Cotopaxi

Le Cotopaxi est un volcan d'Équateur culminant à 5 897 mètres d'altitude, situé au sud de Quito, la capitale du pays. Il est le plus haut volcan actif de ce pays. Il représente un cône parfait dont le cratère principal mesure environ 550 à 800 mètres de diamètre. Son éruption la plus importante date de 1877, lorsqu'il détruisit plusieurs villes et vallées. Il est protégé dans le parc national du Cotopaxi.

Histoire éruptive
 
Le Cotopaxi vu depuis le Corazon.

Des études réalisées par téphrochronologie et par datation au carbone 14 ont montré que le Cotopaxi a atteint un Indice d'explosivité volcanique de 5 (éruption plinienne paroxysmale) à de nombreuses occasions depuis 6 000 ans. Selon le Global Volcanism Program de la Smithsonian Institution, les plus importantes seraient survenues en 5820 av. J.-C. et en 3880 av. J.-C.[1]

En 1533, au soir d'une bataille opposant Amérindiens et soldats espagnols pour la possession du territoire qui allait devenir l'Équateur, le Cotopaxi entre en éruption. C'est le premier récit historique de l'activité volcanique de ce volcan[2],[3].

Depuis le XVIe siècle, le Cotopaxi a connu une cinquantaine de phases éruptives[1],[2]. Les éruptions les plus violentes ont lieu en 1742, 1744, 1768 et 1877. L'éruption de 1744 détruit une partie de Latacunga, mais ne fait que peu de victimes, les habitants ayant pour la plupart eu le temps de se mettre à l'abri sur une colline pour échapper aux lahars. Elle tue en revanche beaucoup de bêtes parmi les troupeaux. Celle de 1768 produit une grande quantité de cendres et de ponces, mais ne fait guère de victimes[3],[4]. En revanche, l'éruption du 28 juin 1877, dont les explosions sont entendues jusqu'à 350 kilomètres de distance, produit suffisamment de cendres et de ponces pour obscurcir le ciel en plein jour et donne naissance à des lahars qui font des milliers de victimes. Ces lahars se déplacent de plus de cent kilomètres en direction de l'océan Pacifique et du bassin de l'Amazone[2],[3],[5].

 
Vue du Cotopaxi.

La dernière éruption notable a lieu en 1903-1904 : d'intensité modérée, elle dure plus d'un an[4],[5]. Quelques activités sont aussi enregistrées jusqu'en 1942[1]. Depuis 2001, une activité sismique croissante est enregistrée autour du Cotopaxi[4]. Après une activité croissante durant l'été[6], le 14 août 2015, l'Institut de géophysique de l'École polytechnique nationale de Quito signale deux explosions sur le volcan[7]. Elles se succèdent les jours suivants et produisent un panache de huit kilomètres de haut. Quito est touchée par une pluie de cendres. Plusieurs milliers de personnes sont évacuées avec le déclenchement de l'alerte maximale par le gouvernement équatorien et l'instauration de l'état d'exception dans les provinces de Cotopaxi, Tungurahua, Napo et Pichincha[8]. En août 2015, 2 100 secousses telluriques sont enregistrées et les quantités d'émission de dioxyde de soufre atteignent environ 20 000 tonnes par jour[9].

Histoire humaine
 
Le Cotopaxi peint par Frederic Edwin Church en 1855.

La première tentative d'ascension connue du Cotopaxi est celle d'Alexander von Humboldt en 1802, il est contraint de s'arrêter à une altitude d'environ 4 500 m[10]. En 1858, Moritz Wagner ne parvient pas non plus à atteindre le sommet.

Le volcan est gravi pour la première fois le 28 novembre 1872 par les géologues allemands Wilhelm Reiss et Alphons Stübel[11] accompagnés du Colombien Angel M. Escobar[12],[2],[13]. En 1873, le sommet est à nouveau atteint par Stübel, puis en 1880 par Edward Whymper qui est témoin d'une éruption lors de son ascension. Le peintre Rudolf Reschreiter (de) et Hans Meyer atteignent le sommet en 1903 et de nombreuses toiles de Reschreiter représentent des vues du Cotopaxi.

 
Vue satellite du volcan[14].

À la fin du XXe siècle, l'ascension du Cotopaxi devient une attraction touristique. Le Refugio José Félix Ribas (du nom de José Félix Ribas) est construit en 1971 à une altitude de 4 864 m et agrandi en 2005. Une tragédie s'y déroule le dimanche de Pâques 1996 lorsqu'une avalanche ensevelit partiellement le refuge ainsi que des dizaines de touristes. Le glacier situé au-dessus du refuge a probablement été affaibli par un tremblement de terre ayant affecté toute la province de Cotopaxi quelques jours auparavant. En raison de la chaleur, une importante portion du glacier se détache. En raison des vacances de Pâques, le nombre de visiteurs présents sur les pentes du volcan est élevé, 13 sont tués par l'avalanche. Les personnes coincées dans le refuge parviennent à casser les fenêtres et à s'en extraire. Le refuge étant situé dans une vallée, il reste exposé aux avalanches[15].

↑ a b et c (en) « Cotopaxi, Eruptive History », sur http://www.volcano.si.edu, Global Volcanism Program, Smithsonian Institution ↑ a b c et d Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Girault ↑ a b et c (fr) Collectif (1982) Dictionnaire illustré des merveilles naturelles du monde p. 113-114, Reader's Digest ↑ a b et c Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées activ ↑ a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées GVP (en) Erik Klemetti, A restless volcano puts Ecuador on edge once more, Wired, 17 juin 2015 (es) Diana Chamorro, Fabián Maisanche y Diego Puente, El Instituto Geofísico reportó dos explosiones en el volcán Cotopaxi; ceniza cae en el sur de Quito, 14 août 2015 Le volcan Cotopaxi s'est réveillé, l'Équateur déclare l'état d'exception, sur france24.com, 16 août 2015 (es) « Diario la Hora, 7 de Agosto del 2015 », sur Se registran lahares de poco alcance en el volcán Cotopaxi, Diario La Hora Andrea Wulf (trad. de l'anglais par Florence Hertz), L'Invention de la nature : Les aventures d'Alexander von Humboldt [« The Invention of Nature: The Adventures of Alexander von Humboldt, the Lost Hero of Science »], Lausanne, Les éditions Noir sur Blanc, 5 octobre 2017, 624 p., 15,2 x 3,8 x 23 cm (ISBN 978-2-88250-477-7, présentation en ligne), page 133 Wilhelm Reiss et Alphons Stübel sont aussi les premiers à avoir gravi le Tungurahua. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées lave (en) Eliot Greenspan, Frommer's Ecuador and the Galápagos Islands, Wiley, 2011 (ISBN 978-0-470-94951-1), p. 155 « NASA - The Cotopaxi Volcano », www.nasa.gov (en) « Cotopaxi Refuge, Hut & Campground Information », sur SummitPost, 5 novembre 2009
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