Sri Lanka

Le Sri Lanka, en forme longue république socialiste démocratique du Sri Lanka (en singhalais : ශ්‍රී ලංකා, Śrī Laṃkā /ʃriː laŋkaː/ et ශ්‍රී ලංකා ප්‍රජාතාන්ත්‍රික සමාජවාදී ජනරජය, Srī Lankā prajātāntrika samājavādī janarajaya ; en tamoul : இலங்கை...Lire la suite

Le Sri Lanka, en forme longue république socialiste démocratique du Sri Lanka (en singhalais : ශ්‍රී ලංකා, Śrī Laṃkā /ʃriː laŋkaː/ et ශ්‍රී ලංකා ප්‍රජාතාන්ත්‍රික සමාජවාදී ජනරජය, Srī Lankā prajātāntrika samājavādī janarajaya ; en tamoul : இலங்கை, Ilaṅkai, /ilaŋɡaj/, et இலங்கை சனநாயக சோஷலிசக் குடியரசு, Ilaṅkai jaṉanāyaka sōsalisa kuṭiyarasu ; en anglais : Sri Lanka et Democratic Socialist Republic of Sri Lanka), est un État insulaire de 65 610 km2 du sous-continent indien, situé au sud-est de l'Inde et à l'est des Maldives, et peuplé d'environ vingt-deux millions d'habitants.

Le pays était auparavant nommé Tambapanni par ses premiers habitants, Taprobane par les Grecs de l'Antiquité, Serendip (ou Serendib) par les Arabes, puis Ceylan jusqu'en 1972.

Le pays présente une diversité religieuse, culturelle et linguistique marquée. La religion d'État est le bouddhisme mais il existe une importante minorité hindouiste (un quart des srilankais) et des minorités moins nombreuses musulmanes et chrétiennes. Le Sri Lanka possède deux langues officielles reconnues par la Constitution du pays à parts égales, le singhalais et le tamoul. La première est prédominante dans la plus grande partie du pays, car environ 87 % des habitants parlent singhalais et environ 28,5 % parlent tamoul. La population est constituée de Cingalais qui sont majoritairement bouddhistes, Tamouls et autres Indo-Srilankais hindouistes, Malais et Indo-musulmans, Chinois et autres.

Préhistoire

Au cours du dernier million d'années, le Sri Lanka a été connecté au sous-continent indien durant les périodes glaciaires lorsque le niveau de la mer était 180 mètres plus bas qu'actuellement, la dernière séparation s'étant produite il y a environ 6 000 ans. Pour cette raison, il est impossible de considérer la préhistoire sri-lankaise séparément de celle de l'Inde. Les premières traces d'activités d'hominidés au Sri Lanka datent d'il y a 125 000 ans, à plus de 500 000 ans[1].

Les premières colonies d'humains anatomiquement modernes remontent à 48 000 ans[2].

Les plus anciens habitants connus de l'île sont les Vedda[3], une ethnie qui ne compte plus aujourd'hui que 2 500 personnes.

Antiquité  Carte du monde selon Ptolémée en -150, l'île de Taprobane y est surdimensionnée

L'un des premiers textes faisant référence à l'île est le Ramayana, dont deux épopées mythologiques relatent des événements datés entre le IIIe siècle av. J.-C. et le IIIe siècle de notre ère[4].

Cette île serait l'île de Taprobane que l'on trouve chez Ptolémée (aussi appelée, Zeilan, c'est-à-dire Ceylan, chez Thomassin[5], d'après un certain Bochart qui pense que Salomon s'y serait approvisionné en or). Elle joua un rôle important dans les échanges commerciaux maritimes pendant l'Antiquité et elle est citée dans Le Périple de la mer Érythrée.

Le bouddhisme fut probablement introduit dans l'île au IIIe siècle av. J.-C., par le fils de l'empereur indien Ashoka[6].

