ville devint un carrefour de communication avec le premier chemin de fer (Galena & Chicago Union Railroad) qui joint Chicago à Clinton (Iowa) à 210 km à l'ouest[18]. En 1860, onze lignes ferroviaires ont Chicago pour terminus et vingt autres y font un arrêt[19]. Débutant sur la rivière Chicago et aboutissant sur la rivière Illinois sur une distance de 155 km, le Canal Illinois et Michigan est ouvert en 1848 et permet aux bateaux circulant sur les Grands Lacs de rejoindre le Mississippi en passant par Chicago. En 1854, Chicago est le plus grand marché de céréales du pays[20]. La fondation du Chicago Board of Trade (CBOT) en 1848 s'inscrit dans ce développement économique considérable. Au XIXe siècle, Chicago fut le plus grand marché mondial du bois[21], qui était transformé dans les nombreuses scieries de la ville et dans les industries du meuble, rendant l'économie de Chicago très florissante[22].

En 1847, Cyrus McCormick, l'inventeur de la moissonneuse, installe la production de machinerie agricole à Chicago. Les premières usines sidérurgiques ouvrent en 1858. C'est en 1865 que sont inaugurés les Union Stock Yards, les abattoirs de la ville où des méthodes modernes sont rapidement appliquées par les compagnies Armour et Swift[20].

Grand incendie et essor industriel (1871-1890)
 
Les ruines du centre de Chicago après le Grand incendie de 1871.

En octobre 1871, environ 10 km2[23] sont réduits en cendres par le Grand incendie de Chicago (Great Chicago Fire). Un grand nombre d'infrastructures et d'habitations, construites en bois, permettent au feu de se propager rapidement. Le bilan est dramatique puisque 300 personnes trouvent la mort et 17 500 bâtiments sont détruits, jetant à la rue environ un habitant de la ville sur trois. On dénombre au moins 100 000 sans-abri. Quelques années plus tard, cette catastrophe permit à Chicago de mieux se développer d'un point de vue économique, architectural et urbanistique, faisant d'elle une des villes les plus modernes du continent américain[24].

À la fin du XIXe siècle, l'économie de la ville se diversifie avec l'entrée dans la deuxième révolution industrielle. La reconstruction après le grand incendie de 1871 et le développement du chemin de fer stimulent les besoins en acier. Les abattoirs des Union Stock Yards connaissent un développement sans précédent grâce à la mise en service de wagons réfrigérés qui rendent possible l'expédition de la viande à New York. La Chicago Fire Department Academy, un camp d'entraînement pour les pompiers du Chicago Fire Department, est construite sur les restes de la maison de la famille O'Leary[25]. L'incendie de 1874, aussi appelé le « Deuxième incendie de Chicago », a lieu le 14 juillet 1874 dans le quartier de South Loop. Il a brûlé environ 19 hectares[26], détruit 812 bâtiments et tué 20 personnes[27]. La sidérurgie et les besoins en matériel contribuent au développement des industries mécaniques : Chicago produit des machines agricoles, des équipements pour les automobiles et des wagons de chemin de fer (Pullman Company)[28]. La confection pour homme est dynamique jusque dans les années 1920. La chimie se spécialise dans le traitement de l'eau, la production d'acide sulfurique et les phosphates. Les industries agro-alimentaires restent florissantes (transformation des céréales, conditionnement de la viande, etc.).

 
Gravure de 1886 parue dans le journal Harper's Weekly représentant la tragédie de Haymarket Square.

