Parc national de Sarek

Sarek National Park

( Parc national de Sarek )

Le parc national de Sarek (en suédois : Sareks nationalpark) est un parc national du Nord de la Suède, dans la commune de Jokkmokk du comté de Norrbotten en Laponie. Il couvre 1 970 km2 dans les Alpes scandinaves et est bordé par les parcs nationaux de Padjelanta et de Stora Sjöfallet.

Le parc est la zone la plus montagneuse de Suède, avec dix-neuf sommets de plus de 1 900 m dont le Sarektjåhkkå, deuxième plus haut sommet du pays avec 2 089 m. Le parc est parcouru par la rivière Ráhpaädno et la vallée de Rapadalen qui forment l'« artère du parc ». Cette rivière, alimentée par une trentaine de glaciers, transporte des quantités de sédiments qui, en se déposant, ont créé plusieurs deltas tout au long du cours de l...Lire la suite

Le parc national de Sarek (en suédois : Sareks nationalpark) est un parc national du Nord de la Suède, dans la commune de Jokkmokk du comté de Norrbotten en Laponie. Il couvre 1 970 km2 dans les Alpes scandinaves et est bordé par les parcs nationaux de Padjelanta et de Stora Sjöfallet.

Le parc est la zone la plus montagneuse de Suède, avec dix-neuf sommets de plus de 1 900 m dont le Sarektjåhkkå, deuxième plus haut sommet du pays avec 2 089 m. Le parc est parcouru par la rivière Ráhpaädno et la vallée de Rapadalen qui forment l'« artère du parc ». Cette rivière, alimentée par une trentaine de glaciers, transporte des quantités de sédiments qui, en se déposant, ont créé plusieurs deltas tout au long du cours de la rivière. Un de ces deltas, le delta de Laitaure, est l'icône du parc.

Sarek, ainsi que le reste de la Laponie qui l'entoure, sont souvent qualifiés de « plus grande zone encore vierge » d'Europe. En fait, le secteur du parc est habité depuis environ 7 000 ans par les Samis, peuple nomade du Nord de l'Europe. Ils vivaient initialement de la cueillette et de la chasse, en particulier au renne, mais, peu à peu, ils ont développé une culture basée sur l'élevage de cet animal associé à des déplacements de transhumance. La principale zone de pâture des rennes en été est cependant le parc de Padjelanta, Sarek n'étant essentiellement qu'un lieu de passage. Les Suédois, eux, ne commencèrent à s'aventurer dans ces montagnes qu'à la fin du XIXe siècle, principalement à des fins scientifiques. Le plus éminent, Axel Hamberg, plaida alors pour la protection de cette zone et fut soutenu par le célèbre explorateur polaire Adolf Erik Nordenskiöld, ce qui aboutit en 1909 à la création du parc national de Sarek et simultanément à celle de huit autres parcs nationaux, les premiers parcs nationaux de Suède et même d'Europe. Le parc et la région furent classés en 1996 patrimoine mondial de l'UNESCO, en partie pour sa nature préservée et pour une culture toujours présente.

La faune et la flore du parc ont conservé l'essentiel de leur diversité originale. En particulier, le parc constitue un refuge pour les grands mammifères carnivores suédois, pour la plupart menacés dans le pays. L'avifaune du parc présente aussi une grande richesse, en particulier autour des zones humides.

Le parc national de Sarek est considéré comme l'une des plus belles zones naturelles de Suède. Cependant, du fait de sa piètre accessibilité, ainsi que du peu d'infrastructures touristiques, il n'est visité que par environ deux mille personnes par an.

Les Samis
La montagne Skierffe légèrement entourée de nuages présente un à-pic très important. 
La montagne Skierffe (à droite) est un site sacré chez les Samis

Les premiers habitants de la région arrivèrent au moment du retrait de l'inlandsis il y a 8 000 ans[P 1]. Il s'agissait probablement des ancêtres des Samis, peuple nomade habitant le Nord de la Scandinavie[P 1]. Ils vivaient initialement de la cueillette et de la chasse — en particulier des rennes[1]. Pour ce peuple, les montagnes revêtaient souvent une connotation religieuse et plusieurs constituaient ainsi des Sieidi, c'est-à-dire des lieux de culte[P 2]. Des sacrifices d'objets (par exemple des bois de rennes) étaient souvent réalisés en ces lieux[P 2]. Un des Sieidis les plus importants en Suède se situe au pied de la montagne de Skierffe (1 179 m), à l'entrée de la vallée de Rapadalen[P 2]. Des Samis de toute la région convergeaient vers ce point pour les cérémonies[P 2]. Le massif d'Ähpár, lui, était considéré comme la maison des démons et la légende rapporte dans le massif « la présence du fantôme d'un enfant illégitime »[P 3].