 Statue de Bouddha à Dambulla.Royaume d'Anuradhapura (-377 à 1017)

Une civilisation prospère se développa dans des villes comme Anurâdhapura. Cette civilisation, au cours du Ve siècle, créa une « hydrocratie » sous l'influence du bouddhisme, autour d'immenses réservoirs d'eau artificiels (comme dans l'Empire khmer).

Le Mahavamsa (« la grande généalogie ») est un texte écrit (IVe siècle) en pâli par le moine Mahanama. Ce texte raconte les histoires des rois cingalais et dravidiens de l'île. Il couvre une période qui s'étend de l'avènement du roi Vijaya en 543 av. J.-C. au règne du roi Mahasena (334-361 apr. J.-C.). Le Culavamsa, ou « la petite généalogie » a continué cette tradition écrite jusqu'au XIXe siècle. Depuis 1070, singhalais en majorité bouddhistes et Tamouls en majorité hindouistes, sont présents sur la plus grande partie du territoire.

Les dynasties du Rajarata furent à l'origine de cinq royaumes qui se partagèrent le Sri-Lanka durant l'Antiquité, l'Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, mais les sources étant fragmentaires, leur histoire, leurs durées et même leur étendue précise sont mal connues ; il s'agit des royaumes suivants :

Royaume de Tambapanni, fondé en 543 av. J.-C. par le Prince Vijaya. Royaume d'Upatissa Nuwara fondé en 505 av. J.-C. par le Roi Upatissa. Royaume d'Anuradhapura fondé en 377 av. J.-C. par le Roi Pandukabhaya. Sigiriya fondé en 495 par le Roi Kassapa I. Royaume de Polonnaruwa fondé par le Roi Vijayabahu I.Empire Chola (1017 à 1070)

Les royaumes du Rajarata (Anuradhapura en particulier) se distinguent aussi par leurs relations avec les États du sud de l'Inde, notamment les Cheras et les Pandyas, avec lesquels ils formeront une alliance face à la thalassocratie Chola. De nombreuses incursions Cholas ont eu lieu tout au long de l'histoire du Rajarata, avec au Ier siècle av. J.-C. une invasion remarquée de l'île par Ellalan, un membre présumé de la dynastie Chola qui se fait roi d'Anuradhapura et y règne durant une quarantaine d'années, avant d'être détrôné par le prince de Ruhuna Dutugamunu[7].

C'est entre la fin du Xe siècle et le XIe que les Cholas, en expansion sous les règnes de Rajaraja I et de Rajendra I, réalisent une conquête majeure de l'île et son intégration à leur empire. En 993 Mahinda V d'Anuradhapura est contraint de fuir vers le Ruhuna et sa capitale prise et mise à sac. En 1017, le Rajarata est intégralement passé sous le contrôle Chola et Mahinda V est fait prisonnier puis exilé en Inde. Seules les franges méridionales de l'île, alors domaine de la principauté de Ruhuna, parviennent à s'émanciper de leur pouvoir. Les Cholas font de Polonnaruwa, à l'origine un simple bastion, leur capitale sur l'île. Leur occupation prend fin en 1070 avec la reconquête de l'île par Vijayabahu I[8], alors souverain de Ruhuna.

Moyen Âge Royaume de Polonnaruwa (1056 à 1232)

D'après des textes singhalais, la partie méridionale de l'île aurait subi deux attaques de la part de Çandrabhanu, souverain de la principauté malaise de Tambralinga (aujourd'hui Nakhon Si Thammarat dans le Sud de la Thaïlande). La première aurait eu lieu en 1247. Çandrabhanu est défait par le roi Parâkramabâhu II (règne 1236-1270), mais il réussit néanmoins à prendre le contrôle du nord de l'île. Çandrabhanu lance une seconde attaque en 1262, cette fois-ci avec l'aide de forces tamoules et singhalaises. Il est de nouveau défait et cette fois tué en combat. L'influence de Tambralinga disparaît au XIVe siècle. Si l'on excepte l'influence malaise à Madagascar, cet épisode est le seul exemple d'une expédition venant du Sud-Est asiatique, en dehors des limites de cette région.

