Parc national des Glaciers

Glacier National Park (Canada)

( Parc national des Glaciers )

Le parc national des Glaciers (anglais : Glacier National Park) est un parc national de Colombie-Britannique (Canada), situé à 450 kilomètres au nord-est de Vancouver, au cœur de la chaîne Columbia.

Ce parc de 1 349 km2 a été constitué le , à la suite de la construction du premier chemin de fer transcontinental au Canada, le Canadien Pacifique. On y aménagea des sentiers et un hôtel pour y attirer les touristes venus admirer la chaîne Selkirk ainsi que le glacier Illecillewaet. Il est considéré comme le berceau de l'alpinisme et de la glaciologie en Amérique du Nord. Cependant, la construction du tunnel Connaught en 1916 provoqua le déclin du tourisme et la fermeture de la plupart de ses infrastructures. La construction dans le parc de la route Transcanadienne, inaugurée en 196...Lire la suite

Le parc national des Glaciers (anglais : Glacier National Park) est un parc national de Colombie-Britannique (Canada), situé à 450 kilomètres au nord-est de Vancouver, au cœur de la chaîne Columbia.

Ce parc de 1 349 km2 a été constitué le , à la suite de la construction du premier chemin de fer transcontinental au Canada, le Canadien Pacifique. On y aménagea des sentiers et un hôtel pour y attirer les touristes venus admirer la chaîne Selkirk ainsi que le glacier Illecillewaet. Il est considéré comme le berceau de l'alpinisme et de la glaciologie en Amérique du Nord. Cependant, la construction du tunnel Connaught en 1916 provoqua le déclin du tourisme et la fermeture de la plupart de ses infrastructures. La construction dans le parc de la route Transcanadienne, inaugurée en 1962, y réintroduisit le tourisme de masse. Administré par l'agence Parcs Canada, il est visité par plus de 640 000 personnes par an.

Préhistoire et découverte
 
Au col Rogers (1886) par John Arthur Fraser

La région du fleuve Columbia et de la chaîne Columbia a été fréquentée par trois peuples amérindiens : les Shuswaps, les Kootenays et les Okanagans[1]. Ceux-ci y pratiquaient principalement la chasse, la pêche et la cueillette[1]. Il n'y a aucune preuve que la chaîne Selkirk ait été habitée, mais il est possible que la construction de la route et du chemin de fer ait détruit quelques sites archéologiques potentiels[2].

En 1871, dans le but d'annexer la Colombie-Britannique au reste du Canada, le Premier ministre canadien John A. Macdonald promit aux autorités de cette colonie de construire un chemin de fer qui les relierait au reste du pays en moins de dix ans[3]. Durant la décennie qui suivit, de nombreux arpenteurs-géomètres parcoururent les prairies et la cordillère dans le but de trouver le meilleur tracé[3]. Ils conclurent, après avoir arpenté 74 000 kilomètres, que la voie devrait passer par le col Tête-Jaune[3]. Une entreprise privée, le Canadien Pacifique, fut déclarée maître d'œuvre du projet[3].

En 1881, la compagnie fit volte-face et décida de faire passer le chemin de fer par un itinéraire beaucoup plus au sud à travers le col du Cheval-qui-Rue[4]. William Van Horne, le directeur de la compagnie, souhaitait établir une voie plus courte et plus directe vers l'ouest[4]. On ne connaissait cependant aucun passage à travers la chaîne Selkirk, réputée impénétrable[4]. Il chargea donc un arpenteur américain, Albert Bowman Rogers, de trouver un col à travers la chaîne[4]. Celui-ci l'explora, avec un guide Shuswaps et son neveu, de la rivière Illecillewaet jusqu'au mont Sir Donald, où il crut apercevoir un col au nord[5]. Il dut cependant rebrousser chemin par manque de vivres[5]. En 1882, il remonta le cours de la rivière Beaver par deux fois pour découvrir finalement le col Rogers le 24 juillet 1882[5].

