Reykjavik

Reykjavík

( Reykjavik )

Reykjavik (en islandais : Reykjavík /ˈreiːcaˌviːk/ , littéralement « Baie-des-Fumées ») e...Lire la suite

Reykjavik (en islandais : Reykjavík /ˈreiːcaˌviːk/ , littéralement « Baie-des-Fumées ») est la capitale de l'Islande. Elle se situe à environ 250 km au sud du cercle polaire arctique, ce qui en fait la capitale la plus septentrionale d'un État souverain (la capitale du Groenland, Nuuk, étant située quelques kilomètres plus au nord). Elle s'étale entre deux fjords, dans une zone comptant de nombreuses sources chaudes, le long d'une baie (vík en islandais). Elle est ainsi considérée comme la ville la « plus verte du monde » : on y compte environ 410 m2 d'espaces verts par habitant.

C'est la ville la plus peuplée du pays, avec environ 130 000 habitants. Avec l'agglomération, elle regroupe pratiquement les deux tiers de la population de l'île, soit environ 220 000 habitants.

Son emplacement se situe à l'endroit même où s'installent en 874 les premiers colons conduits par Ingólfur Arnarson. Pourtant, le site n'est peuplé que de quelques centaines d'habitants en 1786 lorsqu'il est promu au rang de municipalité, avant de devenir le siège des institutions religieuses et politiques de l'île, à la faveur de la construction de l'État islandais.

C'est à Reykjavik que sont concentrées les activités politiques, industrielles, commerciales, et culturelles du pays.

Colonisation (874)

On pense, toujours d'après le Landnámabók, que les premiers colons norvégiens sont arrivés dans la zone de Reykjavik emmenés par Ingólfr Arnarson en 874[1].

Début de l'industrialisation (1752)

Le XVIIIe siècle a marqué le commencement de l'expansion urbaine de Reykjavik. Avant cette date, la ville n'est mentionnée dans aucune source médiévale sauf comme terre régulière de ferme.
Vers la fin de la période d'absolutisme, après des siècles d'exploitation par les Danois, des nouvelles règles danoises appliquées à l'Islande ont favorisé l'émergence d'une industrie domestique qui permit un progrès nécessaire à l'île[1].
En 1752, le roi du Danemark a donné le domaine de Reykjavik aux corporations d'entrepreneurs ou Innréttingar ; le nom vient du danois indretninger signifiant « entreprises ». Dans les années 1750 plusieurs maisons ont été construites pour loger l'industrie de laine[1] qui devait être l'employeur le plus important de Reykjavik pour quelques décennies et la raison originale de son existence. D'autres métiers étaient également pratiqués par l'Innréttingar tels que la pêche, l'exploitation de soufre, l'agriculture et la construction navale.

Fondation (1786)

En 1786, la Couronne danoise supprime son monopole commerçant et accorde aux six communautés du pays, dont Reykjavik, une charte marchande exclusive. La communauté de Reykjavik était la seule à respecter la charte de façon permanente. 1786 est ainsi considérée comme l'année de la fondation de la ville, qui a célébré son deux-centième anniversaire en 1986[1]. En 1796, la ville remplace Skálholt comme siège d'un des deux évêchés de l'île, puis en 1801 devient le seul de l'île au détriment de celui de Hólar[1]. Le droit de commercer est cependant encore réservé aux sujets de la Couronne danoise et les commerçants danois continuent à dominer les échanges de l'Islande pendant les décennies suivantes. Après l'instauration de la liberté du commerce en 1855[1], l'influence des négociants islandais dans la vie des affaires augmente vite.

 
Reykjavik en 1836.
Capitale de l'Islande (1845)

Le mouvement nationaliste avec l'idée d'une Islande indépendante prit de l'ampleur durant le XIXe siècle. Comme Reykjavik était la seule ville de l'Islande, c'est là-bas que les personnes ayant ces idées se réunirent. Les partis du mouvement indépendantiste savaient que Reykjavik devrait être forte pour atteindre cet objectif. Les années les plus importantes de la lutte indépendantiste sont aussi importantes pour la ville. En 1845, grâce à l'action de Jón Sigurðsson, la ville devient le siège de l'Althing, l'assemblée générale que les Islandais avaient créée en 930 et qui fut rétablie après avoir été suspendue quelques années plus tôt[1]. L'Althing accomplissait alors les fonctions d'une assemblée consultative, qui suggérait au Roi les actions à prendre en ce qui concerne différents problèmes du pays. La mise en place de l'Althing à Reykjavik eut pour conséquence que la ville s'est transformée effectivement en capitale de l'Islande. En 1874, l'Islande a rédigé sa première constitution[1] et avec elle, l'Alþingi obtint les pouvoirs législatifs limités puis se convertit en l'institution que nous connaissons. Lorsqu'il a été décidé de mettre en place un pouvoir exécutif à l'Islande, et la ville a obtenu l'installation de la Maison du gouvernement en 1904 et du bureau du Premier ministre[1]. Le 1er décembre 1918, le pays est passé du statut de colonie danoise à celui d'État souverain connu sous le nom de Royaume d'Islande en union personnelle avec la Couronne du Danemark, personnalisé durant cette période par le roi Christian X[1].