Empire Pandya (1258 à 1309)

Les souverains de Polonnaruwa, notamment sous Parakramabahu I, s'impliquent dans les affaires politiques de l'Inde méridionale. Allié aux Pandyas de Madurai face à un ennemi commun Chola, Parakramabahu I est notamment un des acteurs de la guerre civile pandyenne entre 1169 et 1177. À la disparition de ce dernier, le royaume connaît une longue période d'instabilité, avec une succession par son épouse Lilavati à plusieurs reprises interrompue par des coups d'État et des usurpations du trône. C'est dans ce contexte que se produit une première occupation sur l'île en lien avec les Pandyas, réalisée par Parakrama Pandya II, un descendant présumé de Parakrama Pandya I. D'après le Chulavamsa, celui-ci renverse un usurpateur au trône de Polonnaruwa en 1210 et y remet en place Lilavati, qu'il renversera cependant en 1212 et tiendra au pouvoir jusqu'en 1215, chassé par Kalinga Magha.

C'est durant l'ère impériale des Pandyas, entre le XIIIe siècle et le XIVe siècle, que ceux-ci occupent de façon pérenne l'île. Jatavarman Sundara Pandya I envahit le nord de l'île en 1258[9], alors sous la domination de Çandrabhanu de Tambralinga, et en fait une vassalité de l'empire. Autour de 1263, Jatavarman Vira Pandya, son frère et co-régnant, mène une offensive sur l'île à la suite des troubles causés par Çandrabhanu et ses guerres d'expansion vers le sud, notamment avec Dambadeniya[9],[10]. Les Pandyas parviennent à maintenir un certain contrôle sur l'île jusqu'en 1309[10], dernière année de règne de Maravarman Kulasekara Pandya I, dont la disparition entraîne une guerre de succession et le déclin de l'empire pandya.

Royaume de Jaffna (1215 à 1624)

La fondation du royaume de Jaffna est attribuée à Kalinga Magha ou Magha le Tyran, un envahisseur venu du Kalinga, dans l'Inde orientale. Magha intervient au Sri Lanka durant le règne troublé de la reine Lilavati sur Polonnaruwa, parvenant à y ravir le pouvoir des mains de Parakrama Pandya II en 1215. Il règne en tant que souverain de Polonnaruwa jusqu'en 1236, année où Parakramabahu II de Dambadeniya le déloge de la cité et le contraint à prendre retraite dans l'extrême nord de l'île, où il s'installe sur la péninsule jaffnaise. Cependant autour de 1250, le royaume de Magha tombe sous les assauts de Çandrabhanu de Tambralinga, qui s'empare du nord de l'île et en fait sa base pour attaquer le reste du territoire.

Vassalisé aux Pandyas autour de 1258, le régime de Çandrabhanu s'effrite cependant sous le règne de son successeur Savakanmaidan. Le refus de verser tribus à ses suzerains entraîne une invasion de ceux-ci, conduite par Maravarma Kulasekara Pandya I vers 1277, et qui se conclue par la fin de l'emprise Tambralinga sur l'île[11]. Une figure aux origines controversées, Kulasekara Cinkaiariyan, prend le contrôle du nord de l'île pour le compte de l'empire Pandya, et aurait fondé la dynastie des Ârya Chakravarti. Cette dynastie établie dans la péninsule jaffnaise, s'émancipera peu après des Pandyas[8].

Royaume de Kandy (1469 à 1815) Période coloniale Colonisation portugaise (1505 à 1658)

Les Portugais ont principalement étendu leur domination sur les territoires du royaume de Kotte et des villages Vannimai du Nord de Ceylan. L'arrivée des Portugais sur l'île était accidentelle sachant qu'ils étaient venus pour le commerce de la cannelle.