Époque du chemin de fer
 
Glacier House en 1909

La construction de la ligne de chemin de fer à travers le col débuta en 1884 pour se terminer à Craigellachie en octobre 1885. Le premier train de passagers quitta Montréal le 26 juin 1886 pour atteindre Vancouver le 4 juillet[6]. La ligne dut fermer plusieurs mois durant l'hiver suivant en raison des risques d'avalanches causés par une accumulation trop importante de neige. Le Canadien Pacifique remédia à ce problème en construisant 31 tunnels paravalanches mesurant au total 6,5 kilomètres[7].

Conscient du potentiel touristique des paysages, le président du Canadien Pacifique William Van Horne réussit à convaincre le gouvernement fédéral de créer des parcs nationaux le long de la ligne de chemin de fer, ce qui fut fait avec le parc national de Banff en 1885 et les parcs nationaux de Yoho et des Glaciers le 10 octobre 1886[8],[9]. Celui-ci était constitué de deux petites réserves fédérales, l'une centrée sur le col Rogers et l'autre sur le glacier Illecillewaet. Ces réserves ont été fusionnées et agrandies dans les années suivantes pour atteindre la taille actuelle du parc[10]. Contrairement à Banff, qui était sous gestion gouvernementale, Yoho et Glaciers étaient gérés par le Canadien Pacifique[8].

Pour attirer le tourisme dans le parc, le Canadien Pacifique fit construire à la fin de 1886 le Glacier House, un hôtel de luxe de 90 chambres[7]. Ce dernier fut si populaire que la compagnie dut installer des wagons-lits pour pallier le manque d'espace. L'hôtel fut agrandi par deux fois en 1892 et en 1904[8]. En plus de celui-ci, la compagnie construisit des sentiers, des chalets pour les alpinistes, des salons de thé, une allée de quilles, une tour d'observation, une écurie et aussi la seconde centrale hydroélectrique de la province[8],[11].

 
Crevasse dans le glacier Illecillewaet (1902)

En 1888, deux membres d'un club d'alpinisme britannique arrivèrent à Glacier House et grimpèrent jusqu'au sommet du mont Bonney. L'un d'eux, William Spotswood Green publia deux ans plus tard le récit de ses aventures, Among the Selkirk Glaciers, qui fit de la publicité inattendue au parc et attira des alpinistes du monde entier. Les historiens considèrent généralement cet évènement comme le début de l'alpinisme en Amérique du Nord[12]. Pour faire face à cette affluence de touristes d'un nouveau genre, le Canadien Pacifique engagea des guides venus de Suisse pour permettre aux visiteurs de pratiquer leur activité sans danger. Ces guides eurent aussi une influence hors du parc en introduisant le ski alpin dans l'Ouest canadien[13].

En 1901 et 1902, la commission géologique du Canada, sous la direction de Arthur O. Wheeler, fit un relevé complet de la région. Elle rendit ses cartes publiques en 1905. En 1904, Charles Deutschmann, qui était trappeur et chercheur d'or, découvrit les cavernes Namiku dont le nom en langue shuswap signifie « les esprits qui grognent ». Le gouvernement le chargea de les aménager pour permettre aux visiteurs d'y accéder de façon sécurisée. Elles devinrent une attraction populaire jusque dans les années 1930, où elles durent fermer à cause de la crise économique[14].

En 1916, le tunnel Connaught fut inauguré pour remédier aux avalanches fréquentes dans le col Rogers et aux 200 morts que celles-ci avaient provoqué en une trentaine d'années. Ce contournement eut pour effet d'éloigner le chemin de fer de Glacier House. De plus, le recul du glacier Illecillewaet avait retiré à l'hôtel l'une de ses principales attractions. Il ferma en 1925 à la suite de la baisse de la clientèle et fut finalement démoli en 1929[15]. En 1930, l'adoption de la loi sur les parcs nationaux interdit l'exploitation des ressources naturelles dans le parc[11].