Entre 1918 et la fin de la Seconde Guerre mondiale
 
Bunker sur la plage de Reykjavik, vestige de l'occupation alliée durant la Seconde Guerre mondiale.
 
La place Lækjartorg.

Dans les années 1920 à 1930, l'industrie de pêche s'est formée à Reykjavik, avec comme principal produit la morue. Toutefois, vers la fin 1930, la Grande Dépression a frappé la ville avec l'explosion du chômage et des conflits sociaux allant jusqu'à l'émeute lorsque la municipalité, à court de fonds, annonce une réduction des salaires des emplois mis en place pour compenser la fermeture d'entreprises[1].

Dans la matinée du 10 mai 1940, quatre navires de guerre britanniques arrivèrent à Reykjavik et s'ancrèrent dans le port. En quelques heures, l'occupation alliée a été mise en place sans violence. Le gouvernement islandais avait reçu du gouvernement britannique une lettre pour prévenir de l'occupation, mais celle-ci avait été toujours déclinée par les Islandais parce qu'ils étaient politiquement neutres[1]. Durant les dernières années de la Seconde Guerre mondiale, les soldats britanniques et américains ont construit des bases à Reykjavik. Le nombre de soldats étrangers à Reykjavik était, à un moment, équivalent à la population actuelle de la ville[réf. souhaitée].

Les effets économiques de l'occupation furent très positifs pour la ville quand se sont atténués les effets de la Grande Dépression. Une reprise économique importante eut alors lieu. Les Britanniques ont construit l'aéroport de Reykjavik, et les États-Unis ont construit l'aéroport international de Keflavík, à environ cinquante kilomètres de la capitale.

Le 17 juin 1944, l'Islande est proclamée république indépendante, rompant ainsi les derniers liens institutionnels que le pays conservait avec le Danemark. Un président élu par un vote populaire remplaça le roi Christian X dans ses fonctions représentatives, tandis que le premier ministre exerçait les fonctions exécutives.

De l'après-guerre aux temps modernes
 
La ville vue du clocher du Hallgrímskirkja.

Dans les années de l'après-guerre, la croissance de Reykjavik s'accéléra. L'exode rural a accru la population citadine, la mécanisation de l'agriculture réduisant les besoins de main d'œuvre dans ce secteur et améliorant les conditions de vie des Islandais. Les migrants qui allaient à Reykjavik étaient principalement des jeunes qui voulaient atteindre le « Rêve de Reykjavik » et avec le temps, la capitale s'est transformée en véritable ville des enfants. La planification urbaine s'est modifiée de façon très importante avec la construction de zones résidentielles dans les faubourgs de la ville.

Métropole moderne (1970 à aujourd'hui)

Dans les années 1970 et 1980, Reykjavik a été convertie en un centre de la communauté mondiale. Après le championnat du monde d'échecs 1972 particulièrement médiatisé[2], un sommet entre Richard Nixon et Georges Pompidou est organisé en 1973[3]. Au sommet de 1986, le statut international de Reykjavik a été souligné par Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev[4]. La déréglementation dans le secteur financier et la révolution informatique des années 1990 ont transformé Reykjavik une nouvelle fois. La technologie financière et le secteur de l'information sont maintenant des employeurs significatifs de la ville. La ville a stimulé quelques talents célèbres dans le monde entier comme Björk, Sigur Rós ou Amiina.

Une politique de réaménagement du front de mer est menée depuis les années 2000, et la salle de concert et centre des congrès Harpa en est le premier exemple. Après des années de ralentissement des investissements à la suite de la crise financière de 2008, le centre-ville prend un nouveau visage urbanistique et architectural avec la construction d'immeubles modernes et la réhabilitation de nombreux îlots d'habitations entre le front de mer, principalement à Miðborg et Vesturbær.

↑ a b c d e f g h i j k et l Aesa Sigurjonsdottir et Michel Sallé, Histoire de L'Islande, Tallandier, 2018. « 1972 : la Guerre froide se joue aussi sur l'échiquier », sur leparisien.fr, 4 avril 2018 (consulté le 2 avril 2022). « Sommet de Reykjavik (1973) », sur georges-pompidou.fr (consulté le 2 avril 2022). « Reykjavik 1986, un sommet où Reagan et Gorbatchev ont failli faire l’Histoire », sur rfi.fr, 25 décembre 2016 (consulté le 2 avril 2022).
Photographies by:
Bjørn Giesenbauer - CC BY-SA 2.0
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