Le Portugal va maintenir sa domination sur l'île de 1505 à 1658.

En 1638, le royaume de Kandy voisin signe le traité de Kandy avec l'Empire colonial néerlandais pour chasser les Portugais. Ces derniers sont vaincus en 1658.

Colonisation néerlandaise (1658 à 1796)

Après la signature du traité de Kandy en 1638, le roi Râjasimha II désigne les Hollandais comme nouveaux protecteurs de l'île. Une guerre éclate donc entre les Pays-Bas et le Portugal pour le contrôle de l'île (guerre néerlando-portugaise). Les Pays-Bas en prennent définitivement le contrôle en 1658.

Colonisation britannique (1796 à 1948)

L'Empire britannique intégra l'île de Ceylan en tant que province en 1796 au détriment des Hollandais. Le territoire devint officiellement une colonie entre 1802 et 1948. Au début ce territoire ne comprenait pas le royaume de Kandy, devenu un protectorat en 1815, mais à partir de 1817 les possessions britanniques couvrent toute l'île de Ceylan. Ce contrôle britannique fut confirmé au congrès de Vienne, en 1814 et 1815 puis par la convention de Kandy de 1815.

Très rapidement, les Kandyens se sont rebellés et ont mené une guérilla. Le mécontentement à l'égard des activités britanniques se transforma bientôt en rébellion ouverte, débutant dans le duché d'Uva en 1817. Ces batailles sont connues sous le nom de rébellion d'Uva, ou encore de Troisième Guerre de Kandy. Elle se termina après une sanglante répression de la part des Britanniques. La principale cause de la rébellion était religieuse ; les Kandyens voyant les Britanniques comme une menace envers leurs traditions bouddhistes, considérées par les insulaires comme faisant partie intégrante de leur vie. Ce fut le dernier soulèvement de ce genre. La réaction brutale de la Grande-Bretagne, en massacrant tous les rebelles, ayant servi d'avertissement au reste de la communauté. C'est après cette rébellion que le royaume de Kandy a été annexé à Ceylan en 1817.

L'administration anglaise introduisit au XIXe siècle la culture du thé, ainsi qu'un réseau ferroviaire.

Les politiques racistes de G. G. Ponnambalam, dirigeant tamoul, et de son homologue singhalais, Solomon Bandaranaike, déclenchèrent, pendant les années 1930, des troubles entre les deux communautés. Les premiers affrontements eurent lieu en 1939, après un discours enflammé du dirigeant tamoul G. G. Ponnambalam[12]. Par contre, les actions indépendantistes furent non-violentes et adoptèrent une approche progressive et constitutionnelle.

Indépendance et guerre civile

La colonie britannique de Ceylan obtient son indépendance le 4 février 1948.

Commonwealth (1948-1972)

Le Dominion de Ceylan demande à devenir membre des Nations Unies, mais l'URSS met son veto, parce qu'il estime que Ceylan n'est alors qu'un état-fantôme du Royaume-Uni. Il obtiendra le statut de membre le 14 décembre 1955.

Guerre civile (1983-2009)  Solomon Bandaranaike

La Seconde Guerre mondiale retarda les troubles ethniques sur l'île et un gouvernement modéré, dirigé par Don Stephen Senanayake, Premier ministre, déclara l'indépendance le 4 février 1948. Lors de l'indépendance, les dirigeants refusèrent de rejoindre l'Union Indienne, rappelant la spécificité du pays, dont sa majorité bouddhiste. Après la mort de Senanayake, une coalition nationaliste singhalaise menée par Bandaranaike gagna les élections. Le gouvernement de S. W. R. D. Bandaranaike, au pouvoir en 1956, instaura le singhalais comme seule langue officielle, première loi emblématique discriminante à l'égard de la minorité tamoule.