Malgré leur mode de vie de chasseurs-cueilleurs, les Samis conservaient quelques rennes domestiques avec eux, qu'ils utilisaient pour le transport et la production de lait[2], entre autres. Mais, à partir du XVIIe siècle, le nombre de rennes domestiqués augmenta et les Samis commencèrent à organiser leurs déplacements en fonction des besoins de pâture des rennes[2]. Peu à peu, la chasse au renne sauvage fut ainsi remplacée par l'élevage[2]. Dans les montagnes, les Samis développèrent alors peu à peu un schéma de transhumance[2]. Ils passaient en effet l'hiver dans les plaines à l'est du parc et se déplaçaient vers les montagnes en été, principalement Padjelanta[S 1]. Sarek était alors principalement un lieu de passage, même si certaines prairies (Skárjá et Bielajávrátja en particulier) étaient utilisées pour la pâture[S 1]. Quelques huttes (kåta) furent construites dans le parc et utilisées lors de ces grands déplacements — qui pouvaient durer plusieurs semaines[S 2]. Peu à peu, ils laissèrent paître naturellement les rennes, les Samis ne suivant plus les troupeaux de la même façon[2].

Sarek et les Suédois
Photo d'une habitation samie près de Boarek, de forme conique elle est construite en terre et étançonnée de bois. 
Habitation samie près de Boarek.

Lorsque le territoire sami fut intégré à la couronne suédoise, les Samis durent payer des taxes au même titre que les autres Suédois[3]. Au XVIIe siècle, les Samis furent évangélisés par ces derniers, qui construisirent des églises et des marchés, le plus souvent aux endroits où les Samis avaient l'habitude de passer l'hiver[3].

Pour les Suédois, les montagnes avaient un aspect effrayant et dangereux, et ils n'osaient donc pas s'y aventurer[S 3]. Ainsi, lorsque les premiers gisements métallifères furent découverts dans la région, les Suédois tentèrent de convaincre des Samis de prospecter dans les montagnes pour trouver de nouveaux gisements, en particulier d'argent[4]. Mais, de manière générale, les Samis n'osaient pas dévoiler ces informations par craintes des critiques des autres Samis[4]. En effet, une telle découverte impliquait que les Samis allaient sans doute par la suite être enrôlés de force dans l'exploitation de la mine et dans le transport du minerai[4]. Le gisement d'Alkavare/Álggavárre, dans le parc de Sarek, constitue une exception et fut dévoilé par un Sami très pauvre, qui fut ensuite très mal vu par son clan[4]. Quoi qu'il en soit, l'exploitation de la mine commença en 1672, mais elle ne s'avéra pas rentable et fut donc abandonnée en 1702[4]. Cette mine fut parfois reprise sans succès par quelques individus[4]. Les ruines de deux bâtiments, ainsi qu'une petite chapelle, sont encore visibles à proximité[4].

Photo de la station d'Axel Hamberg près du sommet de Pårtetjåkkå, constituée notamment d'une maison et d'une tour émettrice. 
La station d'Axel Hamberg près du sommet de Pårtetjåkkå

Le premier Suédois à réellement explorer ces montagnes fut Carl von Linné lors de son expédition lapone en 1732[S 3]. Il fallut attendre encore les années 1870 pour que Gustaf Wilhelm Bucht établisse la cartographie de la région[S 4]. Peu de temps après, le Français Charles Rabot fut le premier à gravir le sommet Sarektjåhkkå, en 1881[S 4]. Les années 1890 marquèrent le début des expéditions scientifiques systématiques[S 5]. En particulier, à partir de 1895, Axel Hamberg, qui avait participé à l'expédition vers le Groenland avec Adolf Erik Nordenskiöld, commença son étude de la région[S 5]. Il étudia le parc, et en particulier ses glaciers, jusqu'à sa mort en 1931[S 5]. Il réalisa notamment une carte de bien meilleure qualité et fit construire cinq cabanes dans le parc pour faciliter ses études[S 5]. Les travaux d'Axel Hamberg furent particulièrement importants pour la reconnaissance du parc auprès d'un large public[S 5].

Protection

La création, en 1872, du premier parc national au monde à Yellowstone[5] suscita un élan universel de protection de la nature. En Suède, l'explorateur polaire Adolf Erik Nordenskiöld fut le premier à proposer la mise en application de ce nouveau concept pour protéger la nature suédoise[6]. Axel Hamberg, Adolf Erik Nordenskiöld et d'autres plaidèrent ensemble pour la création des premiers parcs nationaux du pays et en particulier de Sarek[6]. Ils convainquirent le botaniste suédois Karl Starbäck de l'université d'Uppsala d'aborder la question au parlement, duquel il était membre[6]. En mai 1909, la proposition fut acceptée[6], et les neuf premiers parcs nationaux, non seulement de Suède mais aussi d'Europe, furent créés. Ceux-ci incluaient Sarek et, entre autres, son voisin Stora Sjöfallet[7]. Le motif officiel pour la création du parc est de « préserver un paysage de haute montagne dans son état naturel »[8].