En juillet 1877, les ouvriers du rail de Chicago se joignent et déclenchent une grève qui secoue les chemins de fer américains. Des affrontements entre la police et les grévistes ont lieu sur South Halsted Street et font 18 morts[29]. Environ 10 000 adjoints spéciaux, policiers et soldats poursuivent la répression pendant deux jours, provoquant 50 morts et une centaine de blessés graves parmi les grévistes. La presse adopte une attitude radicalement hostile aux grévistes ; le rédacteur en chef du Chicago Times suggère ainsi « une petite dose de strychnine ou d'arsenic » pour tous les ouvriers grévistes et vagabonds[30]. Le 1er mai 1886, des ouvriers se rassemblent à l'usine McCormick pour revendiquer la journée de huit heures de travail et pour laquelle une grève générale mobilisant 340 000 travailleurs a été lancée. Deux jours plus tard, les policiers tuent deux grévistes[31] ce qui déclenche des émeutes qui font plusieurs morts. Huit policiers et quatre manifestants sont tués par l'explosion d'une bombe : on parle du « massacre de Haymarket Square ». Quatre anarchistes sont accusés et exécutés le vendredi 11 novembre 1887 (« Black Friday » littéralement le « vendredi noir »)[32],[33]. Le 1er mai sert désormais de référence à la IIe Internationale pour la fête des travailleurs. Les grévistes des usines de la Pullman Company dénoncent les baisses de salaire en 1894. À la suite de la répression organisée par le maire John Patrick Hopkins et le président Grover Cleveland[34], 12 ouvriers sont tués. Ayant participé à la grève, Eugene Debs, membre de l'American Railway Union, est arrêté par les forces de l'ordre[35].

L'industrialisation s'accompagne d'une paupérisation d'une partie de la population. En 1889, en réponse au mouvement social dénommé settlement movement, Jane Addams fonde la première maison (Hull House) qui sert de centre d'accueil pour les pauvres. En 1895, Florence Kelley dénonce les conditions de travail dans les sweatshops de la ville[36]. En novembre de la même année, le Chicago Times-Herald organise l'une des premières courses automobiles du pays, un concours de Chicago à Evanston. En 1905, Upton Sinclair publie La Jungle, un roman qui décrit l'exploitation des immigrés lituaniens dans les abattoirs de Chicago[37]. En 1913, les femmes obtiennent le droit de vote aux élections municipales de Chicago[32].

Grande migration (1880-1930)
 
Vue sur les bâtiments du centre de Chicago (vers 1905).

Entre 1880 et 1930, la ville de Chicago se développe de manière spectaculaire passant de 503 185 habitants à presque 3,4 millions[38]. La ville connait alors la croissance démographique la plus rapide des États-Unis[39]. L'économie de Chicago est alors florissante et amène des emplois à un nombre important de nouveaux résidents des communautés et des immigrés ruraux venus d'Europe. La croissance dans les secteurs de la fabrication au détail à Chicago domine la région du Midwest et influence considérablement l'économie de la nation. Les yards d'actions des syndicats de Chicago dominent le commerce d'emballage. La ville devient le plus grand nœud de réseau de voies ferrées au monde. Géré par la société de transport ferroviaire Metra, le réseau dispose de 242 stations réparties sur 11 lignes à travers l'agglomération de Chicago (en 2022)[40].

Chicago accueille des vagues d'immigrants venus d'Europe de l'Est, de la fin de la guerre civile jusqu'à la fin de la Première Guerre mondiale. À partir des années 1910, plusieurs milliers d'Afro-Américains arrivant du Sud du pays pour fuir la ségrégation raciale devenue trop virulente s'installent à Chicago, dans l'espoir de trouver du travail dans les usines et les abattoirs de la ville. Ce mouvement, suscité par la ségrégation raciale, est appelé « Grande migration ». Avec ces nouvelles populations, concurrentes en matière de logement limité, et les travaux, particulièrement dans les quartiers sud de la ville (South Side), les tensions sociales montent dans la métropole. En 1910, exaspérés par la victoire du boxeur noir Jack Johnson au championnat du monde poids lourds, des groupes racistes s'attaquent à des Noirs pris au hasard dans plusieurs villes, dont en particulier Chicago et New York, faisant des dizaines de morts[41]. Dans les années 1920, on dénombre quelque 50 000 membres du Ku Klux Klan à Chicago.

Les années qui suivent la fin de la Première Guerre mondiale sont les plus difficiles, lorsque la ville applique la ségrégation comme dans le sud du pays. Les Noirs sont alors séparés des Blancs, ayant chacun leurs écoles, leurs lieux publics, et leurs lieux de travail. Ils subissent la discrimination dans l'exercice de leurs droits politiques, n'ayant ainsi pas le droit de voter, et durant leur scolarité, restent souvent analphabètes. Dans le milieu professionnel, ils se retrouvent, la plupart du temps, au chômage ou cantonnés aux emplois les moins qualifiés. Les vétérans noirs recherchent plus de respect pour avoir servi leur nation[42],[43].