Les Tamouls, surtout le parti souverainiste tamoul (Tamil Arasu Kachchi), organisèrent des manifestations pacifiques contre l'usage d'une langue officielle unique. En 1958 un pogrom anti-Tamouls fait 500 victimes et en 1959 S. W. R. D. Bandaranaike est assassiné par un moine bouddhiste, en raison de la possibilité qu’il cède à l’égalitarisme entre les Tamouls et les Cinghalais. En 1972, le bouddhisme est décrété religion d'État et l'admission des Tamouls à l'université devient sélective. En effet, pour une même place universitaire, les étudiants tamouls doivent récolter un minimum de points plus élevé que leurs homologues cinghalais.

Après avoir longtemps combattu pour leurs droits de manière pacifique à travers des manifestations, les Tamouls et très majoritairement les jeunes, prennent alors les armes sous forme de plusieurs groupes de guérilla. En 1977, une modification de la loi sur la langue officielle reconnaît à nouveau le tamoul comme langue officielle.

Une guerre civile prend de l'ampleur à compter de 1983 : elle oppose le gouvernement central à l'organisation des Tigres de libération de l'Îlam tamoul (en anglais LTTE – Liberation Tigers of Tamil Eelam), conduite par Velupillai Prabhakaran, et devenue unique représentante de la résistance armée. En prenant en compte les événements d'avant la guerre proprement dite, cette guerre civile a causé la mort de plus de 100 000 personnes et près de 150 000 disparus depuis 1972[13]. Encore aujourd’hui, les familles et proches des disparus attendent une réponse de la part du gouvernement concernant le sort de ces personnes disparues[14].

 Tsunami de décembre 2004 Mahinda Rajapakse, Premier ministre, 2012

Le Sri Lanka a été gravement touché par le tsunami du 26 décembre 2004, qui provoqua environ 31 000 morts et de très importants dégâts matériels[15].

Après la trêve de 2002-2005, le conflit s'accélère et entre dans une phase décisive en 2009. Avec l'appui logistique de la Chine et du Pakistan, le président Rajapakse (élu sur un programme ultra-sécuritaire) mène une « guerre contre le terrorisme » dont il veut purger le pays. L'offensive est particulièrement sanglante avec 40 000 morts selon des estimations qui ne prennent pas en compte plusieurs dizaines de milliers de disparus (dont une grande partie de civils). L'ONU estime que dans cette phase ont été commis de part et d'autre des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, le gouvernement sri-lankais ayant refusé toute aide humanitaire.

Les LTTE cessent le combat le 17 mai 2009 après l'annonce de la mort de M. V. Prabhakaran. Le chef de l’État sri-lankais Mahinda Rajapakse déclare solennellement le 19 mai 2009 devant le Parlement la victoire de la République démocratique et socialiste du Sri Lanka.

En 2011 la RDS du Sri Lanka continue de percevoir des fonds importants de l'ensemble de la Communauté internationale sous forme d'aide au développement et à la reconstruction. Des ONG locales (les autres restant interdites) s'occupent d'améliorer la situation des 300 000 Tamouls qui ont tout perdu lors du conflit et sortent sporadiquement des camps de réfugiés sous contrôle militaire où ils ont vécu plusieurs mois.

En absence d'observateurs ou de journalistes étrangers, le gouvernement n'a pas de comptes à rendre sur ses velléités de dialogue, mais il est à signaler que son budget d'armement n'a pas baissé depuis 2009. Au contraire, les effectifs militaires du pays ne cessent d’augmenter avec notamment une présence accrue dans les régions tamoules. L’armée sri-lankaise est même accusée d’exproprier des terrains appartenant à la population tamoule pour y construire des complexes hôteliers ou des bases armées[16].

Des ONG dénoncent le fait que le gouvernement a abandonné les populations tamoules et a donné les pleins pouvoirs et assuré l'impunité à l'armée dans les régions tamoules depuis la fin de la guerre contre les terroristes du LTTE[17].