Au milieu du XXe siècle, avec les développements massifs de l'hydroélectricité en Suède (cf. énergie en Suède), les grands fleuves du Nord du pays furent parsemés de barrages[S 6]. Ces barrages atteignirent même les parcs nationaux ; le parc national de Stora Sjöfallet en particulier fut amputé d'une grande partie de sa superficie avec la création d'un barrage en 1919[5]. Mais en 1961 fut signé un accord appelé la « paix de Sarek » (freden i Sarek), qui empêchait les développements hydroélectriques dans le parc de Sarek, ainsi que sur certaines rivières, appelées rivières nationales[9]. Ceci entraîna aussi en 1962 la création du parc national de Padjelanta[9] et l'extension du parc de Sarek avec une zone au sud de Boarek[10].

Vue satellite du parc. 
Les limites du parc.

En 1982, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) mentionna une vaste zone comprenant le parc national de Sarek dans sa liste indicative des sites naturels dignes d'être classés patrimoine mondial de l'UNESCO[11]. La Suède proposa alors une partie de cette zone, la réserve naturelle de Sjaunja, pour l'inscription sur la liste du patrimoine mondial, mais l'UICN conseilla en 1990 une extension du site proposé[11]. En 1996, le parc de Sarek, ainsi que les aires voisines de Padjelanta, Stora Sjöfallet, la réserve naturelle de Sjaunja, la réserve naturelle de Stubba, le parc national de Muddus et trois petites zones adjacentes, pour un total de 9 400 km2, furent classés au patrimoine mondial par l'intermédiaire du site mixte (culturel et naturel) dénommé « région de Laponie[1] ». Le parc fait aussi partie du réseau Natura 2000[12]. L'inscription au patrimoine mondial permit au parc d'avoir son premier plan de gestion, qui est désormais rédigé en général au moment même de la création d'un parc (ce n'était pas le cas à l'époque de la création de Sarek). Ce plan de gestion fut élaboré en concertation avec les Samis[13], qui n'avaient pas été consultés lors de la création du parc. Ce processus fut récompensé par le WWF[13].

Dans le plan directeur du Naturvårdsverket de 2007 pour les parcs nationaux, il est prévu que le parc de Sarek soit agrandi pour inclure la partie manquante du delta du Lájtávvre, ainsi que la vallée de Tjuoldavágge, au sud du parc[14]. Cette extension avait déjà été proposée dans le plan directeur de 1989, mais la situation a changé avec l'inscription au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'extension proposée faisant partie du bien « région de Laponie »[14].


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↑ a et b (fr/en) « Région de Laponie », sur Patrimoine mondial de l'UNESCO (consulté le 30 octobre 2011) ↑ a b c d et e Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées laponia ↑ a et b (sv) « Historia i Laponia », sur Laponia (consulté le 30 octobre 2011) ↑ a b c d e f et g (en) « The Alkavare Silver Mine… », sur Laplandica (consulté le 30 octobre 2011) ↑ a et b (en) Claes Grundsten, National parks of Sweden, Stockholm, Max Ström, 2010 (ISBN 978-91-7126-160-1) ↑ a b c et d (sv) « Allting om Jokkmokk », sur Jokkmokks kommun (consulté le 31 octobre 2011) « Les parcs nationaux dans le monde », sur Parcs nationaux (consulté le 31 octobre 2011) (sv) « Förordning om ändring i nationalparksförordningen (1987:938) », sur Lagbocken (consulté le 25 janvier 2012) ↑ a et b (sv) « Energifrågan », sur Nationalencyklopedin (consulté le 26 mai 2014) (sv) « Brev (1963:677) till domänstyrelsen angående avsättande av mark till Padjelanta nationalpark samt utvidgning av Sareks nationalpark, m.m. », sur Riksdagen (consulté le 21 juin 2012) ↑ a et b (en) « World heritage nomination - IUCN summary, the lapponian area (Sweden) », sur Patrimoine mondial (consulté le 1er novembre 2011) (sv) « Bevarandeplan Natura 2000 Sarek SE0820185 », sur Länsstyrelsen i Norrbotten (consulté le 1er novembre 2011) ↑ a et b (sv) « Samverkan om Laponia får WWF-pris », sur Naturvårdsverket (consulté le 1er novembre 2011) ↑ a et b (sv) Naturvårdsverket, Nationalparksplan för Sverige : Utkast och remissversion, 2007 (lire en ligne)


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