Émeute de 1919
 
Rassemblement à l'angle de la 35e et de State Street pendant l'émeute de 1919.

Le dimanche 27 juillet 1919, quelques mois après la réélection du maire William Hale Thompson, une émeute raciale éclate à Chicago[44],[45]. Déclenchée à la suite du meurtre d’un jeune Noir à la suite d'un jet de pierre, elle se propage à d'autres villes importantes à travers le pays et ne se termine que le 3 août, après l'intervention de plus de 6 000 gardes nationaux. Rien qu'à Chicago, ces émeutes durent 13 jours, font 38 morts, 537 blessés et des centaines de sans-abri[42],[43]. Une grande partie de cette violence est menée par des membres des clubs sportifs irlandais, qui ont beaucoup de puissance politique dans la ville et défendent leur « territoire » contre les Afro-Américains.

La population afro-américaine passe de 15 000 personnes en 1890[46] à 44 000 en 1910[47] et 234 000 en 1930[48]. La communauté noire commence à s'organiser : ainsi le Chicago Defender est le premier journal consacré aux Noirs de la ville. Chicago devient un foyer majeur du jazz américain.

Lorsque l'émeute éclate, le maire William Hale Thompson se trouve à Cheyenne dans le Wyoming pour la célébration des Frontier Days. Il rentre d'urgence à Chicago, alors que l'émeute est à son paroxysme. Malgré l'avis de ses conseillers, il refuse tout d'abord de faire intervenir la milice de l'Illinois afin de renforcer la police de Chicago. Ce n'est pas avant le 30 juillet, voyant s'accumuler le nombre de morts, de blessés et d'habitants dont les maisons ont été détruites, qu'il se décide à demander l'intervention des gardes nationaux. Sa gestion plutôt hésitante de la crise ne lui vaut pas pour autant la défiance des Noirs qui voient en lui le politicien qui leur est alors le plus favorable.

Temps des gangs et de la Prohibition (1890-1935)
 
La maison d'Al Capone dans les années 1920, au 7244 South Prairie Avenue, dans le secteur de Greater Grand Crossing.

Les années allant de la fin du XIXe au début du XXe siècle sont marquées par la présence de deux puissantes organisations mafieuses qui se partagent le territoire de la ville. Le South Side (à prédominance italienne), contrôlé par Al Capone, et le North Side (à prédominance irlandaise), contrôlé par Bugs Moran. À l'origine, le quartier de Little Italy est dominé par la Main noire (ou Mano nera). James Colosimo, surnommé « Big Jim », réussit à s'imposer dans le quartier italien et à centraliser tous les gangs. Né en Calabre en 1877, Colosimo arrive à Chicago en 1895 où il devient criminel. En 1909, il domine la Main noire. Pour l'épauler, il fait venir son neveu Johnny Torrio de New York. Torrio amène Al Capone avec lui[49]. Colosimo s'oppose à l'ambition de Torrio pour développer les affaires. En 1920, Torrio s'arrange avec Frankie Yale pour éliminer Colosimo[49].

Pendant la Prohibition, Chicago devient la capitale du crime organisé autour des figures de Frank Nitti, Bugs Moran et Al Capone[50]. Les gangsters de la ville profitent de sa situation proche du Canada, d’où viennent les cargaisons d’alcool de contrebande[51]. Surtout, ils trouvent des complicités auprès de juges, de politiciens municipaux et de policiers corrompus. En 1929, la guerre des gangs fait 29 morts dans la ville[52]. Le 14 février 1929, une fusillade entre les deux principaux gangs fait sept morts : on parle alors du « massacre de la Saint-Valentin »[53]. Les Incorruptibles (Untouchables) est le surnom qui est donné par la presse américaine à un groupe d'agents du trésor américain (le plus célèbre est Eliot Ness) qui lutte pour faire respecter la prohibition. Ils menèrent une enquête longue et rigoureuse sur les différents gangs de la ville et en particulier sur Al Capone qui est finalement arrêté et emprisonné sur l'île d'Alcatraz, près de San Francisco. Capone meurt d’une crise cardiaque dans sa propriété de Floride en 1947[54].

 
Le soir du 22 juillet 1934, une foule s'empressa devant le Biograph Theater, lieu de la fusillade qui mena à la mort de John Dillinger.