Lors de la 46e session du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, en 2021, il a été voté que les responsables de crimes de guerre sri-lankais rendent des comptes et que les éléments de preuves à leur encontre soient protégés. En effet, avec le retour au pouvoir des frères Rajapaksa, accusés d’être les responsables des divers massacres de fin de guerre, les signataires de cette motion ont démontré une « vive inquiétude face aux tendances constatées au cours de l’année écoulée, qui constituent un signe avant-coureur clair d’une détérioration de la situation des droits de l’homme au Sri Lanka »[18].

Le 8 janvier 2021, l'armée sri-lankaise détruit un monument commémorant le massacre de Mullivaikkal[19]. À la suite de cet événement, une vague d’indignation et protestations a eu lieu sur les divers réseaux sociaux. Le hashtag « #GenocideSriLanka » a même été grandement mis en avant par la jeunesse de la diaspora tamoule sur Twitter pour expliquer les oppressions et inégalités subies par le peuple tamoul[20].

Instabilités d'après-guerre Crise constitutionnelle de 2018

Entre le 26 octobre 2018 et le 15 décembre 2018, il y a deux Premiers ministres en fonction. À force de pression, le président Maithripala Sirisena a nommé l'ancien président Mahinda Rajapaksa le 26 octobre 2018, mais le renvoi du Premier ministre en place, en cohabitation, lui est interdite par l'article 19A de la constitution du Sri Lanka. L'Assemblée dissoute par le Président a été rétablie par la Cour suprême en décembre 2018.

Crise économique de 2021

L'économie du Sri Lanka subit depuis le 1er septembre 2021 une crise économique sans précédent, avant tout liée à l'échec d'un système économique fragile, basé sur le tourisme et les exportations. Après les attentats de 2019, puis la pandémie de covid-19 en 2020, l'île s'est vidée de ses touristes. Le Sri Lanka est par ailleurs très dépendant du commerce extérieur : l'île consacre une grande partie de ses terres agricoles à la production de thé destinée à l'exportation. Au détriment de l'autonomie alimentaire du pays. La transition vers l'agriculture biologique, elle, s'est faite trop brutalement[21].

Crise politique de 2022

À la suite de la crise du Covid-19, le Sri Lanka est plongé dans une crise économique sans précédent, ce qui provoque la démission de Mahinda Rajapaksa alors premier ministre le 9 mai 2022 et de violents heurts qui font au moins 9 morts et 139 blessés[22].

Le 9 juillet, à la suite d'importantes manifestations, le président Gotabaya Rajapaksa, en fuite après que le palais présidentiel a été pris d'assaut par les manifestants, annonce sa démission, cette dernière fut effective le 13 juillet pour une transition "pacifique"[23]. La famille Rajapaksa dont les deux frères étaient respectivement premier ministre et président, sont accusés par les manifestants de détournement d'argent; ils quittent alors tous les deux le pouvoir, le 9 mai (pour le premier ministre) et le 13 juillet (pour le président).

Le premier ministre, Ranil Wickremesinghe annonce de son côté réunir le parlement d'urgence et se dit également prêt à démissionner. Il est finalement élu en tant que Président le 20 juillet[24].

