Laure de la Trinité-Saint-Serge

Троице-Сергиева лавра

( Laure de la Trinité-Saint-Serge )

La laure de la Trinité-Saint-Serge (en russe : Троице-Сергиева лавра) est un important monastère orthodoxe russe situé dans la ville de Serguiev Possad (anciennement Zagorsk de 1930 à 1991), à environ 75 km au nord-est de Moscou.

Le monastère est fondé par Serge de Radonège, saint patron de la Russie, au milieu du XIVe siècle. C'est là qu'il bénit, en 1380, le prince Dmitri Donskoï à la veille de la bataille de Koulikovo, qui fut la première victoire majeure sur les Tatars après 150 ans de domination. Les plus grands peintres iconographes de la Russie médiévale, Andreï Roublev et Daniil Tcherny, sont invités à décorer la cathédrale. Le monastère devient une redoutable forteresse qui résista seize mois aux armées polonaises et lituaniennes au début du XVIe siècle. Il joue aussi un grand rôle culturel, notamment en raison de l'école de copie et de miniatures fondée au XVe siècle. Mais en 1930, le monastère perd deux de ses plus grands trésors : l'icône de la Trinité d'Andreï Roublev, transférée à la galerie Tretiakov à Moscou ainsi que les cloches du beffroi de la Trinité qui sont détruites.

Le monastère est aujourd'hui devenu un musée d'art, d'histoire et d'architecture qui conserve une vaste collection de peintures et d'objets liturgiques d'or et d'argent.

Importance dans la vie spirituelle de la Russie
 
Cathédrale de la Trinité (Serguiev Possad)

Dès la seconde moitié du XIVe siècle, la laure occupe une place à part dans la vie spirituelle du pays. Serge de Radonège, son fondateur, mène par son action et par son ascèse d'incessants efforts pour construire le monastère, mais aussi pour élever spirituellement la société russe tout entière. Un vaste cercle de personnes de toutes les classes sociales est attiré par ses idées. Ce sont aussi bien des humbles que des boyards et des princes. Ces derniers lui apportent des dons notables qui permettent d'étendre le monastère.

Au cours des siècles suivants, la suprématie du monastère se renforça. C'est sans doute l'importance spirituelle et culturelle de ce lieu saint, enracinée dans la conscience populaire, qui empêche le pouvoir soviétique de le détruire au cours du XXe siècle. Bien que des centaines d'autres monastères soient détruits ou laissés à l'abandon dans le pays, les autorités n'osent pas lever la main sur celui-ci. Il est toutefois fermé à partir de 1919, mais dès 1946, il revient à la vie. Le pouvoir soviétique est obligé de reconnaître l'importance nationale de ce monastère, et en 1920, un musée est ouvert, qui contribue grandement à la préservation de ce patrimoine.

Dans le monachisme russe, il joue un rôle proche de celui de la laure des Grottes de Kiev. Les deux monastères sont nés de l'expérience ascétique des saints fondateurs Antoniy Petchersky et Serge de Radonège[1].

Les bâtiments du monastère
 
Vue de la laure dans les années 1890
 
Vue actuelle de la laure

Le monastère, un des plus anciens de la foi orthodoxe en Russie, est un haut lieu de pèlerinage orthodoxe, et en particulier la Sainte-Trinité (Troïtski Sobor) qui abrite la tombe de Serge de Radonège. Parmi les autres bâtiments du complexe se dresse la cathédrale de l'Assomption (Ouspenski Sobor), principale église du monastère, avec ses cinq dômes, un doré et les quatre autres d'un bleu intense parsemé d'étoiles dorées. C'est Ivan le Terrible qui en ordonna la construction en 1559. Au fond, du côté nord-ouest, se situe la tombe du tsar Boris Godounov. Enfin, le long du mur sud de la forteresse, se trouve l'église-réfectoire de Saint-Serge (Trapeznaïa Tserkov Sankt-Sergueï) qui fut bâtie au XVIIe siècle et à côté de laquelle résidait le patriarche de l'église orthodoxe dans les quartiers du métropolite qui la jouxtent. Dominant l'ensemble du complexe, le clocher à cinq étages édifié par Dmitri Oukhtomski et Ivan Mitchourine au milieu du XVIIIe siècle contient encore 25 cloches sur les 42 qu'il abritait à l'origine.

Alexeï I. Komech (trad. de l'italien par Denis-Armand Canal), Monastères russes, Paris, Citadelles et Mazenod, 2001, 239 p. (ISBN 2-85088-175-9), p. 65
Photographies by:
Sergey Ashmarin - CC BY-SA 3.0
Statistics: Position (field_position)
1147
Statistics: Rank (field_order)
1207

Ajouter un commentaire

Cette question sert à vérifier si vous êtes un visiteur humain ou non afin d'éviter les soumissions de pourriel (spam) automatisées.

Sécurité
285473961Cliquez/appuyez sur cette séquence : 1612

Google street view