C'est le temps des gangsters, de la corruption, de la violence, et de l'après krach de 1929 : John Dillinger, célèbre braqueur de banque, est tué le 22 juillet 1934 au cours d'une fusillade avec les agents fédéraux dirigés par Melvin Purvis[55],[56], dans le secteur de Lincoln Park alors qu'il sortait du cinéma Biograph Theater en compagnie de sa fiancée Polly Hamilton après avoir regardé le film L'Ennemi public no 1 (Manhattan Melodrama) dans lequel jouait Clark Gable et Myrna Loy dont il était fou amoureux et qu'il voulait rencontrer à tout prix[57],[58]. Il a été abattu alors qu'il avait élaboré un plan pour coucher avec Myrna Loy dans une de ses cachettes isolées de tous à Chicago. Secrètement fascinée par le gangster, Myrna Loy était discrètement tentée d'aller clandestinement à sa rencontre un soir à Chicago et fit preuve de compassion après avoir appris sa mort au point de reprocher aux producteurs du film d'exploiter l'événement[59],[60],[61],[62],[63]. Selon les informations du FBI, Dillinger a été dénoncé par Ana Cumpănaș, surnommée « la femme en rouge », propriétaire d'une maison close[64].

L'ascension puis la chute de l'empire d'Al Capone dans les années 1920 et 1930 ainsi que son arrestation pour fraude fiscale n'a pas définitivement mis un terme au crime organisé dans la ville de Chicago. En effet, son gang est largement relayé depuis, car la mafia de Chicago, connue sous le nom d'« Outfit » (en français « l'Organisation »), n'a jamais cessé ses activités et existe encore de nos jours. Aujourd'hui, le noyau de l'organisation ne comprendrait que 200 à 300 membres affranchis et environ 1 250 associés, c'est-à-dire moins que les organisations criminelles des autres villes. Les domaines dans lesquels ils opèrent incluent le prêt à taux usuraire, la prostitution, les assassinats, le racket, les cambriolages, les braquages, les escroqueries financières, le blanchiment d'argent, le trafic de drogue, les trafics en tous genres, l'évasion fiscale ou encore les vols de voitures.

Chicago, foyer de modernité (1871-1950)
 
L'Administration Building, conçu par l'architecte Richard Morris Hunt, fut l'un des principaux bâtiments de la White City lors de l'exposition universelle de 1893 à Jackson Park.

Sur le plan culturel, architectural et urbanistique, de la fin du XIXe siècle jusque dans la première moitié du XXe siècle, Chicago se présente comme un « laboratoire d'idées novatrices »[65]. L'aspect de la ville change fondamentalement. Le Grand incendie de 1871 permet aux urbanistes de penser à une reconstruction de la ville selon des critères modernes. L'exposition universelle de 1893 (World's Columbian Exposition) attire plus de 27 millions de visiteurs en 1893[66]. Elle est l'occasion pour les promoteurs du mouvement architectural City Beautiful de réaliser plusieurs édifices qui font désormais partie du patrimoine de Chicago : le musée des Sciences et de l'Industrie (MSI) dans le secteur de Hyde Park et le célèbre métro aérien de l'Union Loop dont le trajet forme une boucle qui délimite le secteur financier du Loop. Quelques années plus tard, fleurit l'école d'architecture de Chicago, qui connait un rayonnement international. La ville devient le laboratoire d'expériences architecturales : en 1885, le Home Insurance Building, premier gratte-ciel au monde y est construit[67]. En 1889, l'architecte Frank Lloyd Wright arrive à Chicago et élabore un nouveau style d'architecture domestique, les Prairie houses. En 1909, les architectes-urbanistes Daniel Burnham et Edward H. Bennett créent la Chicago Plan Commission, une commission chargée de l'élaboration du plan de Chicago de 1909, plus connu sous le nom de « Plan Burnham ». Il s'agit d'un plan d'urbanisme qui prévoit la restructuration urbaine de la ville, la rénovation et l'élargissement de boulevards déjà existants, la construction de bâtiments municipaux, la mise en place d'un nouveau chemin de fer, la construction d'installations portuaires et la création d'espaces verts dans les quartiers situés le long du lac Michigan[68]. En 1938, Chicago accueille l'architecte allemand Ludwig Mies van der Rohe qui contribue à diffuser l'influence du Bauhaus en Amérique[69].