Époque moderne
 
Refuge Arthur O. Wheeler en hiver

Durant les quarante années suivantes, le parc ne fut visité que par environ 1 000 alpinistes par an. Ceux-ci furent d'abord hébergés dans le magasin général près de la gare de Glacier, puis à partir de 1946 dans le refuge Arthur O. Wheeler au col Rogers[15]. Les principaux changements du parc à cette époque furent l'aménagement des sentiers[2].

C'est à partir de 1950 que fut lancé le programme pour la construction de la route Transcanadienne. Ce programme visait la création d'une route traversant le pays d'est en ouest[16]. La section de cette route traversant le parc fut construite entre 1956 et 1962. On aménagea pour les nouveaux touristes des terrains de campings, des aires de pique-nique, des belvédères le long de la route ainsi qu'une aire de service au col Rogers[7]. La route Transcanadienne fut inaugurée au col Rogers le 30 juillet 1962 par le Premier ministre canadien John Diefenbaker[15],[17].

En 1971, le col Rogers fut reconnu comme lieu historique national en raison de son rôle dans la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique[18]. Un musée racontant l'histoire de celui-ci fut construit en 1984[19]. Une nouvelle ligne de 34 kilomètres pour les trains arrivant de l'est fut construite durant les années 1980. Cette dernière fut inaugurée en 1988 ; elle comprend le tunnel du mont Macdonald qui, avec ses 14,7 kilomètres, est le plus long tunnel des Amériques[20]. Le gouvernement fédéral a reconnu la gare de Glacier comme gare ferroviaire patrimoniale en 1992[21]. Le refuge du Glacier Circle et le refuge Arthur O. Wheeler ont été reconnus comme édifice fédéral du patrimoine respectivement en 2000 et 2006[22],[23].

↑ a et b Parcs Canada 2010, p. 8 ↑ a et b Col Rogers ↑ a b c et d Parcs Canada, « Une promesse faite à la Colombie-Britannique », sur Parcs Canada (consulté le 17 novembre 2010) ↑ a b c et d Parcs Canada, « L'impénétrable chaîne Selkirk », sur Parcs Canada (consulté le 17 novembre 2010) ↑ a b et c Pierre Berton, « Rogers, Albert Bowman », sur Dictionnaire biographique du Canada en ligne, 2000 (consulté le 5 décembre 2010) « Des merveilles d'ingénierie », sur Parcs Canada (consulté le 23 avril 2011) ↑ a b et c « La lutte contre la neige », sur Parcs Canada (consulté le 23 avril 2011) ↑ a b c et d « Parc national des Glaciers et Glacier House », sur Parcs Canada (consulté le 23 avril 2011) « Événements speciaux », sur Parcs Canada (consulté le 23 avril 2011) Parcs Canada 2010, p. 4 ↑ a et b (en) Michael Morris, « Conservation role of national parks has evolved », sur Columbia Mountains Institute of Applied Ecology, 2002 (consulté le 24 avril 2011) Woods 1987, p. 70–71 « Les guides suisse », sur Parcs Canada (consulté le 25 avril 2011) Woods 1987, p. 71–72 ↑ a b et c « La fin de la ligne », sur Parcs Canada (consulté le 25 avril 2011) Gouvernement du Canada, « Document d'information la route Transcanadienne », sur Transport Canada (consulté le 21 novembre 2010) « Route Transcanadienne », sur Bibliothèque et Archives Canada (consulté le 21 novembre 2010) « Lieu historique national du Canada du Col-Rogers », sur Lieux patrimoniaux du Canada (consulté le 26 avril 2011) « Création du lieu historique national du Canada », sur Parcs Canada (consulté le 26 avril 2011) « Le tunnel du mont Macdonald (2003) », sur Temple de la renommée des chemins de fer canadiens (consulté le 26 avril 2011) « Gare du Canadien Pacifique », sur Lieux patrimoniaux du Canada (consulté le 26 avril 2011) « Refuge alpin du Glacier Circle », sur Lieux patrimoniaux du Canada (consulté le 26 avril 2011) « Refuge Arthur O. Wheeler », sur Lieux patrimoniaux du Canada (consulté le 26 avril 2011)
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