(en) Rohan Hettiarachchi, « PRE- AND PROTOHISTORIC SETTLEMENT IN SRI LANKA », sur www.lankalibrary.com. (en) A. S. Fernando, A. Wanninayaka, D. Dewage et al., The mitochondrial genomes of two Pre-historic Hunter Gatherers in Sri Lanka, Journal of Human Genetics, 30 novembre 2022, doi.org/10.1038/s10038-022-01099-w (en) Deraniyagala, S. U., « Early Man and the Rise of Civilisation in Sri Lanka: the Archaeological Evidence », lankalibrary.com (consulté le 15 juillet 2014). (en) Keshavadas, Sant, Ramayana at a Glance, Motilal Banarsidass, 1988 (ISBN 81-208-0545-3). Louis de Thomassin, La methode d'étudier et d'enseigner Chrestiennement & utilement la grammaire, ou les langues, par rapport a l'ecriture sainte en les reduisant toutes à l'hebreu, François Muguet, 1690 (lire en ligne), p. 298. Jacques Dupuis, Histoire de l'Inde, Kailash, 2005, 2e éd., p. 133. (en) John Stewart Bowman, Columbia chronologies of Asian history and culture, Columbia University Press, 2000 (ISBN 0-231-50004-1, 978-0-231-50004-3 et 1-282-79623-2, OCLC 51542679, lire en ligne), p. 401 ↑ a et b (en) K. M. De Silva, A history of Sri Lanka, Penguin Books, 2005 (ISBN 0-14-400015-6 et 978-0-14-400015-9, OCLC 63009019, lire en ligne) ↑ a et b (en) George Cœdès, The Indianized states of Southeast Asia, 1968 (ISBN 0-7081-0140-2 et 978-0-7081-0140-7, OCLC 961876784, lire en ligne), chap. 11 (« Cambodia at the Height of Its Power »), p. 184-185 ↑ a et b (en) K. A. Nilakanta Sastri, A History of South India from Prehistoric Times to the Fall of Vijayanagar, Madras, Oxford University Press, 1958, 2e éd. (1re éd. 1955), chap. 10 (« The Age of the Four Kingdoms »), p. 207-209 (en) J. Gordon Melton, Faiths Across Time: 5,000 Years of Religious History [4 Volumes]: 5,000 Years of Religious History, ABC-CLIO, 15 janvier 2014 (ISBN 978-1-61069-026-3, lire en ligne) (en) Jane Russell, Communal Politics under the Donoughmore Constitution, Colombo, Tisara Publishers, 1982. « Sri Lanka: Je reste jusqu'à ce que j'obtienne une réponse - SPM », sur Gesellschaft für bedrohte Völker (consulté le 13 juin 2021) « Sri Lanka. Il faut répondre aux demandes des familles des «disparus» », sur www.amnesty.org (consulté le 13 juin 2021) Le Monde avec AFP, « Le tsunami de 2004 : un des pires cataclysmes des temps modernes Il y a dix ans, un séisme d'une magnitude de 9,5 déclenchait le raz-de-marée dévastateur qui a fait plus de 220 000 victimes. », Le Monde,‎ 26 décembre 2014 (lire en ligne) (en-US) « Endless War: The Destroyed Land, Life, and Identity of the Tamil People in Sri Lanka », sur oaklandinstitute.org (consulté le 8 janvier 2022) Vanessa Dougnac, « Sri Lanka : la face cachée du tourisme », sur lepoint.fr, 8 janvier 2013. « Ce que signifie la résolution de l'ONU sur le Sri Lanka pour la Suisse », sur SWI swissinfo.ch (consulté le 8 janvier 2022) (en) « Sri Lanka: Mullivaikkal memorial dedicated to Tamil people killed in civil war razed », sur The News Minute, 9 janvier 2021 (consulté le 7 février 2021) Kadiatou Sakho, « #GenocideSriLanka, un hashtag pour dénoncer les violences contre les Tamouls », sur Libération (consulté le 9 janvier 2022) Pauline Lecouvé, « L'agriculture biologique est-elle responsable de la crise au Sri Lanka ? », France Télévisions, 13 juillet 2022, lire en ligne « Sri Lanka : le Premier ministre démissionne après de violents affrontements entre partisans et opposants au gouvernement », sur Franceinfo, 9 mai 2022 (consulté le 10 mai 2022) « Sri Lanka : le président Gotabaya Rajapaksa annonce sa démission », Le Monde.fr,‎ 9 juillet 2022 (lire en ligne, consulté le 11 juillet 2022) « Sri Lanka : «Nos divisions sont terminées», déclare le nouveau président Wickremesinghe », sur lefigaro.fr, 20 juillet 2022 (consulté le 4 février 2024)
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