 
Construit en 1885 par l'architecte William Le Baron Jenney, le Home Insurance Building devient le premier gratte-ciel au monde.

La période 1871-1950 voit la création d'institutions culturelles qui font encore aujourd'hui la réputation de Chicago. En 1889, l'Auditorium Theatre ouvre ses portes et accueille plusieurs compagnies de danse dont le Joffrey Ballet[70]. Fondé en 1891, l'orchestre symphonique de Chicago est l'un des plus anciens du continent américain et l'un des plus importants du monde[71] ; depuis 1904, sa formation musicale joue à l'Orchestra Hall du Symphony Center[72]. En 1893, le Chicago Cultural Center devient la plus importante bibliothèque municipale, avant de devenir en 1977, le centre d'art et de culture de la ville. L'Art Institute of Chicago (1879), le musée Field d'histoire naturelle (1893) et le musée des Sciences et de l'Industrie (1933) comptent parmi les musées les plus importants des États-Unis. En 1930, le Merchandise Mart devient à son achèvement le plus grand bâtiment du monde en termes de surface[73],[74]. En 1991, la Harold Washington Library devient la bibliothèque centrale de Chicago.

Chicago devient un foyer culturel rivalisant avec les métropoles de la côte est des États-Unis, notamment New York. L'université de Chicago, une des universités les plus prestigieuses et les plus influentes du monde[75], est inaugurée en 1892 grâce au don de l'entrepreneur John Davison Rockefeller. Elle se développe sur le modèle des universités allemandes et ouvre dès le début ses portes aux filles et aux Noirs[65]. L'université se distingue par la création d'un département de sociologie dès 1892 (école de Chicago) qui connaît son âge d'or entre 1918 et 1935[76]. Les sciences naturelles sont également bien représentées : l'université de Chicago fut le site de la première réaction nucléaire contrôlée, réalisée le 2 décembre 1942 par le physicien Enrico Fermi[77].

Enfin, Chicago devient avec La Nouvelle-Orléans l'un des berceaux du jazz au début du XXe siècle[78]. C'est le 26 février 1917 qu'est enregistré Livery Stable Blues par l'Original Dixieland Jazz Band[79], un quintette formé de musiciens Blancs mené par le cornettiste Nick La Rocca. Dans les années 1920, la ville accueille également Louis Armstrong, qui fait ses premiers enregistrements et travaille avec Joe « King » Oliver[80]. Une des principales raisons de la venue de musiciens Noirs à Chicago est la fermeture par décret de « Storyville », le quartier des spectacles de La Nouvelle-Orléans, déclenchant ainsi un important mouvement d'arrivée de musiciens dans la ville. À l'époque, le Friar's Inn était le lieu de prédilection de tous les amateurs de jazz de Chicago[81].

Crise économique et urbaine (1950-1990)
 
Les Union Stock Yards (grands abattoirs de Chicago) en 1947.

Amorcée pendant la guerre, l'immigration afro-américaine augmente fortement dans la ville. Les industries les plus gourmandes en superficie comme la viande et la sidérurgie ferment. Chicago réussit le tournant de l'aérien et s'affirme comme métropole mondiale. La ségrégation spatiale et la forte poussée démographique et culturelle de la communauté afro-américaine est marquée par l’action du démocrate Richard Joseph Daley, maire de Chicago de 1955 à 1976. Pendant les 21 années de son mandat, il dote la ville d'un palais des congrès, de plusieurs voies rapides dont la Kennedy Expressway, la Northwest Expressway, la Chicago Skyway, la Dan Ryan Expressway et la Southwest Expressway[N 2], aménage l'aéroport international O'Hare en 1963 et développe le secteur du Loop où plusieurs tours sortent de terre. Construite entre 1970 et 1973, la Willis Tower devient l’une des fiertés de la ville. Avec ses 110 étages et 442 mètres de haut, l’immeuble reste le plus haut du monde jusqu’en 1998 et le deuxième plus haut de l'hémisphère ouest à ce jour. Les ghettos noirs sont en partie rénovés[82]. La foire internationale de 1959 célèbre l'ouverture de la voie maritime du Saint-Laurent et Chicago reçoit la visite de la reine Élisabeth II. Cependant, les mandats de Richard Daley sont marqués par la désindustrialisation : alors qu'en 1954 Chicago est la première ville américaine pour la production d'acier[83], la décennie suivante voit des fermetures en cascade. La sidérurgie n'est pas le seul secteur économique touché : les abattoirs des Union Stock Yards, initialement situés dans le sud de la ville, sont délocalisés à Kansas City en 1971 ; le chômage augmente et les friches industrielles se multiplient. Entre 1954 et 1982, le nombre d’emplois industriels non qualifiés est passé, à Chicago, de près de 500 000 à 162 000[84].

