Château de Rustéphan
Selon la tradition, un premier château a été construit à l'emplacement actuel par un fils du duc de Bretagne, Étienne, comte de Penthièvre et seigneur de Nizon, qui est décédé vers 1137. Le nom « Rustéphan » signifie d'ailleurs « château d'Étienne » en breton[1]. On sait qu'en 1250, le château appartenait à Blanche de Castille. Selon certains historiens, il s'agirait d'un ancien pavillon de chasse des ducs de Bretagne. Sa position à l'entrée d'un grand bois qui couvrait alors en grande partie la paroisse de Nizon et où le gibier abondait rendent cette assertion plausible.
L'édifice actuel dont il ne subsiste que quelques ruines a été bâti par Jean II du Fou, grand échanson de France, fils de Jehan Ier du Fou, écuyer, seigneur de Kerjestin en Ergué-Gabéric et du Rustéphan, époux de Typhaine de Saint-Juzel ; Jean II du Fou est décédé en 1492.
La fille de Jean II du Fou et de Jeanne de La Rochefoucault, dame de Montbazon, Renée du Fou, se maria par contrat passé à Tours le 9 août 1492 avec Louis III de Rohan-Guémené, chevalier, seigneur de Guémené, de Montauban, de Romefort, etc., décédé en 1498. En 1536, les Rohan possèdent encore Rustéphan, mais vers le début du XVIIe siècle, le manoir passe par vente à Charles de Guer, baron de Pontcallec. Il échoit ensuite à la famille La Pierre, puis aux Euzenou de Kersalaun. Décrit comme étant à l'état de ruine en 1794 par Jacques Cambry, le vieux château fut vendu comme bien national le 8 juillet 1798. Les deux paysans acquéreurs démolirent bientôt l'arrière-façade et employèrent les matériaux à la construction de quelques granges. De 1832 à 1864, l'œuvre de démolition se poursuivit. En 1887, une nouvelle brèche fut pratiquée dans les ruines. Bien vite, le Conseil général et la Société archéologique du Finistère tentèrent de s'opposer à l'œuvre de vandalisme, ce qui n'empêcha pas la façade du manoir de s'écrouler sous le pic et le levier des maçons.
Les ruines du château de Rustephan à Nizon au début du XXe siècle.
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