À partir des années 1950, les classes aisées et moyennes quittent la ville pour s’installer dans les banlieues. Le 1er décembre 1958, un incendie se déclare à l’école Notre-Dame des Anges dans le quartier d'Humboldt Park : 92 étudiants et trois religieuses périssent dans la tragédie[85]. Ce drame favorise l’amélioration des dispositifs anti-incendie dans les établissements scolaires du pays. En 1963, des boycotts des écoles publiques noires sont organisés pour protester contre les classes surchargées et la ségrégation opérée par le Chicago Public Schools[82]. En 1966, Martin Luther King lance une campagne contre la discrimination, le Chicago Freedom Movement. Une partie du mouvement pour les droits civiques se radicalise avec le Black Panther Party : le maire de l'époque fait assassiner deux membres influents par la police[86]. Le 12 juillet 1966, plusieurs quartiers noirs de West Side sont le théâtre de violentes émeutes[87] qui font trois morts[88].

 
Richard M. Daley, maire de Chicago de 1989 à 2011.

Les 4 et 5 avril 1968, des émeutes surviennent après l’assassinat de Martin Luther King dans les quartiers noirs de West Side et de South Side. La garde nationale doit intervenir et le bilan est de neuf morts[89]. En août de la même année, pendant la Convention du Parti démocrate, le maire mène une politique répressive qui donne lieu à 660 arrestations, 1 000 blessés et un mort[89]. Il faut attendre 1983 pour voir la ville élire son premier maire noir, Harold Washington. Il décède durant son mandat d'une crise cardiaque en 1987, peu de temps après avoir été réélu pour un second mandat.

Au cours des années 1960, la municipalité, l'université de Chicago et plusieurs associations mettent en œuvre un programme de « rénovation » du quartier de Hyde Park fondé sur la destruction des immeubles d’habitation de bas niveau et l'expulsion de leurs locataires, pauvres et généralement noirs. L’université fit également pression sur les banques et les compagnies d’assurances pour que celles-ci n’accordent pas de prêts aux propriétaires indésirables et ne renouvellent pas volontiers leurs polices d’incendie. Entre 1960 et 1970, le nombre des logements à Hyde Park baissa de 20 % et le nombre des Noirs de 40 %[84].

Entre le 13 et le 14 janvier 1979, soit 12 ans après le blizzard de 1967, une tempête de neige majeure touche Chicago et sa région[90]. Le 13 janvier, 41,9 cm de neige tombent sur Chicago, établissant un nouveau record de neige en une seule journée, après celui de 1967. À la fin du 2e jour, 47,8 cm de neige est tombée. Cela entraîne d'importantes complications sur le réseau de transports en commun de la Chicago Transit Authority (CTA), particulièrement pour le métro aérien sur l'Union Loop, dont les rails sont gelés. La réponse de l'administration du maire, Michael A. Bilandic, à ces intempéries est si lamentable qu'elle aboutit à l'élection de Jane Byrne, la première femme à accéder au poste de maire de Chicago.

Le 13 avril 1992, une inondation a lieu dans le secteur financier du Loop lorsque la paroi d'un tunnel de service passant sous la rivière Chicago, endommagée, ouvre une brèche qui laisse selon les estimations, un million de mètres cubes d'eau inonder les sous-sols et les équipements souterrains dans tout le quartier[91]. Connue sous l'expression de « Chicago Flood », cette inondation cause de nombreux dégâts dont le montant est estimé à environ 1,95 milliard de dollars. C'est l'une des plus grandes catastrophes que la ville a connues, après le grand incendie de 1871 et le déraillement du métro sur l'Union Loop en 1977[92].

Innovations et rayonnement international (1990-2020)
 
Vue sur la rivière Chicago avec de gauche à droite : le 360 North Michigan, le 35 East Wacker, le Kemper Building, le Leo Burnett Building, le 77 West Wacker Drive et la Trump Tower depuis le pont de Michigan Avenue.

Depuis les années 1990, Chicago gagne à nouveau des habitants. Certains quartiers connaissent depuis quelques années un processus de gentrification, comme dans d’autres villes américaines. Ils sont rénovés et attirent de nouveau une population de classe moyenne voire aisée. C'est le cas des quartiers de Cabrini-Green et Bronzeville, leurs grands ensembles commencèrent à se dégrader et les autorités municipales décidèrent de les démolir ou de les réhabiliter[93],[94]. Les quartiers résidentiels du nord de la ville sur le front de lac connaissent un renouveau démographique.

L’ambition de Richard M. Daley, fils de Richard J. Daley et maire de Chicago de 1989 à 2011, a été de favoriser la protection de l’environnement tout en maintenant Chicago parmi les métropoles mondiales les plus influentes. Les récents aménagements et les projets marquent cette ambition. Un grand nombre de gratte-ciel sortent de terre, manifestant ainsi la prospérité économique de Chicago. La superficie des espaces verts s'étend et le centre-ville est rendu plus sûr la nuit. Le dernier projet en date est la Chicago Spire : les travaux commencés en juin 2007 et devant s'achever en 2012 ont été stoppés à la suite de la crise économique mondiale de 2008[95], sans date de reprise. L'édifice devait alors être le plus haut du continent américain avec 150 étages pour 609,60 mètres de hauteur[96].

Avec une croissance urbaine et un centre-ville en perpétuelle évolution, la densification de Chicago se développe rapidement. Le département des buildings (Chicago Department of Buildings), l'organisme de la ville chargé de la construction, la réhabilitation et l'entretien des bâtiments, et le district des parcs de Chicago (Chicago Park District), chargé de la gestion des parcs et des espaces verts municipaux, travaillent ensemble sur le rétablissement de la biodiversité, la durabilité et la qualité environnementale par la restauration de certains bâtiments de la ville ainsi que par la création d'espaces de verdure, comme la mise en place de jardins sur les toits des immeubles à surface plate. C'est le cas notamment de l'hôtel de ville de Chicago (Chicago City Hall), qui depuis 2001 est doté d'un toit végétal.

 
Vue sur Downtown Chicago avec de gauche à droite : l'Aon Center, le Two Prudential Plaza, la Trump Tower et la Willis Tower depuis l'observatoire du 875 North Michigan Avenue.

En matière de criminalité, la ville a presque définitivement fait oublier sa mauvaise réputation, héritée de la période agitée de la prohibition dans les années 1930. En 2006, elle ne faisait plus partie de la liste des 25 villes américaines les moins sûres[97]. Cette baisse du sentiment d'insécurité est dû au renforcement de la présence policière, quasi permanente dans certains secteurs de South Side et de West Side qui sont restés pendant longtemps mal réputés.

Le 16 mai 2007, la ville de Chicago est sélectionnée par le Comité international olympique (CIO) comme l'une des quatre villes candidates officielles à l'organisation des Jeux olympiques d'été de 2016[98]. Ses concurrentes sont Madrid, Rio de Janeiro et Tokyo[99]. Malgré le soutien de nombreuses personnalités influentes, Chicago est éliminée dès le premier tour. En 2008, Chicago obtient le titre de « Ville de l'année » par le magazine GQ pour ses récentes innovations architecturales et littéraires, son monde de la politique, ses musées réputés, ses universités prestigieuses, et son centre-ville qui est au premier plan dans les films The Dark Knight, Le Chevalier Noir en 2008[100] et Transformers 3 : La Face cachée de la Lune en 2011[101]. La ville est également évaluée, en 2003, comme ayant l'économie la plus équilibrée des États-Unis en raison de son niveau élevé de diversification[102]. En 2009, la société de services financiers UBS place Chicago à la 9e place sur la liste des villes les plus riches du monde[103]. En 2014, Chicago se trouve à la 5e place des villes américaines les plus visitées[104].

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